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CHAPITRE II

DES CONDITIONS A RÉUNIR POUR OBTENIR LE TRAVAIL DE L*OUyRIER A BAS PRIX

* Ces conditions, disent ou plutôt pensent certains patrons (car ils n'oseraient le dire ouvertement), sont de faire travailler l'ouvrier pendant le plus grand nombre d'heures possible, de bien le surveiller afin qu'il ne se relâche pas, et de le payer peu, d'abord par économie, et ensuite, parce que l'ouvrier est d'autant plus docile qu'il sent mieux la nécessité de travailler, qu'il est moins payé.

Nous croyons, nous, que si ces patrons y réfléchissaient bien, ils arriveraient à des conclusions fort opposées et que, cette fois, ils n'hésiteraient pas à proclamer hautement.

En effet, les conditions essentielles pour que l'ouvrier produise dans sa journée , et de la manière la plus économique le maximum de travail et le meilleur travail, sont : la santé, la force et le contentement. La santé de l'ouvrier exige principale-

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ment qu'il ne soit pas accablé par un travail long, pénible, soutenu, et sans que les intervalles soient suffisants pour réparer ses forces.

Dans notre climat, le travail en plein air est le plus sain, surtout si l'ouvrier peut se garantir de la pluie ou du soleil par un abri en toile, en paille ou en branchage. Dans les ateliers, il importe que l'espace soit proportionné au nombre des ouvriers, que la ventilation y soit facile, que la température n'y soit pas trop élevée, si le travail est actif, ni trop basse, s'il est sédentaire; qu'il n'y règne ni humidité, ni fortes odeurs, enfin que l'atelier reçoive le plus de lumière solaire que possible ; cette condition hygiénique, trop souvent négligée, a, sur la santé des enfants surtout, une très grande influence. Dans un air impur, malsain et Xvop chaud, les fonctions respiratoires et digestives absorbent une grande partie des forces de l'homme, il lui en reste donc une moindre quantité, disponible pour le travail.

Cette vérité est devenue surtout évidente dans les mines, oii l'effet utile du travail de l'homme est visiblement accru par une bonne ventilation. Il résulte donc de là que la bonne disposition hygiénique des ateliers est commandée aux patrons, autant par leur propre intérêt que par l'humanité.

Les conditions hygiéniques indiquées ci-dessus , dépendent presque exclusivement du maitre; celles qui résultent des aliments et des boissons dépendent plus directement de l'ouvrier, quoique, dans la plupart des cas, l'exiguîtéde son salaire comparée à l'élévation

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