‹ Du Rhumatisme Nerveux Chronique Chez l'EnfantChapitre 20 sur 22 · CETTE · texte numérisé non relu

CETTE

rhumatisme gonococcique? Cette dernière hypothèse est plausible étant donné l'ophtalmie purulente dont fut atteint l'enfant à sa naissance,

En outre la mère est excessivement nerveuse, elle pleure et rit facilement, se met souvent en colère, elle n’a jamais eu de crises.

Famille de la mère. — Père bien portant, mère morte en couches à sa 9° grossesse, elle était rhumatisante ; un frère et une sœur bien portants.

Antécédents personnels. — Née à terme, pesant 7 livres. L’accouchement fut laborieux, le médecin fut sur le point d’appliquer le forceps.

Ophtalmie purulente dans les 2 jours qui suivirent. Cette affection fut assez grave, elle dura environ 3 ou { semaines, l'enfant fut soignée à Hôpital International ; r'e dent à 9 mois.

L'enfant fut nourri au sein par sa mère.

Durant les premiers mois sa santé était excellente, sauf une constipation opiniâtre qui résistait à tous les traitements. Vers l’âge de 5 à 6 mois, les parents remarquèrent que les mouvements des membres inférieurs étaient moins faciles. Auparavant l'enfant traversa une période pendant laquelle elle était grognon et pleurait très souvent ; les nuits surtout étaient très mauvaises, l’enfant criait dès qu'on voulait la toucher. Ses jambes devinrent peu à peu presque rigides, avec demi-flexion de la jambe sur la cuisse ; la flexion était seule possible, l'extension limitée.

En même temps, on remarquait que les articulations des genoux augmentaient de volume, et toute palpation et toute

tentative de mouvement semblaient réveiller une grande dou-

leur.

Re

À aucun moment il n'y eut de paralysie.

Tous ces changements survinrent sans phénomènes généraux d’après l'avis des parents : il semble qu'il n’y ait jamais eu de phase aiguë.

A cette époque on fit les mêmes constatations aux membres supérieurs, cependant les phénomènes étaient moins accentués. les mouvements de l’avant-bras sur le bras étaient limités, surtout ceux d'extension. Les articulations des coudes augmentèrent également de volume. Mêmes signes au niveau des articulations des doigts qui déjà à ce moment semblaient montrer un épaississement notable, «

Un an environ après le début de ces accidents, on consulta un chirurgien qui redressa les jambes et les mit dans un appareil plâtré pendant neuf semaines. Après quoi on appliqua des guêtres en feutre que l'on fit porter pendant quelques mois.

Ce traitement parut apporter quelque amélioration, l'enfant marchait un peu, mais jamais seule, il fallait qu'on la tint par la main.

Cependant les genoux avaient sensiblement le même aspect, ils étaient toujours gros, douloureux, et il y avait toujours un degré de contracture dans les muscles fléchisseurs de Ja jambe sur la cuisse, les mouvements d'extension étaient presque impossibles,

Aux membres supérieurs, l’état persistait le même, mais les mouvements de l’avant-bras sur le bras étaient beaucoup plus libres que ceux de la jambe.

En même temps apparut un torticolis assez marqué, l'enfant se remuait tout d'une pièce, tournant son corps quand elle voulait regarder de côté, la tête légèrement inclinée du côté

gauche ; les parents affirment que les muscles de la nuque

EN De

étaient durs, se présentant sous l'aspect de véritables tendons.

Ce torticolis dura jusqu'à l'âge de 3 ans. Un beau matin on constata qu'il avait complétement disparu, la tête était désormais libre (1900). |

En 1902 on s'occupa encore des membres inférieurs, un médecin ordonna un massage des deux genoux, les douleurs disparurent et les mouvements devinrent plus faciles. |

Même traitement pour les membres supérieurs, amélioration notable : l'enfant put en effet lever très facilement les bras en l'air et les mettre derrière le dos, ce qu’elle ne pouvait pas faire auparavant.

