PRÉFACE- DE LA DEUXIEME ÉDITION
La première idée de ce travail a été suggérée à l'auteur par les déclamations de certains socialistes contre l'organisation actuelle de la société, divisée, selon eux, en deux classes antagoniques, les propriétaires et les prolétaires, dont la première tend sans cesse à croître en puissance et en richesse, aux dépens de la seconde, condamnée à l'abjection, à la servitude et à la misère jusqu'à ce qu'une grande révolution sociale , opérée par la violence soit venue lui restituer ses droits en abolissant la propriété individuelle. Montrer à la classe ouvrière tout ce qu'un tel système
a de faux et de dangereux, lui indiquer les moyens d'améliorer éa condition par ses propres efforts et par l'effet lent mais assuré d'une meilleure éducation morale et intellectuelle, parut à l'auteur un sérieux service à rendre à la société et, en particulier, à la classe ouvrière et, sans mesurer si ses forces y suffiraient, il voulut entreprendre cette tâche.
ïl crut pouvoir émettre ses idées tendant à démontrer l'harmonie d'intérêts qui existe entre la classe des propriétaires ou capitalistes et celle des prolétaires ou travailleurs, dans une courte série d'articles de revue; mais à peine les premiers chapitres en étaientils ébauchés, que ce travail lui fut rendu ^ d'abord difficile, puis presque impossible, par l'affaiblissement graduel de sa vue suivi d'une cécité complète.
Le trouble apporté dans les idées de l'auteur par un événement aussi grave et aussi inattendu, le mauvais état de sa santé et la nécessité de suivre un traitement médical rigoureux, ne lui permirent pas d'apporter le