‹ Du salaireChapitre 89 sur 136 · CHAPITRE XVI. ^i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. ^i

est ordinairement forcé, faute d'une dose suffisante de liberté et de lumières, de s'en rapporter pour tout ce qui concerne la production de la sécurité et les dépenses qu'elle occasionne à la décision de ses patrons, pour la plupart capitalistes ou propriétaires. Si ceux-ci comprenaient bien leur intérêt, ils verraient qu'il est le même pour eux que pour la classe ouvrière; aucune classe ne peut être victime de la spoliation, sans que le contre-coup ne s'en fasse sentir sur les propriétaires du capital. Ce n'est jamais que temporairement que la spoliation peut profiter à ces derniers, l'équilibre se rétablit bientôt, et les oscillations à la suite desquelles il reprend sa stabilité occasionnent des perturbations aussi nuisibles aux riches qu'aux pauvres. De plus, cette spoliation, même quand elle a été compensée par cette naturelle tendance à l'équilibre, sème entre les diverses classes de la société une défiance et une désaffection qui contribue pour beaucoup aussi à paralyser les forces productives du pays et à nuire au bien-être matériel et moral des populations.

En attendant donc que les classes riches et éclairées comprennent mieux l'harmonie qui existe ^entre leurs intérêts et ceux de la classe ouvrière, celle-ci ferait bien de regarder de plus près à la quantité et à la qualité de la sécurité qu'on lui donne et au prix auquel elle l'achète. Malheureusement, dans l'état actuel de l'instruction de cette classe, et avec la grande habitude qu'elle a généralement acquise de s'en remettre à autrui du soin de ses intérêts, une telle préoccupation n'est pas possible, et This-

DO 8ALAIRK. 19

222 Dt SÀLAHIfi»

toire ne nous montre que trop, par des exemples anciens et récents, que le pauvre, chaque fois qu'il a été appelé lui-même à la gestion des affaires publiques, au lieu de chercher à rétablir l'équilibre, c'est à dire à faire régner la justice, a voulu en abuser pour spolier les riches à son tour»

Le remède au mal que nous signalons ne peut donc consister que dans le progrès des lumières chez les classes qui vivent de leur travail et daçs une meilleure et plus juste entente des véritables intérêts de la société et de la solidarité qui lie tous ses membres, chez les classes qui possèdent le loisir et qui, jusqu'ici, ont concouru seules à la oonfeciioa des lois.

Jusqu'à présent, on s'est mis peu en peine des moyens les plus propres à obtenir à bon marché la garantie la plus complète de la liberté des citoyens et de leur droit de propriété; on s'obstine généralement à chercher de nouvelles formes pour l'impôt, comme si, à cet égard, toutes les inventions possibles de l'esprit de fiscalité n'avaient déjà été réalisées depuis longtemps, et l'on songe peu que ce sont les machines les moins compliquées, celles dont les rouages sont le plus simplifiés, qui coûtent le moins à établir et à entretenir, qui sont le plus faciles à maintenir en bon état et à perfectionner, et qu'il en est de même de la machine gouvernementale que de toutes les autres macliines. Or, à peu d'exceptions près, l'on voit partout une tendance à compliquer les rouages administratifs et à faire accomplir par le gouvernement une quantité de fonctions dont

yGoogk

Page 1