‹ Du Spitznberg au SaharaChapitre 172 sur 210 · I.F.S FORMF.S Dl DKSERT · texte numérisé non relu

I.F.S FORMF.S Dl DKSERT

C'est une des parties que nous avons visitées. Si le désert des plateaux est l’imape d’une mer figée pendant un calme plat, le désert de sable nous représente une mer qui sè serait solidiliée pendant une violente tempête. Des dunes semblables à des vagues s’élèvent l’une dernière l’autre jusqu’aux limites de l’horizon, .séparées par d’étroites vallées qui représentent les dépressions des grandes lames de l’Océan, 'dont elles simulent tous les aspects. Tnntét elles s’amincissent en crêtes tranchantes, s’eftilent en pyramides et s’arrondissent en voûtes cylindriques. Vues de loin, ces dunes nous rappelaient aussi quelquefois les apparences du névé dans les cirques cl sur les arêtes qui avoisinent les plus hauts sommets des Alpes. La couleur prêtait il l’illusion. Modelés par les vents, les sables brûlants du désert prennent les mêmes formes que les névés des glaciers. Ces dunes sont composées uniquement de sable siliceux très-fin, semblable à celui de Fontainebleau, et dans quelques points on retrouve le grès friable ^ui leur a donné naissance; elles ont été formées sur place et non point amenées par les vents de la région montagneuse. Dans le Souf, le fond de la mer saharienne était du grès ou du sable déposé par des courants. Ce sable, aujourd’hui à sec, est sans cesse remanié par le vent. Néanmoins les dunes ne se déplacent pas et conservent leur forme, quoique le vent, pour peu qu’il soit un peu fort, enlève et entraîne le sable de la surface. On voit alors une couche de poussière mobile courir dans les vallées, remonter les pentes des dunes, en couronner les crêtes et retomber en nappe de l’autre cùté. Deux vents, celui du nord-ouest et celui du sud ou simoun, régnent dans le désert. Leurs effets se contrc-balancent: l’un ramène le sable que l’autre a déplacé, et la dune reste en place et conserve sa forme. L’Arabe nomade la reconnaît, et c'est pour les étrangers seulement que des signaux formés d’arbrisseaux qu’on accumule sur les crête.s jalonnent la route des caravanes.

(Juand le temps est clair, rien de plus facile que de se diriger

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dans ces solitudes; mais quand le simoun se lève, alors 1 air se remplit d’une poussière dont la finesse est telle qu’elle se tamise à trarers les objets les plus hermétiquement fermés, |)énètre dans les yeux, les oreilles et les organes de la respiration. Une chaleur brûlante, pareille à celle qui sort de la bouche d’un four, embrase l’air et brise les forces des hommes cl des animaux. Assis sur le sable, le dos tourné du côté du vent, les Arabes, enveloppés de leurs bournous, attendent avec une résignation fataliste la fin de la tourmente ; leurs chameaux, accroupis, épuisés et haletants, étendent leurs longs cous sur le sol brûlant. Vu à travers ce nuage poudreux, le disque du soleil, privé de rayons, est blafard comme celui de la lune. Le '7 mars 18tiû, la colonne commandée par le duc d’Aumale essuya un simoun près de l’oasis de Sidi-Obkah, non loin de Biskra. Le vent souf- , fiait de l’ouest-sud-ouesl; l’ouragan dura quatorze heures. M. Fournel, ingénieur des mines, qui accompagnait l’expedilion, constata le lendemain que le vent n’avait balayé qu une zone étroite du désert parallèle à l’Aurès, et que le calme régnait au pied de la montagne. Dans le Souf, ces vents ensevelissent les caravanes sous des masses de sable énormes c’est ainsi que péril l’armée de Cambyse, et les nombreux squelettes de chameaux que nous rencontrâmes témoignent que ces accidents se renouvellent encore quelquefois.

Le gypse n’a pas disparu complètement dans le désert de sable, mais il ne forme que dans les vallées des surfaces continues et dénudées, comme sur les déserts en plateaux ; rarement paviqienteux, il se montre sous la forme de cristaux de ligures variées et pénétrés de silice, rhomboèdres, macles, fere de lance, cristaux lenticulaires. Il n’y a point d’autres pierres. Vous ramassez un caillou, c’est un cristal. Les villages sont entourés d’enceintes crénelées bâties de cristaux, les murailles des maiaons le sont également : elles supportent un plafond formé de troncs de palmiers juxtaposés horizontalement, ou bien un dôme

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