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et de permanence qui n'appartient pas aux secondes. Les dernières agissent comme le feraient des forces accidentelles; elles laissent une empreinte plus ou moins profonde ; puis elles s'effacent et permettent à la nature dont elles ont entravé la marche, de rentrer dans tous ses droits.
Nous venons de voir que, pour Thomme adulte, la hauteur se trouve déterminée d'une manière fixe et que les variations qu'on remarque, sont également réglées par une loi de la nature. Ajoutons encore qu'il existe, pour chaque âge, une taille moyenne déterminée dans l'un et dans l'autre sexe, ainsi que des limites entre lesquelles varient les nombres individuels.
En ne considérant que la taille moyenne de chaque âge, la succession des nombres constitue la loi de croissance, dont les effets peuvent cependant être modifiés par différentes causes. Considéré comme individu, l'homme naît ayant un peu moins du tiers et un peu plus du quart de la hauteur à laquelle il doit atteindre un jour. Sa croissance, d'abord très-rapide, devient uniforme ensuite jusqu'à l'âge de quinze à seize ans ; puis elle se ralentit et cesse entre vingt et vingt-cinq ans. On peut dire que la croissance
de Tenfant, même depuis le troisième mois qui
précède sa naissance, jusqu'au développement
complet, suit une loi de continuité telle que les accroissements diminuent successivement avec l'âge.
La loi de croissance ne peut se vérifier que lorsqu'on opère sur un grand nombre d'hommes, et qu'on parvient à éliminer les effets de toutes les causes accidentelles. 11 n'existe peutêtre pas un seul honune au monde dont la croissance ait été parfaitement régulière et conforme à la croissance déduite des résultats généraux.
M. le pasteur J. W. H. Lehmann, de Potsdam, a présenté à ce sujet des remarques fort judicieuses (1) ; il a exprimé la crainte que, dans certains cas, en généralisant trop, on ne perdît de vue les particularités qui, bien qu'individuelles, peuvent cependant tenir également à une loi générale. Par exemple, vers l'âge de puberté, la croissance, après avoir été arrêtée, se développe quelquefois avec une rapidité extraordinaire : la loi de continuité semble être rompue par une espèce de saccade. Ce phénomène plus ou moins prononcé, pourrait être général, sans qu'on en remarquât les effets dans les moyennes. Ainsi, chez un jeune homme, l'accroissement en hauteur a été arrêté à l'âge
(1) Jahrbuch herausgegében von H. C. Schumacher, Annuaires pour 1841 et i843.
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de quatorze ans; puis, par un changement brusque, il est devenu extrêmement prononcé à l'âge de quinze ans, pour s'arrêter encore deux ans après. Chez un second jeune homme, l'accroissement en hauteur a été sta^ tionnaire vers l'âge de quinze ans, et il s'est prononcé à l'âge de seize à dix-sept ans, en sorte que les deux saccades qui se sont opérées à peu près de la même manière, mais à des époques différentes, pourraient réellement exister en vertu d'une loi générale, et cependant leurs effets se seraient entre-détruits et ne laisseraient aucunes traces dans la loi générale déduite des moyennes.
Les changements brusques qui surviennent aux époques critiques de la vie de l'homme, peuvent être considérés comme des espèces de maladies qui bien souvent sont les résultats de notre manière de vivre, de nos habitudes presque toujours en opposition avec ce que veut la nature. La croissance de l'homme procéderait avec plus de régularité, si la nature était moins contrariée dans sa marche. Il faut aller dans les pays chauds, voir les formes de l'homme et de la femme se développer sans connaître la gêne des vêtements qui les emprisonnent et les altèrent, pour juger des lois de la croissance. Les voyageurs sont unanimes sur
ce point ; c'est parmi les créoles que I'od trouve en général les formes les plus belles : cette classe, en effet, ne porte pas les traces d'un travail qui détériore les classes inférieures, ni des entraves dans lesquelles on captive le corps chez les classes les plus élevées.
La nature ne procède pas par mouvements brusques, et si notre civilisation nous les fait connaître, c'est qu'ils sont certainement son ouvrage. Les accouchements quelquefois si laborieux dans nos villes, si funestes aux mères ainsi qu'aux enfants, produisent rarement des accidents dans les familles qui se rapprochent le plus de la nature. La femme du sauvage, a peine délivrée de l'enfantement, court se plonger dans l'eau d'un fleuve.