Examen en 1903. — L'enfant a le développement de son âge, d’ailleurs les parents disent qu'elle a beaucoup grandi depuis quelques mois.

Elle est pâle, elle a la tête baissée, attitude qui est due probablement à l'impression douloureuse que provoque la lumière sur ses yeux encore atteints de conjonctivite, cette attitude et la semi-occlusion de ses paupières lui donnent un air étrange qui semble dépourvu d'intelligence. Et cependant d’après les renseignements, elle aurait toujours présenté une intelligence normale, comprenant très bien ce qu'on lui disait, À 17 mois elle parlait très bien, aujourd’hui même il semble que son intelligence soit supérieure à la moyenne, puisqu'à 5 ans l'enfant sait lire et écrire.

La marche est tout à fait impossible.

Membres inférieurs. — Les deux genoux sont très gros, la rotule semble hypertrophiée, diflicilement mobile sur les surfaces articulaires, les deux condyles du fémur semblent hypertrophiés également, on ne trouve pas de choc rotulien.

La jambe est fléchie sur la cuisse. L'extension complète est

impossible, sauf pendant les séances de massage, dans les mouvements d'extension forcée les tendons du creux poplité se ten— dent comme de véritables cordes.

Atrophie marquée des muscles de la jambe et de la cuisse.

Pas de réflexe patellaire.

Aux pieds, aucune déformation, ni d'hyperostose,

Membres supérieurs. Coudes. — Les deux coudes sont con— sidérablement augmentés de volume, on note la présence d'une saillie osseuse anormale, située sur un plan inférieur à l'olécrâne, répondant à peu près au siége du condyle de l'humérus ; est-ce l'extrémité supérieure du radius, est-ce une hypertrophie limitée de l'extrémité de l'humérus? Elle est immobile dans les mouvements limités d'extension et de flexion, Quant à ces mouvements, la flexion est presque complète, l'extension est très limitée.

Aucun mouvement de supination et de pronetion.

Mains. — Elles sont déviées sur le bord cubital : l'apophyse styloïde du radius fait saillie sur le bord du radial, elle semble hypertrophiée, elle est au moins de deux ou trois centimètres au-dessous de l’apophyse styloïde du cubitus. De plus, ces extrémités osseuses semblent faire saillie à la face palmaire et cetle proéminence osseuse gène sans doute les mouvements de flexion de la main sur l'avant-bras qui sont très limités. A la face dorsale de la main, au niveau de la portion qui répond aux métacarpiens, on constate une sorte d'enfoncement, comme st les métacarpiens présentaient une concavité de ce côté ; les apophyses inférieures des métacarpiens semblent augmentées de volume, de même les articulations des phalanges sont globu-

leuses.

Les mouvements deflexion et d'extension des doigts sont

TA

possibles, la main en somme est très mobile sur l’avant-bras sauf dans les mouvements de flexion; la force musculaire est bien diminuée, l'enfant ne peut serrer un objetqu'on lui tend.

Atrophie des muscles de l'avant-bras, des muscles de la main, des éminences thénar et hypothénar, en particulier du court adducteur et des deux premiers interosseux qui sont flasques et mous à la palpation,

Face et têéle. — Aucune déformation du tronc, pas de signe de rachitisme. Au visage, le maxillaire supérieur se trouve un peu projeté en avant, et si l'enfant ouvre la bouche on voit très nettement que l’arcade dentaire se trouve sur plan très antérieur par rapport à l'inférieure. Rien à noter quantaux dents,

Organes des sens. — Les yeux sont souvent fermés ou très peu ouverts; l’ophtalmie purulente'de la naissance a laissé quelque trouble, la vue cependant est bonne, pas d’inégalité pupillaire.

Sensibilité: normale partout; poumons : rien; cœur: rien.

Appareil digestif: rien de particulier, l'enfant mange avec

appét, digestions normales.

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