CULTURES
En gélose profonde glucosée, les colonies apparaissent en 2 à 8 jours à la première génération, et au bout de quelques repiquages, poussent en 24 heures. Elles sont d’abord punctiformes, mais deviennent rapidement de type lenticulaire simple ou complexe. Il y a souvent un dégagement gazeux discret, plus ou moins abondant selon les souches.
En gélose inclinée (dans le vide) il donne de minuscules colonies blanc bleutées, légèrement surélevées.
En bouillon ordinaire se produit un trouble discret, homogène, avec de rares bulles de gaz ; l'odeur est aigrelette et désagréable. Au bout de quelques jours des corps microbiens se déposent au fond du tube.
En bouillon glucosé, il se produit un trouble homogène plus abondant et un dégagement gazeux appréciable, d’odeur rance, franchement désagréable. L’acidification est nette avee un pH de 5 à 6.
I n’y a pas d'indol, en gélatine il pousse rapidement à 37, donnant un trouble homogène, sans liqué-
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faction. Le développement est aisé sur le lait où la culture est toujours positive. Certaines souches lPacidifient ou le coagulent en 24 où 48 heures. D’autres ne le coagulent que plus lentement en 8 ou 15 jours ou même un mois. Cette coagulation est massive, compacte, sans rétraction de caillot ni digestion ultérieure. Enfin il existe des souches possédant tous les caractères de Bacillus ramosus et ne coagulant pas le lait. Boez en a isolé plusieurs.
Aucune protéine coagulée n'est attaquée par le Bacillus ramosus (blanc d’œuf, sérum, muscle, fibrine...).
Les souches de Weinberg, Prévot, Daveisne et Renard font fermenter énergiquement le glucose, le levulose, le galactose, le maltose, le saccharose et la mannite avec formation de gaz et acidification à PH 4,5. Les souches qui ne coagulent pas le lait n’attaquent presque pas le lactose. Les souches de Boez ne font fermenter ni le maltose, ni le saccharose.
Le bouillon glucosé au rouge neutre vire au jaune
fluorescent en 18 à 24 heures.
Le sang n’est pas hémolysé.
TECHNIQUE DE L'HÉMOCULTURE.
Pour les observations, recueillies dans le service du Professeur Lemierre et dont les détails seront donnés plus loin, la présence de Bacillus ramosus . dans le sang a été mise en évidence par hémoculture pratiquée en milieu anaérobie, gélose de Veillon
ani le
additionnée de bouillon et d’une solution glucosée, suivant la technique de J. Reilly. L'identification du germe a été pratiquée par M. Reilly, chef de laboratoire de la clinique des maladies infectieuses.
Le Bacillus ramosus est donc strictemert anaérobie, ne se développant qu’assez difficilement et maigrement dans les milieux artificiels.
TOoxINE.
Aucun auteur n'avait pu mettre en évidence de substance toxique sofuble dans les cultures de Bacillus ramosus. En 1928, Weinberg, Prévot, Daveisne et Renard ont constaté dans les cultures de 24 à 48 heures en bouillon de viande plus foie glucosé, après centrifugation complète, la présence d’une substance soluble toxique dont l'injection dans le muscle de cobaye, à la dose de 3 cc, provoquait des secousses douloureuses dans le membre injecté, de la dyspnée et une paralysie respiratoire mortelle en quelques minutes alors que le cœur continuait à battre quelques instants.
Si on injecte une dose de 1 à 2 ce. l'animal crie, présente des secousses musculaires, de la dyspnée, puis se rétablit peu à peu et guérit complètement.
Cette substance toxique n'est pas hémolvtique in vitro ni in vivo. Seules les souches pathologiques 73 et 86 la produisaient. Quand, après 6 semaines à 2 mois, ces souches perdirent leur virulence, elles perdirent aussi leur toxicité. Cette substance n’a pas
pu être précipitée par le sulfate d’ammonium.
Crises
M. Weinberg n’a pas eu le temps de contrôler son pouvoir antigénétique à cause de la fugacité de sa production.