‹ Du rôle du chirurgien dans les infectionsChapitre 5 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Grisolle disait dans la préface de son traité de Pathologie interne : « Les causes des maladies sont si obscures, si difficiles à saisir, si variables, qu'elles ne pourront jamais être, je pense, le fondement unique d’une méthode nosologique ».

Cette affirmation pessimiste qui ne faisait que reprodure l'opinion des prédécesseurs et des contemporains de

l'illustre médecin, loin de décourager ses successeurs les incila, au contraire, à rechercher et à vouloir connaître ces causes si obscures, si difficiles à saisir, si variables: et cette recherche de la cause fut la caractéristique de la médecine contemporaine. C'est aulour de cette notion que gravitent toutes les théories les plus récentes de la pathologie et de la thérapeutique.

- La découverte parmi les causes des maladies, des agents - figurés el parasitaires, les progrès incessants de la bactériologie et de la physiologie biologique eurent pour résullats immédiats d'expliquer des faits observés depuis longtemps en clinique, mais dont la cause première restait

obscure, et que d'innombrables théories métlaphysiques

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fondées sur un besoin toujours croissant de lumière ne faisaient que rendre plus difficiles à expliquer.

La découverte du premier microbe pathogène qu'on eût jamais vu, faite par Davaine en 1850, les études de Pasteur sur les fermentations, les travaux de Villemin: de Chauveau, marquent le début de cette révolution des sciences biologiques dont les résultats, devaient être si féconds. e

Il semblait « priori que la médecine seule püt profiter de ces nouvelles découvertes, qui non pas d’un seul coup, à vrai dire, mais petit à pelit, par une évolution lente et sûre, restreignaient de jour en jour le domaine de l'inconnu. 4

Grâce au génie de Pasteur, on s expliquait les fièvres, on comprenait les épidémies, et la découverte des germes morbides spécifiques permettait de faire rentrer dans un nouveau groupe pathologique des maladies en apparence fort dissemblables, telles que la tuberculose, la morve, la fièvre typhoïde,’ le choléra, l'érysipèle et les affections pyogènes.

Mais à côlé de l’éliologie, la thérapeutique ne restait pas en relard set une des premières conséquences pratiques de la nouvelle doctrine fut la découverte de l'antisepsie, qui devait, en révolutionnant, elle aussi, la chirurgie, étendre considérablement le champ des interventions opératoires et en assurer le succès.

Ce serait sortir du programme que nous nous sommes tracé, et nous exposer à maintes redites, que de vouloir montrer ici ce que fut cette première phase de la lutte du

chirurgien contre le microbe, L'antisepsie chirurgicale est

entrée dans les mœurs: après les hésitations du début: elle est devenue une nécessité à laquelle tout le monde prit l'habitude de se soumettre, aussi n'insisterons-nous pas.

Ce que nous voudrions montrer, c'est en quelque sorte la deuxième phase de cette lutte qui n'a cessé de se produire entre le chirurgien, avee sa science et son : art, et le microbe installéen maître dans un organisme affaibli, lutte qui ne cessera que le jour où les progrès de la médeeine et de la chimie nous auront permis d'opposer à l'énergie vitale des micro-organismes pathogènes et aux poisons qu'ils sécrètent, des substances définies quien détruiront la vitalité, el en neutraliseront les effets.

C'est dans ce but que nous avons entrepris ce travail, afin de montrer que si de jour en jour la médecine gagne. du terrain, grâce aux sérums thérapeutiques, grâce aux progrès de la thérapeutique générale de l'infection, la chirurgie de son côté n'a pas abandonné la lutte malgré ses premiers succès.

Notre seule ambition serait de montrer les résultats auxquels la chirurgie est parvenue dans le traitement des infections, en insistant sur les principes qui dirigent ses interventions. Chemin faisant, par l'étude des faits. nous voudrions chercher à établir le rôle respecuf de la médecine et de la chirurgie dans le traitement des maladies infectieuses, el prouver une fois de plus que si le chirurgien a besoin de s'inspirer de a méthode du médecin et de lui emprunter ses moyens thérapeutiques, 1l est bien des cas où le médecin de son côté est obligé d’avoir recours à l'habileté du chirurgien sans laquelle tous ses

efforts seraient vains.

En parcourant pendant nos études les différents traités de pathologie générale que nous avons pu avoir entre les mains, nous avons souvent élé frappé d'un fait: Exclusivement, ou à peu près, rédigés par des médecins, ils sont tout entiers un long exposé des théories qui expliquent et justifient la manière, d'agir du médecin : mais en général, ils négligent absolument la chirurgie et oublient de parler des merveilleux progrès de cet art.

Nous n'avons pas à rechercher, ni à interpréter les causes de ce mutisme, il a suffi de le constater pour que l'idée nous vint de signaler cet oubli et d'essayer de le réparer.

Pour cela, laissant de côté l'étude clinique des maladies dont nous aurons à parler, négligeant les considérations techniques qui eussent fait de ce travail, rien moins qu'un ouvrage de chirurgie et de médecine opératoire, nous nous sommes cantonné dans le domaine de la théorie et de la pathologie générale, cette philosophie de la méde-

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cine.

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