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CHAPITRE XII

qui sera laissé, en cas de décès prématuré, aux héritiers de l'assuré, et se prêtent encore à bien d'autres formes de la prévoyance. En Angleterre, de nombreuses compagnies entreprennent ce genre d'assurances à des conditions que la concurrence rend avantageuses aux assurés, tandis que la multiplicité des affaires de ce genre les rend sûres pour les compagnies; aussi est-il rare d'y voir des personnes appartenant à quelque classe de la société que ce soit, mais particulièrement parmi les industriels, les marins et les ouvriers, qui n'aient quelque épargne placée dans une de ces compagnies. Chez nous , ce genre d'assurances a beaucoup moins de succès ; quoiqu'il fasse, depuis quelques années, des progrès assez sensibles dans les classes aisées et moyennes, il ne pénètre guère chez les ouvriers; le gouvernement belge a essayé de suppléer à l'insuffisance de l'action privée pour garantir le sort de l'ouvrier devenu vieux, en créant lui-même une caisse de retraite, mais ses efforts n'ont pas eu, jusqu'à présent, beaucoup plus de succès que ceux des compagnies particulières, et peu d'ouvriers viennent lui apporter leurs épargnes ; ceci tient peut-être aussi à ce que les fonctionnaires du gouvernement se montrent moins empressés à recueillir les souscriptions que les employés intéressés de compagnies concurrentes, et que l'administration elle-même n'a pu encore réussir, sans doute par défaut de cette même concurrence, à donner à ces contrats de pension la forme la plus simple et la plus commode possible pour l'assuré, ni à la plier à

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la multitude des cas auxquels les assurances sur la vie peuvent s'adapter.

On a parfois blâmé comme immorale la combinaison à l'aide de laquelle l'ouvrier, soustrayant ainsi une partie de ses épargnes à ses héritiers, s'assure dans ses vieux jours une rente viagère dont le capital sera perdu pour sa famille; mais s'il est parvenu à élever ses enfants et à les mettre à même de subvenir à leurs besoins par leur propre travail , il ne leur doit rien au delà, et peut disposer du surplus à à sa propre convenance; il pourrait même légitimement exiger de ses enfants qu'ils prissent soin de lui dans sa vieillesse, comme il les a soutenus dans leur enfance, mais souvent l'ouvrier a assez de peine à élever ses descendants pour pouvoir encore payer cette dette à ses ascendants , qui deviennent alors pour lui une rude charge qu'il ne supporte pas toujours avec patience. Loin donc d'être un capital frustré à sa famille, la pension viagère du vieillard soulage celle-ci d'une lourde obligation , et éloigne ainsi une cause trop fréquente d'ingratitude et de désaffection.

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