‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 2)Chapitre 37 sur 52 · LK CRÉPUSCULE CHEZ LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

LK CRÉPUSCULE CHEZ LES ANIMAUX

lèiont, énorme, avec de la mousse sur ses cuisses et une piquante vivacité dans son petit œil. Le chameau aussi travaillait. L'un d'eux, surtout, beau comme un guerrier, avec ses longs poils gris de lin, cl bien ramassé, ballottait comme une guenille malsaine le petit bourgeois accroché entre ses bosses.

Ces bêtes, si graves, à plusieurs reprises passèrent devant moi, escortées par la foule qui ne cessait de ricaner qu'on pût être éléphant, chameau ou dromadaire, et sans qu'aucune des personnes qui se pressaient autour de ces parfaits spécimens des grandes espèces, me parût présenter le véritable caractère de l'humanité — qui est moins, n'est-ce pas? de marcher sur ses pattes de derrière que d'ordonner intelligemment ses sensations.

Pourtant, je distinguai un joli couple. C'était une jeune femme de (|ui la marche souple prouvait des membres harmonieux et une bonne santé générale. Elle faisait plaisir à voir et marchait à cùlé d'iiii calant homme, plus âgé <ju*elle de vingt ans et (|u'aux nuances de

m: crépusculk ciif.z ij:s animaix. 28."

sa l'ainiliarilé on roconnaissait pour un amani récent, probahlemonl un nouveau marié.

Vers ('in(| lieures, soudain, tout changea d'aspect. ... Nous vîmes lesarbres nus de feuilles et les nuages décolorés: Les botes frissonnèrent d'angoisse de perdre le soleil et de retrouver novembre. Elles reprenaient leur éternelle songerie sur l'incertitude où elles sont de dîner le lendemain.

Les chiens, au milieu de (jui je me trouvais alors, poussèrent de longues clameurs à voir un de leur espèce qui sortait du jaidiii avec ses maîtres. Mais à côté de ces furieux, les caniches, du museau, des quatre pattes et de la queue, se montraient tout sociables et ne semblaient désireux que de nouer des relations. Si beaux (juaiid ils appartiennent à des maîtres, les caniches en ces étroits enclos ont l'air de gens oubliés. Je sais, dans les langues du Nord, un terme qui me touche \ beaucoup. Quant un li(»mme a été trop ivrogne ou débauché, (ju'il a lassé l'indulgence des siens, qu'il a perdu l'hoMneur eiilin, il part,

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