‹ Du rôle des moustiques dans le paludismeChapitre 3 sur 3 · Bignami. The Lancet , 3 et 10 décembre · texte numérisé non relu

Bignami. The Lancet , 3 et 10 décembre

ANNALES DE L’INSTITUT PASTEUR

Ulnde me force à reconnaître combien il est difficile de se mettre à l’abri des causes d’erreur de diverse nature, surtout quand on opère dans des localités malariques.

Malheureusement, le Dr Bignami, oubliant son ancienne hypothèse de la dégénérescence, paraît considérer que cette unique expérience, faite trois mois après que Manson a publié le résultat de mes travaux, lui donne le droit de revendiquer pour lui la théorie du rôle des moustiques. Cette revendication ne peut être admise.

Je réclame pour deux illustres savants l’honneur d’avoir édifié la théorie du rôle des moustiques : pour le Dr Laveran, qui l’a conçue; pour le Dr Manson, qui a deviné la fonction des corps flagellés et clairement indiqué la direction précise dans laquelle les recherches devaient être conduites.

Pour éviter tout commentaire erroné, qu’il me soit permis de déclarer ici que mes travaux ont été entièrement dirigés par Manson, et que j’ai eu l’assistance de ses conseils et de son influence à toute occasion; je dois aussi remercier le Dr Laveran de m’avoir envoyé ses avis si autorisés. Quand, en mai dernier, je lui envoyai des spécimens de mes corps pigmentés du moustique, il reconnut immédiatement la vraie nature de ces éléments.

Je dois des remerciements aux Drs Daniels et Rivenburg, qui travaillent maintenant avec moi, pour leur concours. Nous n’avons pas encore trouvé le meilleur mode de coloration et de conservation des éléments parasitaires dans le moustique, et nous éprouvons surtout une difficulté particuculière à préparer les glandes salivaires contenant les filaments germes.

Comme conclusion, j’émets l’hypothèse que les parasites de la fièvre du Texas et peut-être même aussi ceux du Surra et du Nagana subissent, dans les arthropodes connus comme étant les agents de ces maladies, un développement semblable à celui des hématozoaires de l’homme et des oiseaux chez les moustiques. Je considère comme probable que la malaria est communiquée à l’homme uniquement par les morsures des moustiques et peut-être d’autres insectes.

Calcutta, 31 décembre 1898.

Sceaux. — lmp E. Charaire.

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