AVANT-PROPOS
Désigné, au mois de mars 1882, pour aller remplir les fonctions de médecin de la marine au poste de Boké (Rio-Nunez), nous avons séjourné quatorze mois dans cette âpre contrée.
Les loisirs forcés de ce long séjour dans un poste militaire où l'élément blanc ne comprend que sept hommes, nous a permis de nous livrer à quelques recherches intéressant la climatologie et la pathologie de cette région, dont la réputation d’insalubrité exceptionnelle est reconnue de tous.
Nous avons cru bon d'en faire l’objet de cette Thèse, dans le but surtout d’être utile à nos collègues appelés, comme nous, à veiller à la santé des militaires envoyés dans ce pays. D'autre part, la grande analogie qui nous paraît exister entre le Rio-Nunez et les autres rivières de cette partie de la côte occidentale d’Afrique (Casamance, Rio-cassini, Rio- Pongo et Mellachorée) nous permet d'espérer que ces quel-
ques observations pourront également s’appliquer à la clima-
tologie de ces diverses régions. Aucun travail détaillé de ce
genre n’ayant été publié, à notre connaissance, sur ces contrées, nous avons cru opportun de nous livrer à cette étude.
Un autre motif nous y a poussé : c’est la certitude que nous avons de la grande importance réservée dans l’avenir au Rio- Nunez. On l’a dit depuis longtemps : le Rio-Nunez est la véritable clé du Fouta-Diälô. Or, ce beau royaume, un des plus salubres et des plus riches du Soudan occidental, a été placé sous le protectorat de la France par notre collègue M. le docteur Bayol, et cela sans verser une goutte de sang, au prix seulement de quelques présents, de beaucoup de fatigue et d’habileté. |
Quand cette fertile contrée, désormais soustraite aux convoitises non dissimulées de deux nations voisines, pourra être livrée à la grande plantation et à l’exploitation de ses richesses naturelles, le Rio-Nunez sera le débouché normal de ses divers produits.
Puisse alors ce modestie travail être de quelque secours pour les Européens appelés à séjourner au Rio-Nunez et
soucieux d’y conserver leur santé.