‹ Du Sarcome Ostéoïde de la ChoroïdeChapitre 14 sur 17 · OBSERVATION V BERTHOLD · texte numérisé non relu

OBSERVATION V BERTHOLD

Œil phtisique avec sarcome de la choroîde, en partie mou, en partie ossifié

On ne possède que peu de détails sur la marche du début de cette affection. Le malade, ouvrier âgé de 45 ans, se présenta, après que son œil gauche fut devenu phtisique et parce qu'il était tourmenté par des douleurs intolérables. Aucun diagnostic n’était possible par l’ophtalmoscope. Le fait seul de la douleur existant dans l’œil atrophié permettait de supposer une tumeur intraoculaire. On fit l'extirpation. L'œil a la forme du cerveau. Son diamètre antéro-postérieur est de 17 m/m. Les diamètres vertical et horizontal ont, dans la moitié antérieure, 19 m/m et, dans la partie postérieure, 15 m/m. La cornée est aplatie. La sclérotique présente à sa face interne, surtout à sa jonction avec la cornée, des dépressions se dirigeant dans le sens des méridiens et qui font saillie à ‘a face interne. : à

Sur une coupe horizontale, la cornée et la sclérotique semblent épaissies. La cavité oculaire postérieure est remplie par une tumeur dont le diamètre antéro-postérieur est de 17 m/m tandis que la face intérieure de cette tumeur est séparée de la face postérieure de la cornée de 5 m/m. La couleur de la tumeur est, dans beaucoup d’endroits, celle de la choroïde, dans d’autres elle tire davantage sur le blanc. Au milieu de celle-ci, on remarque deux lacunes, une plus petite à gauche, une autre de la grosseur d'un pois à droite. Cavités qui sont remplies par une masse gluante et blanchâtre ; sur les bords, on remarque çà et là des stries bleuâtres qui présentent la dureté de l’os. La choroïde est partout visible, sauf un endroit

situé à droite de l'équateur. On ne trouve pas à ce niveau de limite bien distincte entre la tumeur et la choroïde et cette dernière envoie à gauche, dans la sclérotique, au niveau de l'équateur, un prolongement de 2 m/m de long sur 1 m/m de large. En général, la choroïde est d’une épaisseur normale, mais d’une couleur plus claire qu’à l’état sain ; on peut poursuivre la rétine depuis le nerf optique sur une longueur de 3 m/m sous la forme d’une ligne qui traverse la tumeur ; mais à partir de là, elle n’est plus reconnaissable. Elle apparaît de nouveau à la face antérieure de la tumeur, à laquelle elle adhère intimement. À gauche, elle se confond avec les procès ciliaires.

Examen microscopique. — La tumeur contient partout des matières calcaires et offre une structure confuse, méconnaissable en certains points. Il n’y a qu'à la périphérie qu’elle est bien conservée et qu'elle présente un beau sarcome à cellules fusiformes. Le type pur de ce sarcome n’est modifié qu’à quelques endroits par la présence de cellules de pigment de formes diverses et de cellules de différentes grandeurs. Ces dernières se présentent comme cellules mères avec deux ou quatre cellules fines. Les traces bleuâtres montrent que ce sont de vrais tractus fibreux. Les corpuscules osseux ont la forme caractéristique et présentent de nombreuses ramifications qui s'anastomosent entre elles. Le système des lamelles est déjà indiqué. Ces dépôts osseux sont bien plus nombreux qu'on le croyait à l'œil nu et sont surtout situés à la périphérie. Leur limite externe est marquée par plusieurs couches de cellules fusiformes, tandis que, plus profondément, les cellules rondes prédominent. Ici, on rencontre également les cellules mères déjà signalées ; les cellules filles sont parfois très grosses et prennent quelquefois une forme angulaire. Là où se trouvent réunis des points osseux, on trouve une vascularisation riche du tissu interstitiel. Au centre, on trouve des points durs, et en traitant par l'acide chlorhydrique, on y découvre quelques cellules atrophiées et un assez grand nombre de noyaux. On y trouve aussi des cavités qui étaient probablement remplies par des masses molles. Celles-ci sont tombées pendant la préparation. Le contenu des cavités visibles à l’œil nu est opâque et ne laisse, après avoir été traité par un seul acide, que des noyaux seuls reconnaissables. La choroïde a perdu plus ou moins son pigment. Elle est traversée par des éléments sarcomateux et par des cellules fusiformes et rondes. La lame élastique est conservée en grande partie. Elle manque seulement à la région équatoriale droite, là où la choroïde elle-même est

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mangée par les éléments de la tumeur. L'épithélium pigmenté existe en grande partie, mais groupé par masses irrégulières. La rétine est dégénérée en un tissu réticulé dans les mailles duquel on rencontre de rares cellules rondes et des noyaux ainsi que ces granulations calcaires. Le corps vitré est formé par un tissu à fibres fines renfermant des cellules de formes et de tailles variées ; les unes longues, munies de prolongements, les autres fusiformes, celles-là rondes, celles-ci étoilées. En outre, on voit dans les parties qui avoisinent la rétine, des vaisseaux autour desquels les dépôts calcaires, dont tout le corps vitré est atteint, sont plus considérables. La sclérotique montre en certains endroits, entre ses fibres, des cellules qui sont situées sur le passage des vaisseaux. Elles sont rondes et fusiformes. Les premières se rencontrent surtout dans les couches les plus rapprochées de la face interne. Elles sont très nombreuses à la région équatoriale. Les cellules fusiformes se trouvent surtout dans les couches moyennes de la sclérotique. Les cellules ont un protoplasme tendre, laissant visiblement voir un noyau et ont très peu de substance intermédiaire, de sorte qu'il faut les envisager comme les plus jeunes des éléments sarcomateux.

Comme nous le voyons, il s’agit en réalité d’un œil atrophié phtisique présentant une ossification vraie de type inflammatoire uniquement localisée à la périphérie, et un mélano sarcome globo-cellulaire de la choroïde. Ce n'est ni un sarcome ostéoïde, ni un ostéosarcome, mais

un sarcome banal développé sur un œil osseux.

OBSERVATION VI DucamP

Sarcome ossifiant de la choroïde

Il s'agit d'un homme de 35 ans qui, il y a quatre ans, reçut un coup violent sur l'œil droit. Immédiatement après le coup, perte complète de la vision. Il y a un mois, apparition de douleurs et d'un staphylôme limbique. Du même côté : disparition de la chambre antérieure ; dureté externe de l'œil, champ pupillaire encombré. On fait une énucléation qui montre des adhérences sur les parties molles de l'orbite. Cinq mois après, on récidive in situ.

A l'examen histologique, on voit la sclérotique érodée par a tumeur à la partie supérieure de l’œil. Au centre du globe oculaire, noyau losangique très dur paraissant isolé. Le noyau losangique est formé par de l'os vrai avec canalicules de Havers et ostéoblastes.

Bref, c'est une ossification survenue à la suite d’un hématome. La tumeur survenue plus tard a englobé et

refoulé le noyau osseux.

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