Tout en reconnaissant ces altérations brus- , ques, signalées par M. Lehmann,jenepuis les regarder que comme un produit plus ou moins marqué de notre civilisation, mais qui, par la manière irrégulière dont il se présente, ne trouble pas même la marche de la nature. 11 ne mérite pas moins d'être constaté.
Le genre de nourriture de l'homme et les lieux qu'il habite ont aussi une influence sensible sur sa croissance. 11 est connu que, dans le midi, Tâge de puberté se déclare plus tôt que dans le nord; dé là résulte sans doute que la crois-
sance s'y trouve plus tôt arrêtée et que rhorame y atteint une taille moins élevée que dans les régions septentrionales.
Chez la femme aussi, la puberté et la fin de la croissance sont plus précocesque chez Thomme ; la courbe qui indique son développement en hauteur s'arrête plus tôt et rpste toujours audessous de celle qui se rapporte à l'autre- sexe.
Ainsi donc, à l'instant même où l'homme entre dans la vie, sa taille se trouve fixée par la nature ; les variations qu'on remarque sont purement accidentelles ; et, en les groupant par ordre de grandeurs, elles obéissent également à une loi. Tout a été combiné avec une harmonie telle, que les anomalies mêmes n'existent qu'en apparence et qu'elles procèdent avec la même régularité que les lois dont elles déguisent la marche.
Le même ordre, la même symétrie continuent à subsister à chaque âge. En Belgique, l'homme moyen à l'époque de son entier développement atteint une hauteur de 1"*,684 , et la femme de 1",579. Mais nous avons déjà vu que ces constantes ne suffisent pas pour déterminer complètement ce qui se rapporte à la connaissance de la taille, il est nécessaire de savoir encore les limites entre lesquelles les tailles peuvent varier. Quand on connaît ces
trois éléments : la taille moyenne et les tailles maximum et minimum, la loi des variations accidentelles donne les moyens de calculer comment la population se fractionne 'par ordre de grandeurs. Cette loi est d'autant plus importante qu'elle présente toute la généralité possible ; on la retrouve dans ce qui se rapporte au poids, à la force et à toutes les qualités physiques de rhomme. De sorte qu'on peut calculer à priori, quand on connaît la moyenne et les deux termes limites, comment une population se fractionne sous le rapport des hommes qui ont tel poids ou telle force déterminée.
Il n'est pas prouvé que la taille de l'homme moyen, dans un même pays et chez un même peuple, reste constamment la même : elle peut, au contraire, sousl'influeiice de différentes causes, augmenter ou diminuer. Si on la déterminait avec soin de siècle en siècle, ou même à des intervalles plus rapprochés, on aurait une série de nombres aussi curieux qu'utiles à consulter.
La loi de croissance peut en effet être considérée sous trois points de vue bien distincts. On peut rapporter Taccroîssement de la taille à l'individu, au peuple dont il fait partie, ou bien à l'espèce humaine tout entière.
Par rapport à un peuple, c'est l'homme moyen entièrement formé qu'il faut plus particu-
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lièrement considérer ; c'est lui qui exerce de rinfluence chez ce peuple , c'est lui qui en mesure en quelque sorte la valeur physique« Si cet élément était constaté d'année en année, et si l'on supposait placés en ligne droite, selon la succession des temps, les hommes moyens déterminés de cette manière, on pourrait concevoir une ligne rasant le sommet de leurs têtes ; cette ligne indiquerait par ses inflexions le développement moyen de la taille chez ce peuple. Elle serait droite et horizontale, si la taille moyenne était restée invariablement la même ; elle se relèverait si la taille moyenne avait été en croissant ; dans le cas contraire, elle s'abaisserait.
On a cru remarquer que les années calamiteuses laissent des traces durables de leur passage, en arrêtant la croissance aux époques de la vie où le développement du corps se fait avec le plus d'activité; ainsi, certaines générations atteindraient un moindre degré de hauteur que d'autres; mais ces résultats, très-probables d'ailleurs, ont été plutôt soupçonnés que démontrés par l'expérience.
Au lieu de suivre la série des temps, et d'observer l'homme de siècle en siècle chez un même peuple, on pourrait avoir égard à l'espace, et comparer, pour une même époque.
l'homme moyeu d'un pays à celui d'un autre.
Sousce nouveau pointde vue, l'homme moyen, pris pour les différentes régions de la terre, pourrait être considéré comme un simple individu ; et la moyenne de toutes les tailles particulières, formerait la taille type de l'homme dans sa plus large acception.
C'est en suivant les modifications que cette dernière taille aurait pu subir dans la suite des siècles, qu'on aurait la loi de développement de l'humanité sous le rapport de la croissance.
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