‹ Du sang, de la volupté et de la mort (volume 3)Chapitre 49 sur 59 · LE CRÉPUSCULE CHEZ LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

LE CRÉPUSCULE CHEZ LES ANIMAUX

c'est ridée que je vivrai jusqu'à la fin de ma vie avec la même personne. » Et lui, après quelques minutes de silence, la consola, disant : « Mais non; il arrive des choses, et je t'assure que je mourrai le premier. »

Certes, l'individu qui fit cette réponse ne peut prétendre à occuper un très haut rang dans l'espèce humaine. Il le faut traiter de bêta. Et pourtant, une telle réplique, qui ferait sourire au théâtre, très nettement, dans ce concoui*s de sensibilité qu'avait organisé le crépuscule, nous assure la suprématie sur tous les animaux.

Quant à l'intensité et à Tallure dans l'expression, certes, cet homme paraîtra inférieur à tous ces animaux qui si puissamment se plaignaient; mais il trahit un affaissement de l'instinct de conservation et par là une qualité de désintéressement que ne sont pas près d'acquérir mes chers caniches, ni les otaries plus précieuses encore.

Novembre 1892.

ISITION

Gounod, je suis

du moins très enseigne à méu Nord comme iné tont le jour lies mortes le et qui ne pari trop pompeux icle dernier, cea ment et ne rei peine si quelarie- Antoinette

2y0 SUK LA DÉCOMPOSITION.

parvinrent jusqu'aux branchages courbés vers les fenêtres deTrianon, du temps qu'ils étaient de jeunes rameaux.

De ce parc où je vais chaque année, à même date, promener parmi ses somptueuses tapisseries d'octobre des sentiments trop bigarrés, je me suis associé aux funérailles de Gounod, qui eut le don des larmes. Un jour de sa je^unesse, à Vienne, quelqu'un lui désigna une allée où Beethoven était accoutumé de se promener et, les yeux fiévreux, s'adossait, toujours au même arbre, pour noter les mouvements de son génie. Gounod, dans cette allée, fit un pèlerinage. « Cet arbre! écrivait-il ensuite, cet arbre où Beethoven s'est appuyé, qui a soutenu cette main par laquelle ont passé tant d'accents si touchants, si glorieux, si déchirants, cet arbre, pourquoi ne peut-on pas le retrouver? » et par un trait qui m'enthousiasme, il s'écriait : « Cet arbre, n'est-il pas presque un frère des saints oliviers! »

Dans ces lieux qui me font sentir la puissance d'octobre, je comprends plus fortemeni

Page 1