‹ Du Rôle de L'Administration En Matière de Prophylaxie des Maladies ÉpidémiquesChapitre 1 sur 54 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

A la faveur de découvertes récentes, une évolution s’est produite dans les mesures préventives à appliquer pour se défendre contre les maladies transmissibles ; le champ d’action de la politique sanitaire a été orienté dans un sens nettement prophylactique.

Il est apparu que les maladies qui occasionnent le plus de ravages : choléra, fièvre jaune, peste, variole, scarlatine, diphtérie, fièvre typhoïde, typhus, tuberculose... peuvent être évitées grâce à une organisation raisonnée de l’hygiène sociale, et ainsi, (en face de la médecine proprement dite, individuelle et curative, s’est constituée une médecine sociale, collective et préventive, qu’on pourrait appeler la science de la

protection de la santé. » (1) Pasteur a mis en lumière la genèse des affections

1. Décret portant règlement d'administration publique, du 3 juillet 1906.

AU O EDS

qui se transmettent de l'individu à Pindividu. fl a montré comment on pouvait les prévenir et les combattre. Ses découvertes en microbiologie et en bactériologie ont ouvert un champ immense à la prophylaxie. Et maintenant, les collectivités sont armées de façon certaine pour se défendre des épidémies, des affections contagieuses, pour en prévenir l’éclosion ou en circonserire la marche.

Le point de vue de la préservation domine toute la défense sanitaire. De même que l'organisme humain, lorsqu'il est sain, résiste victorieusement à l'infection, de même, le pays dont le terrain est assaini reste réfractaire à la pénétration microbienne.

Contre les maladies pestilentielles d'importation exotique, les ententes réalisées par les conférences internationales, les barrières dressées aux frontières sont sans doute efficace ; elles ne suffisent pas. Pour triompher de l'assaut, il faut lui opposer un sol aseptique, impénétrable aux germes, une population vigilante, pliée aux pratiques de l'hygiène.

La première tâche qui incombe à l’hygiéniste, c’est . après avoir assuré l’enseignement sanitaire de la masce, d’assainir les villes et les localités. IL faut y purilier l’eau et y purifier le sol, y élever des maisons salubres. Ainsi, on y améliore les conditions de vie en même temps qu’on prévient les contagions ordinaires et extraordinaires.

Et si, malgré ces mesures, un foyer d'infection

D éclate, la science indique des moyens sûrs pour conjurer le péril : la vaccination anti-variolique qui rend l'individu refractaire à la contagion, la sérothérapie qui lui confère l’immunité, la désinfection et l’isolement qui permettent d’éteindre dans l’œuf le mal qui pourrait se répandre.

Les statistiques montrent de façon éloquente l’efficacité de ces mesures aidées d’une thérapeutique éclairée. Elles accusent un déclin marqué des maladies épidémiques dans les pays qui observent une sévère discipline sanitaire. En Norvège, par exemple, la mortalité a baissé de 16 p. 1000 en 1880, à 13.5 en 1906. La mortalité moyenne de la France est de 20 p. 1000. Au taux de la Norvège, nous gagnerions 250.000 existences par an (1)!

« La politique la meilleure étant celle des intérêts moraux et matériels des particuliers, des collectivités, disait récemment M. Landouzy, il n’y en a guère de plus opportune, de plus urgente, de moins coùteuse que la politique sanitaire. »

Cette politique s'impose avant toute auire à un pays tel que la France qui,tous les ans,se dépeuple,

se suicide... (2).

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