HISTORIQUE
Les tumeurs des os constituent un chapitre de la pathologie dont on peut dire que, jusqu'à nos jours, il a été en perpétuel remaniement. Les auteurs qui ont tenté d'en établir une classification sont très nombreux et il ne saurait être question de les citer tous dans ce rappel historique où nous avons essayé seulement de dégager les étapes essentielles de l'évolution des idées sur les néoplasmes osseux.
Les premiers travaux, tels ceux de J.-L. PETIT et pu VERNEY, apparaissent certes confus, mais comment nier le mérite de ces cliniciens qui ne disposaient pas de l'aide, combien indispensable de la microscopie. Déjà, pourtant, on trouve des descriptions des ostéosarcomes et des tumeurs métastatiques qui sont remarquables si l'on songe à l'observation minutieuse et au sens clinique dont elles sont le fruit, à cette époque où les examens dits « complémentaires », étaient inconnus.
De ces travaux anciens, on garde surtout l'impression d'une multiplicité des nomenclatures due à une grande confusion terminologique qui n était d'ailleurs pas près de s'apaiser.
NÉLATON en 1869 eut le mérite d'établir la première classification anatomo-pathologique : il distinguait, et cela uniquement d'après l'étude macroscopique de pièces opératoires ou d'autopsies, les grandes variétés de tumeurs osseuses : l'ostéosarcome,
le fibro-sarcome et le chondro-sarcome. Cependant, il fallut
Fadlo te
attendre le développement de l'anatomie-pathologique microscopique pour que des auteurs, comme VIRCHOW et RANVIER, puissent distinguer des sarcomes, les processus infectieux localises à l'os. En 1899, le Congrès de Chirurgie inscrivait cette question à son ordre du jour et POLLOSSON et BÉRARD concluaient leur rapport par ces mots: « On ne peut classer les tumeurs osseuses d'après des données pathogéniques. La seule base dont nous disposions pour elles est leur structure histologique dont les variétés correspondent assez exactement aux différences de leur évolution clinique ».
Si actuellement nous ne sommes guère plus avancés quant à une éventuelle classification pathogénique, du moins les critères histologiques ont-ils été considérablement précisés. Des travaux nombreux d'anatomie pathologique ont permis d'isoler des types bien distincts de néonlasmes osseux. La tumeur de PARKER et JACKSON, qui fait l'objet de notre étude, est précisément une de ces variétés qui n'ont été que récemment isolées, grâce au progrès des techniques d'étude et à l'évolution des idées qui lui a été parallèle, L'étude historique de cette tumeur nous amène à suivre pas à pas cette évolution.
En 1921, James EWING décrivait sous le nom « d’endothéliome diffus des os ou angio-réticulome », la tumeur maligne des os à laquelle on associe depuis son nom. {1 la décrivait comme une tumeur nettement distincte de l'ostéosarcome et il donnait ses principales caractéristiques : localisation médullaire, activité ostéolytique, absence quasi totale de pouvoir ostéogénique, tendance à métastasier et enfin évolution dans la règle fatale, et qui plus est, rapidement fatale. EWING indiquait toutefois sa relative radio-sensibilité. [1 insistait particulièrement du point de vue histologique, sur sa structure éminemment cellulaire et vasculaire. [In peu plus tard. SABRAZÈS allait en donner une description magistrale tant histologique que clinique et radiologique dans son traité des tumeurs des os.
Au cours des années suivantes, le concept de Sarcome d'EwiNG
s'est rapidement élargi au point qu'on en vint à poser ce diagnos-