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Bulletin de l’Ami des arts, t. II, p

LES CONDITIONS SOCIALES

Jules Breton, élève alors de Félix Devigne1. Cette même année, Roqueplan, Duval le Camus, Biard, Jacquand, etc., exposent à Cologne 2. En 1840, des spéculateurs américains promènent à travers les Etats-Unis Adam et Eve de Dubufe ; cette expédition leur rapporte 5oo 000 francs ; encouragés par ce résultat, ils commandent à Eugène Isabey, Morel Fatio et Eugène Lami quatre scènes de la guerre d’indépendance pour la somme totale de 4° 000 francs et organisent une tournée nouvelle3. Monvoisin fonde, en 1842, une école de peinture à Santiago du Chili.

« Paris », s’écriait Lamartine à la tribune de la Chambre des députés, le 3o mars 1841, « Paris est un immense atelier L’Europe y vient, y admire, y achète, exporte nos produits partout... Tous les grands amateurs du monde, les princes eux-mêmes, se font une gloire, une gloire pour leur maison, pour leur galerie, d’avoir acquis à Paris l’objet qu’ils veulent consacrer à la contemplation du public... Avoir été peint à Paris, c’est un titre pour un objet d’art, un certificat de goût, d’origine de gloire. »

L’intensité du mouvement artistique nous est, enfin, rendue sensible par l’accroissement du nombre des peintres et de leur production. Les Salons renferment, en moyenne, deux mille ouvrages dus à un millier d’artistes4 5. D’après le Journal des artistes 8, il y avait en France, 354 peintres et sculpteurs en 178g, 509 en 1810, 1375 en i83o, 2 i5g en 1 838 6 *.

1. Jules Breton, Nos peintres du siècle , pp. 88-89. Le tableau de Delaroche est au Musée de Cologne.

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