EXAMEN DU SÉRUM DU SANG
cédé clinique, permettant de recueillir quelques renseignements sur le sérum.
Voici comment il convient de pratiquer cet examen.
On prend une petite éprouvette d'une contenance d'environ 3 centimètres cubes, pouvant être fermée à l'aide d'un bouchon de liège ou de caoutchouc ou plus simplement d'un disque de verre dépoli. Cette éprouvette bien nettoyée est séchée, puis flambée à la flamme d'une lampe à alcool. Elle est destinée à recevoir le sang qui s'écoule d'une petite plaie faite avec une lancette au niveau de la pulpe d'un doigt, le médius ou l'annulaire. Il importe de nettoyer, avec le plus grand soin, la peau de ce doigt à l'endroit choisi pour la piqûre et délaisser pendre la main pendant quelques minutes avant de faire la prise de sang, de manière à obtenir facilement l'écoulement de ce liquide. On en hâte d'ailleurs l'issue par une sorte de massage pratiqué de la racine du doigt au voisinage de la piqûre.
Le sang s'écoule goutte à goutte par la petite plaie et tombe dans l'éprouvette qu'on place de façon à ce que la paroi reste aussi' propre que possible. En général il est facile d'obtenir 2 centimètres à 2 centimètres et demi de sang avant que ce liquide ait eu le temps de se coaguler. Bientôt la coagulation se fait en masse ; on bouche alors l'éprouvette et on la place clans un endroit frais. En hiver on se contentera de la maintenir au repos dans une pièce peu chauffée ; mais en été il sera indispensable de la mettre dans une glacière.
Celle dont je me sers est une simple petite caisse en bois sans couvercle, divisée en trois compartiments à l'aide de deux petites planchettes. Dans le compartiment du milieu on place une petite boîte de fer-blanc destinée à renfermer les éprouvettes de sang, et autour de la boîte quelques morceaux de glace. Les deux autres compartiments sont remplis de son ou de sciure de bois. Enfin, le tout est enveloppé dans un morceau de couverture de laine et placé dans un endroit frais.
Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, le caillot est rétracté, et le sérum bien séparé peut être recueilli. Il est, en général, parfaitement conservé; il l'est toujours en hiver; mais en été, alors même que l'éprouvette a été mise immédiatement après la coagulation du sang, dans la petite glacière, il est parfois devenu louche par suite du développement de quelques proto-orga-
nismes. Dans certains cas, le maintien de l'éprouvette dans la glacière empêche ou diminue la rétraction du caillot et la séparation du sérum est entravée. Pour ces diverses raisons, l'étude du sérum du sang devra être faite de préférence en hiver.
Elle ne donne des renseignements que sur la réaction du sérum et sur sa coloration.
La réaction est presque toujours franchement alcaline; mais il est très probable que le degré d'alcalinité est variable et il serait intéressant de connaître un moyen chimique permettant de mesurer exactement cette alcalinité à l'aide de la petite quantité de liquide ainsi recueilli.
Pour apprécier la coloration du sérum on le décante avec soin à l'aide d'une petite pipette effilée à la lampe et on le transvase dans un tube à essai pour être soumis à l'examen spectroscopique.
Quand le transvasement s'est opéré convenablement, le sérum ne contient en suspension que de rares globules rouges et l'on peut se rendre compte immédiatement de sa coloration propre. Lorsqu'au contraire la pipette entraîne des globules rouges, en même temps que le sérum, il faut attendre que ces éléments tombent au fond de la petite éprouve tte, avant de songer à apprécier nettement les qualités du sérum. C'est l'affaire d'environ une heure.
Nous verrons plus tard que ce procédé permet facilement de reconnaître dans le sérum, à l'aide du spectroscope, la présence de certaines matières colorantes, telles que l'hémoglobine, l'urobiline et les pigments biliaires.