‹ Du siége des substances actives dans les plantes médicinalesChapitre 26 sur 32 · C. Graines coiiteDont des matières grasses · texte numérisé non relu

C. Graines coiiteDont des matières grasses

Graines de Pavot. — La g'raine de Pavot noir fournit à l'industrie l'Huile d'Œillette et l'huile de g»raine de Pavot blanc est indiquée comme médicinale par un certain, nombre de Pharmacopées étrangères; cette

(1) Pour certains auteurs, le Poivre blanc devrait être décrit comme une graine, la plus grande partie du péricarpe en ayant été séparée. J'ai cru cependant devoir le mentionner parmi les fruits, en raison de la mince couche péricarpique dont il est toujours recouvert, en raison aussi de Pintérèt qu'il y a à ne pas le séparer du Poivre noir dont il n'est qu'une forme particulière.

huile se trouve dans les cellules de l'albumen comme dans celles de Tembryon, mais celles-ci sont plus petites. Quant à l'enveloppe séminale, elle est formée de cellules vides.

Graines de Cacao [Theobroma Cacao). — Leur matière crasse (beurre) est contenue dans les cellules du parenchyme cotylédonnaire, oti se trouve aussi une fécule à forme spéciale.

Pistaches [Pistacia vera). — Les graines du Pistachier donnent une huile gérasse qui se voit dans les cellules du parenchyme cotylédonnaire où elle est mélangée avec une matière verte et granuleuse.

Graines de Ben [Moringa optera). — L'huile y est localisée encore dans le tissu des cotylédons, dont les cellules polyédriques renferment une grande quantité de gouttelettes oléeuses.

Graines d'Euphorbiacées. — Ayant eu déjà l'occasion de citer ces graines, je me borne à rappeler que toutes les semences médicinales tirées de cette famille (Graines d'Epurge, de Ricin, de Cureas, de Croton) doivent leurs propriétés à une huile purgative ou drastique contenue dans les cellules polyédriques de l'amande^ où elle coexiste avec de nombreux granules d'aleurone.

Graines contenant des alcaloïdes^ glucosides, etc. '

Graines de Cacao. — Mentionnées plus haut en raison de la matière grasse qu'elles fournissent, ces semences doivent être de nouveau citées ici pour Talcaloïde {Théobromine) qu'elles contiennent et dont nous pouvons assez bien préciser le siég'e. En effet, d'après Alfred Mitscher-

lich (1), celle-ci semble résider dans les cellules à parois minces qui forment Tenveloppe interne de la graine, cellules qui renfermeraient la substance à Tétat cristallisé.

Cédron. Les cotylédons du Simaba cedron renferment une matière cristallisable qui semble répartie dans l'ensemble de leurs tissus.

Fève de C«/«dâr. — D'après les recherches de M. Vée(2) c'est dans Tamande que se trouve surtout le principe actif ou Esérine.

Café. — ta caféine y réside vraisemblablement surtout dans l'amande, puisqu'elle manifeste tous ses effets avec la graine décortiquée. Dans les cellules de Talbumen se voient des g^outtelettes d'huile et d'abondantes granulations que l'iode colore en jaune.

Noix vomique et Fève de Saint- Ignace. — C'est principalement dans l'amande que se trouvent les alcaloïdes et très-vraisemblablement en est-il de même pour les Graines de Stramoine^ de Jusqiname et des autres Solanées;des analyses multipliées permettraient seules de fixer nos connaissances à cet égard.

Graines de Colchique. — L'examen microscopique y montre les cellules des téguments contenant seulement des grains d'amidon, tandis que dans les cellules de l'albumen, avec cette matière, se trouvent de nombreux

(1) A. Mitscherlich. Dtr Cacao und die Chocolade, Berlin, 1859.

(2) Vée. Recherches chimiques et physiologiques sur la fève du Calahar (Thèses de la Faculté de médecine, 1865). — Voy. aussi Tison, Histoire de la fève du Calahar (id. 1873).

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granules azotés. Ces derniers répondent-îls au principe actif? C'est ce qu'il n'est pas possible d'afflrmer actuellement.

Herbes.

La thérapeutique emploie un certain nombre de substances composées, sinon de plantes complètement entières, au moins de plantes comprenant la plupart des organes de vég^étation et de reproduction ; leur étude détaillée m'entraînerait à augmenter considérablement rétendue de cette deuxième partie et m'oblig*erait à retracer fréquemment des caractères déjà signalés ; je me borne donc à indiqper selon Tordre déjà suivi, quelles sont les principales de ces herbes mélicinales :

HEBBES CONTENANT DES SUBSTANCES MUCILAGINEU- SES OU GOMMEUSES. — Indépendamment de la Violette dont la fleur seule peut-être employée comme mucilag^ineuse, il convient de mentionner les Borrag^inées et particulièrement la Bourrache.

Herbes contenant des matières oléorésineuses

ou résineuses, des gommes RESINES, DES HUILES ESSEN- TIELLES, ETC. — Dans cette long'ue série, il faut particulièrement citer le Millepertuis [Hypericumperforatum) les Omhe\\iîèves {AnthriscusCerefolmm) la Santoline (AS(Z;^tolma ChamcBcy par issus ) ^ la Matricaire , [Matricaria Parthenium), la Menthe Coq [Balsamita suaveolens) les Armoises et Absinthes (^Ir^^^^^m^ vulgaris^A,maritimas A. campestris, A. glacialis^ A. Ahsinthium^^ etc.) la Vergue T)ovée[Solidago Virga-aurea)\es Labiées {Mentha^

Ocinmm, Salvia^ JRommrinuSj Origanum^ Thymus, Hyssopus^ Satureia, Melissa, Marrubium, Glechoma, Teucrium, etc), la Verveine ( Verbenaofftcinalis), le Thé du Mexique {Chenojpodiu7n ambrosioïdes) le Chanvre Indien [Cannabis sativa), la Sabine {J%7iipeniS Sabina) les divers Capillaires^ etc.

