DES MOYENS
Le pistolet et le poignard, a dit Ksquirol, sont les armes dont se servent les hommea. Sur 52,126 suicides, 7,997 seulement(7,879hoaimes et 118 femmes) ont été accomplis avec des armes k feu, et 2,107 (1,792 hommes, 315 femmes) a Taide d*iustruments tranchants. La somme des individus qui ont eu recours a la submersion ou à la strangulation est beaucoup plus considérable. 11 y en a eu 17,000 (11,0/|5 hommes, 5,955 femmes) pour le premier cas, et 17,578 (1 &,075 hommes, 3,503 femmes) pour le second. { es femmes, dit-il encore, se pendent, se noient, s'asphyxient ou menacent de le faire : il aurait pu ajouler qu'elles s'empoisonnent ou se précipitent. 11 est un fait qui nous a singulièrement étonné, c'est le nombre relativement considérable de femmes qui ont employé des instruments tranchants pour se donner la mort. Quant a l'indication des moyens employés par les individus qui se tuent dans chaque région de la France, les chiffres fournis par l'administration se taisent complètement. Une observation seulement a été faite qui ne manque pas d'un certain intérêt , c'est que le plus grand nombre des suicides a l'aide de l'asphyxie par
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le charbon a été observé à Paru. U y en a eu en dix-sept ans, 2,791 sur 3,5d5, qai ont été constatés p<Hir toute la France.
Sinou8nou3 reportons aux chiffres contenus dans. le XV^ tableau, il noua est bien diffi' cile d'y reconnaître l'influence que, d'après Ësquirol, les professions exerceraient stir le cht>ix des instruments, du suicide. Ainsi, dit-il, les militaires se brûlent la cervelle. Sur 2,830 militaires ou anciens militaires, 1,&07 seulement ont employé des armes a feu , pour se donner la mort; 999 ont eu recours à la submersion et à la strangulation. Cette contradiction est encore plus marquée pour les cordonniers et les perruquiers. Les premiers entrent pour le chiffre de 685 dans notre tableau des professions, et 53 seulement ont employé des instruments tranchants, tandis que 2/|7 se sont noyés et 269pendus. Les perruquiers ont fourni 172 suicides, sur lesquels /iO ont eu lieu par submersion, l\l par suspension, et 12 seulement a l'aide d'instruments tranchants. iNous pouvons faire la. même remarque au sujet des blanchisseurs. Sur 29/i individus, hommes pu femmes, qui se sont tués, 82 se sont noyés, 50 se
êè RBëflMË.
Mtil pitidttl, 190 fte sont Bipbyïiéi k Fàlde du dhArfedh, 5 seâiëmeilt ne nùM etùptisétiûéii La conclusion k tire^ dé tous téÈ ebifflPei èêt ftÉdlëé C'tit qu'eii f éiié^âl, tfUéllé qUë «oit la pfofessiéii) tlti^hdisit^ pout- se déilHiireVlô Hioyêh qiii seifibtë le plus fiicite et liuSIi pi'obAblement le itiaitis doùloureîlil. C'est ce tpil eipliqâeréllôf me difféiNsnte qui etiste ehtrë le hOttibVé éieê indlirld^s qui seUotiihbyés OU pehdUs, et celui dëS iflfbJ^tuiléfi qui éut eu i*^éicouysâUil autres tUô^étiS
itidiquës dâus uos deust tableauM.
kifutné. -^ Si mâiutèuatit nous essayons de reTeuiif en afi'ière et dé iréiUtïiék* en p«u de mots tous les ffaits qui pirécèdeni^ «t toutes lès Aé^
éuetiôus qui en dédoulent naturellement , nmis fti^fiterons aux condusions suivantes i
I® Le nombi^e des suiddes augmente tous les âni en France^ non pas seulement d'une IM^ nière générale^ mais eneôl'e dans chAeune 4eé régions dont Celle-ci se compose.
9r On peut regàt*der comme un Ait constant que les suicides sont tl'âutant plun nombuâut dàUi chaque dép^rtêBient, que cèluî-ci e«l plus rapproché de Paris.
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3^ L'influencé dea olimaU lur le dévdopptment du penchant iu suicide est tout k fait nidla ou exirâmemeiit fiiiblç.
à"" 11 n'^a est pas de même dea aaiaona. Le printempf et l'été août les deux aaiaona pendant leaqudlea on abaerve le plua' grand nombre de aukidea.
5' Contrairement k. l'opinion généralement adoptée, il eatdéaerinaia démontré queie nom* bre des suicidea augmente, conatamment depuia l'enÊinçe jusqu'à la plua extrême vieitleaae.
ô"" La mort volontaire est lieaucoup plus fré* quente cbe^ lea hommes 4{ue chez les femmes. On peut représenter ce rapport par les cbifirea 3^06 à 1. L'habitation dans les villes paraît favoriser chez les femmes te penchant k cet acte , d'une manière plus marquée que le séjour k la campagne. Enlin^ l'âge auquel le nombre dea suicides se rapproche le plus chezies femmes de celui qu'on obs^ve chez les hommes, est la jeunesse, et aprè^ elle l'époque critique. ,
T PajTmi les professions, qellés qui supposent une instruction plus avancée sont aussi celles qui fournissent le plus de suicides.
^"^ 11 n'est pas vrai que l'instruction doive
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être regardée comme un préservatif efficace contre le suicide. 11 est positif, an contraire, que celui-ci n*a pas cessé d'augmenter de fréquence, à mesure que Tinstruclion se répandait davantage , tant dans^ le^ différentes régions de la France, que dans la France entière et dans tou% les autres pays où cette recherche a été faite. On peut poser comme loi générale, que depuis très longtemps la fréquence des suicides est en raison directe de l'état de l'instruction.
9^ On choisit, en général, pour se détruire, quels qujB soient l'âge, le sexe, la profession, etc. , le moyen <\m paraît le plus facile, et aussi probablement le moins douloureux. Cependant s'il est quelque chose qui ait le droit de surprendre, c'est la régularité extraordinaire,, on pourrait pire$que dire effrayante, avec laquelle les mêmes faits se reproduisent tous les ansi Ainsi chaque année on observe, à quelques unités près, le même nombre de suicides par submersion, par strangulation, par les armes.à feu, par asphyxie, à l'aide des instruments tranchants, de la précipitation, ou du poison.
lO Knfin, tous les faits contenus dans cette première partie tendent à démontrer cette pro-
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position remarquable, déjà entrevue par un certain nombre d'écrivains, que les faits moraaxptis en masse, et considérés d'une manière générale, obéissent, dans leur reproduction, a des lois tout . aussi positives que celles qui régissent le monde physique.
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