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niques ; l'araignée ne file point son tissu avec plus de perfection qu'elle ne le faisait du temps de nos premiers aïeux.
L'homme seul, par la science, a trouvé le moyen de faire varier les divers éléments dont, il dépend, soit sous le rapport de la moyenne, soit sous celui des limites entre lesquelles ces éléments peuvent osciller.
Quant au physique , bien qu'il soit difficile d'établir des comparaisons, parce que nous
sommesdépourvus de données qui le permettent, nous reconnaîtrons sans peine qu'il s'est opéré des modifications importantes. La science a corrigé jusqu'à un certain point nos organes, lorsqu'ils devenaient défectueux. Des dissem^^ blances moins grandes ont eu lieu entre les hommes , et pendant que les limites se resserraient, la moyenne s'est élevée successivement.
J'ai déjà parlé des progrès immenses que l'optique a faits depuis quelques siècles ; elle a étendu le champ de la vision pour les presbytes et les myopes, à qui elle a donné la faculté de voir à toutes les distances. Que dis-je ? elle a fortifié la vue au point de permettre de saisir les moindres détails de mondes qui échappaient à l'analyse, soit par leur petitesse, soit par leur prodigieux éloignçment. Des infortunés qui*
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autrefois, restaient condamnés à ne plus voir la lumière ni le spectacle de la création, ont pu jouir encore de ce bienfait.
L'acoustique a également étendu la portée de Touïe, et tous les hommes ont été appelés indistinctement à recueillir les fruits de ses découvertes.
La science a fait sentir partout son action salutaire ; elle a diminué le nombre des défauts corporels, et de tous les fléaux en général qui tendent à détériorer notre espèce. On doit surtout à la vaccine, à l'orthopédie, à l'art chirurgical de compter aujourd'hui moins de difformités; tandis que la gymnastique et l'hygiène s'efforcent de donner plus de souplesse et de force à nos membres et un développement normal à toutes nos facultés physiques.
Les progrès des sciences médicales ont rendu certaines maladies moins longues et moins douloureuses et ont contribué à prolonger la vie moyenne de l'homme. Il ne faut pas espérer cependant, avec Condorcet, que cette moyenne puisse s'allonger indéfiniment. Nous avons déjà vu que la mortalité se règle d'après d'autres lois que celles qu'on serait tenté de déduire de l'avancement de l'art de guérir.
Les épidémies sont devenues moins fréquentes, les disettes moins destructives ; et quand
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arrive une de ces années désastreuses qui moissonnaient tant de monde à des époques plus reculées, Paisance plus générale fait que chacun aujourd'hui doit moins en craindre les conséquences.
Les fortunes particulières, d'une autre part, tendent vers une certaine égalité ; les lois dans la plupart des États civilisés, sont faites de manière à ne plus concentrer de grands capitaux dans des familles privilégiées.
En considérant la société sous le rapport moral, on trouve que les crimes et les dévastations sont moins nombreux, les guerres moins fréquentes et généralement accompagnées de moins de circonstances affligeantes ; les prisonniers sont aussi traités avec plus d'humanité. Depuis longtemps l'esclavage a cessé d'être connu dans l'Europe civilisée ; dans plusieurs États même, tous les hommes sans distinction, ont été déclarés égaux devant la loi.
Chacun jouit de plus de sécurité pour sa personne et pour ses propriétés; les caisses d'épargne et les sociétés d'assurances cherchent à prévenir les désastres qui atteignent les particuliers, en faisant peser d'une manière équitable, sur tous, les maux qui autrefois ne frappaient qu'un seul. Ces maux s'atténuent et s'effacent en quelque sorte en se distribuant dans les
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masses, au lieu de se concentrer sur «m même point.
' Sous le rapport intellectuel, les développe^ ments de rinstruction tendent, de ledit' côté^ & faire naître plus d'égalité parmi les hommes j les connaissances se répandent avec facilité dans tous les rangs de la société. L*impritaerie à surtout favorisé cette immense diffusion deé lumières.
L'établissement des chemins de fer, €fn mui*^ tipliant de nos jours les points de contact entre les peuples, doit nécessairement amener des résultats analogues. Grâce à cette merveilleuse invention, secondée par celle des machines à vapeur, le globe même semble avoir resserré ses limites.
L'influence de Thomme ne s'est pas exercée seulement sur sa personne; elle s'est étendue sur tout ce qui l'entoure : sur les plantes, sur les animaux et même jusque sur les climats dont il est parvenu à modifier la nature. Partout on voit la science resserrant les limites des éléments assujettis à des va* riations, en même temps qu'elle relève les moyennes.
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