Herbes contenant du latex. — La Chélidoine {Cîielidonium majus) est l'espèce la plus importante de cette division.

Herbes contenant du tannin. — Les Rosacées Dryadées [Agrimonia^ Eupatoria^ Potentilla Ànserina, etc), méritent surtout d'être mentionnées ici; auprès des Pervenches, etc.

Herbes contenant des sels, acides, alcaloïdes, GLUCOSIDES. etc. — Parmi les plus employées, je citerai la Clématite {ClemaUs erecta) l'Anémone [Anémone Pulsatillay etc), les Aconits (div. Aconitum) la Fumeterre [Fumaria officinalis), le Polyg'ala (div. Polyqala) le Mélilot {Melilotus officinalis)^ le Caille-lait {Oalium verum^ etc), laLobélie [Lobelia inflata)^ la Petite Centaurée [Erythrcea Centaurium), les Mercuriales (div. Mtircurialis), la Pariétaire [Parielaria officinalis\ la Saponaire [Saponariaofficinalis) . etc.

Thallophytes.

Parmi les quelques Thallophytes qui sont employés par la thérapeutique moderne, la plupart contiennent des principes mucilag'ineux, un petit nombre renfermant des matières sucrées, cristallisables, etc.

Thallophytes contenant des substances mucilagineuses.

Caragaen ou Mousse perlée. — Sous ce nom on désigne presque constamment le Sfk^rococcus crisfus et ses nombreuses variétés. L'examen microscopique de la fronde la montre formée par une zone corticale Tenveloppant complètement et composée de cellules plus ou moins quadrang'ulaires et à parois épaisses. Ces éléments ne paraissent prendre aucune part à la production du mucilage qui est limité aux cellules de la zone médullaire, cellules d'autant plus larges qu'elles sont plus intérieures, et de forme presque ronde (1).

Diverses autres Algues donnent «ne gelée analogue à celle qu'on obtient avec la mousse perlée, telles sont la << mousse de Jafna » {Gracilaria lichenoïdes) la« mousse do Corse {Ceramium^ Sphœrococcus^ etc.).

On emploie également dans le même but divers Lichens dont les plus importants sont le « Lichen d'Islande » [Cetrariai slandica) et le « Lichen pulmonaire, {tSticta jpulmonaria). La coupe du premier de ces types montre qu'il est essentiellement formé par unfezone externe composée de cellules polyédriques et à parois épaisses recouvrant une couche de cellules allongées et constituant une sorte de feutre qui entoure la zone interne ou gonidienne; c'est dans la couche moyenne, dans la couche feutrée, que réside la Lichénine^ principal élément de la gelée de Lichen (1). —La structure du Lichen pulmonaire est fort analogue à la précédente,

(1) G. Planchon. Loc. cit., t. I, p. 26-27, fig. 15.

— 1Î5 — Thallophytes contenant des substances sucrées.

On a parfois employé diverses Laminaires et surtout le Laminaria saccharina^ en raison des efflorescences sucrées qui se montrent à leur surface et qui, après avoir été rapportées à plusieurs types chimiques, semblent être considérées aujourd'hui comme de laphycite.

Mais c'est surtout dans la thérapeutique chirurg^icalë et à titre d'agents dilatateurs^ que ces Algrues (L. digitata , etc.) sont usitées. L'étude histolog*ique permet de se rendre compte de cette propriété : si Ton fait une coupe du pédicule, partie presque exclusivement employée, on voit que son tissu est limité en dehors par une série de cellules à petite ouverture et étroitement serrées les unes contre les autres ; en dedans de cette couche tégumentaire se trouvent deux zones successives de grandes et de petites cellules formant un parenchyme lâche et rameux. Or, il sufQt de mettre une goutte d'eau en contact avec la préparation, pour voir ces derniers éléments se gonfler rapidement et augmenter le diamètre total dans des dimensions considérables.

Thallophytes contenant des matières minérales, cristallisables, etc.

Je rappellerai tout d'abord combien est générale la présence de l'iode dans lesAlgues, dont on retire industriellement ce corps qui détermine l'emploi thérapeutique de divers Fucus, etc. Je dois mentionner également la quantité considérable de carbonate de chaux contenue dans la Coralline {Corallma officinale) préconisée

comme anthelmenlhique. Mais le plus important des Thallophytes employés en raison de leurs principes actifs est sans contredit « TErg'ot de seig^le », sclérote du Clamceps fwpirm; ^el donlWenzell a retiré deux alcaloïdes non cristallisés, Vergotine et Vecbolline. L'examen histologique de son tissu montre d'assez nombreuses gouttelettes d'huile dans les cellules parenchymateuses qui le forment; peut-être cette substance n'est-elle pas sans quelque relation avec les matières active^ de lErg'ot, principes sur lesquels on discute depuis si long'temps, et que le chimiste, qua je citais plus haut, décrit comme des « vernis brunâtres/ »

En dépit de nombreuses recherches qui se sont multipliées sur ce sujet, nous ne possédons que des notions encore plus imparfaites sur le principe actif des champig'nons vénéneux et l'étude de leur localisation histolog'ique est aussi peu avancée que celle de leur composition chimique.

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