‹ Du rôle de l'auto-intoxication dans la genèse des attaques apoplectiformes et épileptiformes de la paralysie généraleChapitre 25 sur 27 · UNE · texte numérisé non relu

UNE

complète du train postérieur. Celle-ci disparut progressivement, d’abord par la patte gauche, puis par la droite qui resta parésiée encore longtemps. Deux mois après l’accident, alors que les phénomènes parétiques avaient disparu, le chien eut une crise d’épilepsie dont la fin fut marquée par des phénomènes spéciaux. La paralysie du train postérieur réapparut, persista quelques heures et disparut progressivement d’abord à gauche puis à droite.

Plus d’un an après cette crise, alors que l’on pouvait supposer que les lésions produites par la balle étaient cicatricielles nous avons, sur les conseils de M. Pierret, tenté en déterminant une crise d’épilepsie par l'injection d'essence de sauge dans la jugulaire, de reproduire les phénomènes consécutifs au traumatisme et à la crise. L'expérience a été faite à l'École vétérinaire, dans le laboratoire de M. Guinard, qui nous aidait de ses conseils. Quelques secondes après l’injeetion l’animal paraît inquiet, ses membres se raidissent ; alors survient une chute brusque avec perte de connaissance, suivie de convulsions toniques. Tous les membres sont tendus, tétanisés, les mâchoires serrées convulsivement ; la tête se tord et se renverse en arrière de facon à toucher presque le dos,

Bientôt le stade tonique fait place au stade clonique. Les membres et tout le corps sont agités dans tous les sens par des mouve ments terrifiants. Les mâchoires s’ouvrent et se ferment alternativement sans venir au contact absolu; une bave mousseuse et sanguinolente s'échappe des commissures, L'animal a des mictions involontaires. Ces mouvements persistent environ deux minutes. Jusqu’iei rien d’anormal ; l’attaque d’épilepsie s’est montrée telle qu’on l’observe chez le chien après l'injection d'essence de sauge (Cadéac et Meunier). La crise terminée (elle ne s’est pas reproduite ainsi que cela se voit habituellement), le chien essaye de se relever, mais le train postérieur reste inerte ; au bout de quelques minutes, les mouvements se montrent, très faibles d’abord, à gauche. Le chien se redresse sur trois pattes, mais ne peut se maintenir dans cette position et tombe sur le côté droit. Enfin tous les phénomènes parétiques disparaissent.

L'expérience renouvelée, on observe les mêmes symptômes ;

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mais, en plus, la fin de la crise est marquée par une tendance au mouvement de manège à gauche.

Le chien a été sacrifié et.à l’autopsie, voici ce que l’on a observé : La balle avait pénétré dans le crâne par l’orifice d'entrée du nerf optique et s'était logée dans un point que nous n'avons pu encore déterminer. De plus, sur le cortex, au voisinage du gyrus sigmoïde, on observe une plaque ulcéreuse de la dimension d’une pièce d’un franc.

Elle donne l’apparence de ce qu’on observe en décortiquant un cerveau de paralytique général avec adhérences ; mais, chez l’animal, il n’existe aucune adhérence des méninges au cortex. A la moelle, vers le renflement lombaire, on remarque une zone de ramollissement qui ne semble pas pathologique,mais due à un écrasement. Nous avons, du reste, l'intention de faire un examen histologique attentif du cerveau et de la moelle de cet animal.

Cette expérience est intéressante ; elle contribue à faire voir que la pathogénie des états convulsifs doit être étudiée à nouveau. La crise épileptique toxique a été modifiée assurément par la lésion des centres encéphaliques. Les cicatrices ont produit, en un mot, des phénomènes de rappel.

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