C. Ecorces contenant des alcaloïdes, glucosides, etc
Les substances actives en raison desquelles certaines de ces écorces occupent une place considérable dans la matière médicale, sont g^énéralement encore mal connues dans leur siég^e précis, les quinquinas sont presque seuls à faire exception.
ÉcoRCBS DE QuiNQuiÂÀS. — Il cst impossiblc, dans un exposé du g^enre de celui-ci, de décrire les diverses sortes commerciales de quinquinas^ et de discuter la valeur des différentes espèces de Cinchona auxquelles on les rapporte, questions jadis si obscures, aujourd'hui si bien élucidées, g'râce aux travaux de mon savant maître M. le professeur G. Planchon (2). Je dois me borner uniquement à mentionner le siège des alcaloïdes de ces précieuses Rubiacées, et les résultats précédera méat rappelés me permettront de l'indiquer brièvement.
Si Ton examine au microscope une des écorces du commerce, on peut aisément y reconnaître les trois zones suivantes :
(1) Bien que les écprces de Barbatimao comptent uniquement dans la médication astringente, je rappellerai que Taction de la matière tanilique y est singulièrement affaiblie par la présence d'un mucilage assez abondant et localisé principalement dans certaines cellules du parenchyme libérien.
(2) G. Planchon. Des quinquinas (Thèse de Concours), 1864. — Id. Histoire naturelle des dragues simples, 7? éd., t. III, 1876. — Id. Art. Quinquina, in Dict, encycl. des sciences médicales, 1873. — Id. Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale^ U II, 1875, etc.
1° Une couche subéreuse à cellules aplaties, vides ou remplies d'une matière colorante rouge.
2° Une écorce moyenne^ formée d'un parenchyme à cellules étendues tangentiellement et remplies soit d'amidon, soit de cristaux, sur lesquels je reviendrai plus loin; dans ce parenchyme, se voient quelques cellules pierreuses, et vers sa partie interne on observe, surtout chez les écorces jeunes, des lacunes ou plutôt des laticifères contenant des sucs propres.
3^ Le liber formé de cellules parenchymateuses et de fibres isolées ou groupées entre eHes en petit nombre. Des rayons médullaires, de dimension variable, traversent cette zone.
Cette structure est également importante à connaître, soit que Toa veuille distinguer les divers types commerciaux, soit que l'on cherche à préciser le siège des alcaloïdes. Dans la première de ces recherches ce sont les fibres libériennes, M. Weddell l'a montré depuis longtemps, qui devront servir de guides dans la déter-, mination des diverses écorces : courtes, fines, isolées, ou peu adhérentes entre elles dans le C. Calisaya^ type des bonnes espèces, elles seront au contraire volumineuses, réunies plusieurs ensemble et très-adhérentes dans le C. piibescens autour duquel viendront se ranger le§ espèces inférieures. Divers types intermédiaires (G. scrobiculata) pourront d'ailleurs être établis grâce à l'étude de ces mêmes fibres et permettront ainsi une classification anatomique comprenant les Quinquinas les plus répandus.
Quant aux alcaloïdes, on ne devra pas les chercher dans le liber, mais dans ce parenchyme cortical que j'ai signalé comme se trouvant immédiatement au-dei^-
SOUS de la zone subéreuse. C'est là, dans des cellules arrondies ou plus souvent polyédriques, que M.Howard a découvert les cristaux de quinine et de cinchonine dont j'ai déjà fait mention et qu'on observera dans les couches corticales les plus extérieures , dans celles qui seront les moins riches ou tout à fait pauvres en fibres libériennes.
EcoRCB DEFAUSSE ANOUSTURE. {Strychnos niitr-vomicà). — Cette écorce, que les caractères extérieurs joints aux notions fournies par l'examen histolog^ique (cellules pierreuses séparant le liber du parenchyme cortical, etc.) permettent de disting'uer aisément de T Ang'usture vraie, doit son action toxique à la Strychnine et à la Brucine qu'elle contient, et dont la présence (de cette dernière surtout). est facile à reconnaître par la coloration roug'e qu'elles prennent en présence de Tacide nitrique. Or, quand on touche avec ce réactif la face interne de l'écorce, elle se colore en roug^e de sang», tandis que sur la face externe la teinte obtenue est d'un jaune brunâtre ou verdâtre. Il semble donc assez vraisemblable de reg^arder la couche libérienne comme étant le siège du principe actif; mais des analyses chimiques convenablement multipliées pourront seules fixer nos connaissances sur ce point, le microscope ne montrant dans les cellules de cette zone que des g^rains d'amidon, mais nulle trace d'huile essentielle ou de cristaux.
A la suite de ces écorces je me borne à mentionner celles de Frêne (Fraxinm excelsior) de Garou [Daphne Gnidium)^ de Saule (divers 5a/2>), dont les principes actifs [Fraxine^ Daphnine^ Salicine), n'ont pu être encore localisés d'une manière précise. Je citerai encore^
celle du Cerams Padmoiihois de Sainte-Lucie, qui donne (comme les feuilles) de l'essence d'amandes amèreset de Tacide prussique par la décomposition d'un g'iucoside.
B. Bois.
Quant aux Bois, on estime g'énéralement que ceux dont la coloration n'e i [as très-marquée possèdent la même valeur thérapeutique dans toutes leurs parties ; tel est le Quassia amara. Mais, dans la plupart des cas, ce sont les couches du duramen qui sont employées (Gayae, Santal rouge (1)).
Les produits oléorésineux (Santal citrin) résineux (Gayac) ou colorants (Santal roug'e, Gampêche) se trouvent g'énéralement dans tous les tissus du bois (rayons médullaires, puis vaisseaux et fibres.
Les principaux détails relatifs à la localisation des principes contenus dans les bois ont été d'ailleurs relatés dans la première partie. (Vaisseaux et Fibres) ; il est donc inutile de les répéter ici et je me borne à les résumer succinctement. Dans les bois de Gayac et d'Aloès, la substance résineuse se trouve dans les cellules des rayons médullaires et dans les vaisseaux; la matière oléorésineuse des Santals et du bois de Rhodes (^Convolvulus scoparius) offre une semblable localisation et la « Quassine » semble répartie dans toute la masse du Quassia amara. Quant aux bois de Santal rouge, de Gampêche {Hœmaioxylon Campechianum) et du Brésil {Caesalpima echinata)^ la matière colorante s'y trouve dans les cellules du parenchyme ligneux et
(1) On peut en rapprocher l'-Acacia Catechu dans lequel, d'après divers auteurs, le duramen servirait seul à l'extraction du Cachou.
des rayons médullaires. Parfois aussi, mais plus rarement, elle se montre dans les vaisseaux.