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Nous sommes heureux que l'usage nous permette d’adresser ici, avant d'entrer dans notre sujet, nos remerciements à nos maîtres dans les hôpitaux pour les précieux enseignements qu'ils nous ont prodigués.
D'abord nous remercions particulièrement M. le professeur Proust de l'intérêt qu'il nous a porté pendant l’année d’externat que nous avons passée dans son service. Nous lui exprimons toute notre reconnaissance pour avoir bien voulu nous en donner un nouveau témoignage en nous faisant l'honneur d’accepter la présidence de cette thèse.
Nous ne saurions exprimer trop de reconnaissance à M. le D' E. Besnier pour les précieux enseignements qu'il nous a prodigués pendant notre année d’externat à St-Louis et pour les conseils qu’il nous a donnés dans notre travail.
Nous prions M. le D' Léon Labbé de recevoir le témoignage de notre profonde gratitude pour l’enseignementdont il a bien voulu nous faire profiter et pour toutes les preuves de sympathie qu’il nous a données.
Que M. le D' Thibierge, auquel nous avons eu souvent recours pour avoir des conseils, reçoive l'expression de notre gratitude et de notre sympathie.
Nous offrons aussi nos bien sincères remerciements à M. le professeur Tarnier, età MM. les D" Juhel-Rénoy, Maygrier, Gombault, Gilbert et Michaux.
Que notre collègue et ami, M. Gruberg, externe des hôpitaux, reçoive l'expression de notre gratitude pour les différentes traductions allemandes qu’il a bien voulu faire.
Définition.
Hébra et son élève Kaposi ont donné le nom de rhinosclérome à des lésions caractérisées par un épaississement, sous forme de plaques ou de tumeurs, siégeant dans le tissu des ailes du nez, des fosses nasales, de la lèvre supérieure, occupant également le pharynx et le larynx.
D’autres régions, voisines de ces dernières, telles que la lèvre inférieure, le maxillaire supérieur, la langue surtout à sa base, le sac lacrymal, l'oreille et la trachée, peuvent être atteintes aussi par ce même processus, mais plus rarement et encore ne sont-elles envahies que secondairement. |
Le nom de rhinosclérome est une dénomination mauvaise, le sclérome n'étant pas exclusif à la région du nez. Après les publications de Catti, Ganghofer, Pellizzari, Chiari et Riehl, Cornil et Alvarez, sur le rhinosclérome, Kæbner proposa le nom de rhino-pharyngo-selérome ; cette dénomination ne rappelle pas les lésions laryngées. Plus tard, Wolkowitsch, sur le conseil du professeur Bornhaupt, créa le nom de « scleroma respiratorium ». Cette appellation, au sens strict, ne correspond pas encore exactement au mode d'expansion de la maladie.
Jusqu'à présent, si la première dénomination, si le mot « rhinosclérome » n’était pas admis par tout le monde, le : nom de gléosclérome (glée, bacillaire — oxnpos, dur), proposé par M. E. Besnier, serait de beaucoup préférable. Ce
Le re mot, en effet, rappelle la nature bacillaire de la tumeur et son caractère dominant, c’est-à-dire sa dureté ligneuse.
Nous conservons, dans notre travail, la première dénomination, parce que nous n'avons aucune autorité pour la changer et nous respectons le nom de rhinosclérome qui est compris par les auteurs des différents pays.
Historique.
En 1870, Hébra le premier décrivit, sous le nom de rhinosclérome, une maladie cutanée qui, par sa localisation et son évolution particulières, se présentait comme une véritable entité morbide. Hébra eut le mérite de séparer cette affection d'un groupe de maladies mal définies, qui jusqu'alors étaient rapportées soit à la syphilis, soit à la tuberculose.
Cependant, avant lui, Weber avait décrit, sous le nom de « périsarcome » des fosses nasales, des lésions qui, d’après leurs caractères et leur siège, pourraient bien n'être que des lésions rhinoscléromateuses.
En 1860, Weinlechner avait vu, dans le service de Schuh, deux cas de syphilis qui avaient résisté au traitement spécifique. Mais 10 ans plus tard, après la publication de Hébra, le diagnostic fut modifié. Le premier malade fut représenté dans l’atlas de Hébraet reconnu pour être atteint de rhinosclérome ; quant au second, il fut revu à la clinique de Billroth et c’est d’après lui que Mickuliez fit son premier travail sur le rhinosclérome.
Pitha et Hofmokt, dans la société des médecins de Vienne, disent avoir déjà rencontré des rhinoscléromes, mais qu'ils les avaient attribués à la syphilis.
Enfin Hébra lui-même rapporte qu’en 1852 il avait eu l’occasion de voir une vieille dame étrangère qui montrait à tous les « coryphées de la science » de tous les pays un
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rhinosclérome méconnu. Ce rhinosclérome, qu’elle garda jusqu’à sa mort, avait été considéré comme un cancer.
Dans la description d'Hébra, remaniée plus tard par Kaposi, les lésions du gosier et du larynx n'avaient été Indiquées que d’une manière fort incomplète. Après ces deux auteurs, Catti, Ganghofer, Pellizzari, Chiari et Riehl, Cornil et Alvarez firent des travaux plus complets et montrèrent que le pharynx et le larynx pouvaient être atteints plus souvent qu'on ne le pensait et même sans lésions nasales apparentes.
Ganghofer remarqua même que le rhinosclérome occupait quelquefois la face inférieure des cordes vocales et descendait vers la trachée. Il affirmait, dans son travail, l'identité du rhinosclérome au processus connu sous le nom de « Chordilis hypertrophica chronica ».1l s’appuyait sur l'observation de Catti qui avait vu le rhinosclérome débuter sous forme de l'affection appelée « hypertrophie chronique de la corde vocale » et s'accompagner plus tard de lésions nasales nettement rhinoscléromateuses.
Kaposi, dans ses recherches sur l’histologie du rhinosclérome, avait conclu à un sarcome à petites cellules ou granulome de Virchow et de Billroth.
Plus tard Geber, Mickuliez, Billroth, Pellizzari, Massei et Melle, Cornil et Alvarez, pensèrent qu'il s'agissait d’une inflammation, débutant par une infiltration de cellules embryonnaires et aboutissant à la sclérose. Pour ces auteurs, celte infillration siégeait primitivement autour des vaisseaux, puis se répandait dans les couches plus profondes et plus superficielles, vers les muscles et les cartilages d’une part, vers les épithéliums d’autre part. Chiari découvrit,
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dans le cas de rhinosclérome du larynx et de la trachée, outre l’infiltration des tissus, la transformation de l’épithélium cylindrique en épithélium aplati et vit au milieu de la muqueuse malade des îlots néoformés d’os et de cartilage qu'il prit pour des ecchondroses d’origine trachéale, tandis que Billroth les crut hétérogènes.
Mickulicz décrivit de grosses cellules gonflées à protoplasma mal délimité, à noyau tantôt disparu, tantôt presqu'imperceptible. Il les considéra comme des productions d'ordre régressif. Frisch en attribua l’origine aux bactéries qu'il signala dans le tissu de rhinosclérome et surtout dans les cellules de cette néoplasie. Ces cellules, Dittrich les regarda comme spécifiques de cette lésion.
En 1884, M. le professeur Cornil vit les corps hyalins, que d’abord il avait pris pour des masses graisseuses ; pour Dittrich leur présence dans les masses du rhinosclérome ne serait qu'accidentelle ; nous verrons plus tard qu’on les retrouve sans exception dans tous les cas de rhinosclérome.
C’est en 1882 que les bacilles du rhinosclérome furent découverts par Frisch. Presqu'en même temps Pellizzari les signalait, ainsi que Massei et Melle, Barduzzi.
En 1885, MM. Cornil et Alvarez trouvèrent la capsule qui entoure les bacilles de Frisch ; ce dernier auteur ne l'avait pas vue. C’est alors que M. le professeur Cornil rapprocha le bacille du rhinosclérome du bacille de Friedlander ; nous verrons plus lard qu'il y a beaucoup de ressemblance entre ces deux micro-organismes.
En 1886 seulement, on commenca les cultures du bacille de Frisch et les inoculations à différentes espèces d’ani-
maux. Ces expérimentations furent tentées d’abord par QUIGNARD 2