LEE
Dans la parotide droite, tout près de l'endroit où il y aextravasation sanguine du nerf vague, on observe dans la substance glandulaire une hémorrhagie de la grosseur d’un noyau de cerise.
Sur la moelle épinière, macroscopiquement peu de lésions pathologiques. Dans les reins, notamment à la région corticale,
on constate microscopiquement des déchiquetures et des éro-
sions.
OBSERVATION XLIIT
Ruaef Behr. (Inaugur. Dissert, Tubingen), 189r.
Le journalier W..., est entré à l'hôpital le 26 mai 1890.
Agé de 25 ans. Depuis un an, il souffrait à plusieurs reprises, de l'oreille droite, et comme il y ressentait des démangeaisons, 1l se servait d’un petit morceau de bois, pour y fourrager constamment. Depuis ce moment, l’ouïea diminuée de ce côté. IL y a dix jours, il s'aperçoit, que sa bouche se contracturait et se déviait, L’œil droit reste fermé, et la mâchoire droite difficile à remuer ; de l'oreille droite, aussi, s’écoulait un liquide trouble. Depuis, la déglutition est devenue difficile, et il ne peut absorber que du potage et du lait, mais ces aliments étaient rejetés en grande partie par le nez. Les derniers deux jours il ne pouvait plus rien prendre. Hier se manifestèrent des douleurs dans le sacrum et la nuque, en même temps que des
convulsions et des contractures au tronc et à la nuque, de
pre
sorte qu'il ne pouvait plus soulever la tête sans aide. Des grincements de dents se manifestèrent aussi, et il s’est mordu la langue par deux fois du côté gauche. La vision n’a pas souffert ; sauf depuis 3 jours, l'œil gauche est un peu gonflé. Avant la production des symptômes plus graves, il pouvait encore s’oc— cuper chez lui, à quelques travaux. Il croyait que son état pro— venait d’un refroidissement.
Etat actuel. — 26 mai. — Homme vigoureusement constitué, mais un peu amaigri. Pas d'œdème. Pouls vigoureux, régulier, 80 par minute. Pas de dyspnée, respiration régulière, calme. Ce qui frappe c'est sa manière de parler, très indistinctement, et en nasonnant. Toute la région faciale droite, paraît paralysée. Les sillons sont de ce côté presque effacés ; le côté droit de la face participe peu à la mimique du visage. Les branches supérieures du facial sont aussi frappées par la paralysie. L'œil droit ne peut se fermer que très péniblement. La bouche ne peut s'ouvrir, que très difficilement et si peu, qu'entre les arcades dentaires il n’y a qu’un faible écartement. [mpossibilité de tirer la langue. Sur le côté gauche de la langue, on voit à travers la fente, plusieurs morsures,
Si on ouvre violemment la bouche avec des pinces (au plus 1 centimètre), on ne voit rien de particulier. Le voile du palais, est distinctement mobile. Si on tend au patient un verre d’eau, il l'approche avec grande précaution au-devant de la bouche, et le fait couler en arrière. Mais peu de temps après, l’eau est rejetée avec violence, en même temps apparaît un resserrement de la mâchoire, et une vive rougeur de la face, avec des phénomènes de suffocation ; le thorax aussi est turgescent, L'examen électrique du facial était impossible, parce que le malade, même
à la suite d’excitations très faibles, entrait en convulsions toni-
EN ee
ques. Aux yeux rien de particulier, les pupilles sont uniformément dilatées, et réagissent aussi bien à la lumière qu'à l’accommodation, Point de paralysie des muscles de l'œil. La vision est normale des deux côtés. L'ouïe du côté gauche est conservée, du côté droit diminuée.
À l'examen superficiel, le conduit auditif paraît un peu rouge mais normal.
Réflexes patellaires normaux, point de clonus du pied.
La marche est lente, mais sans rien de particulier.
Lorsque le patient est debout et les yeux fermés, pas d’oscillations. Muscles cervicaux un peu contractés et rigides ; rien à la colonne vertébrale. De temps en temps, le patient crache péniblement la salive accumulée dans l’arrière-bouche. Pour nourrir le malade, on essaie d'introduire une sonde dans le nez ; mais une hémorrhagie et de violentes convulsions du pharynx empêchent ce mode d'administration. On réussit cependant à introduire une sonde avec violence à travers une ouverture de la mâchoire qu'on maintient difficilement, et on fait passer ainsi 1/2 litre de lait, le soir on procède de même, pour donner du lait et un peu de potage à l'orge. Le soir on lui administre Oo gr. o2 de morphine en injection sous-cutanée. La température est de 38°6 le soir.
27 mai. — Rien à noter, sice n’est une faiblesse plus grande. L'urine est riche en urates ; pas d’albumine. Ce qui soulage uniquement le patient dans ses souffrances, c’est de laisser fon— dre des petits morceaux de glace dans sa bouche. Il est impossible d'obtenir une image bien claire du fond du conduit audiüif; après avoir échoué le matin l'après-midi, on réussit à introduire une sonde par laquelle on passe 3/4 de litre (o gr. 02 de
la morphine). Parfois, même pendant son sommeil très léger,
bo
le patient fait des soubresauts et contracte la face, avec une expression douloureuse. La tête se rejette en arrière et la poitrine bombe en avant. Le soir, injection sous-cutanée de morphine o gr. 03. Température le matin 39°7, à midi 3906 et le soir,
28 mai. — 3/4 de litre de lait par la sonde ; pupilles resserrées, fente palpébrale gauche un peu rétrécie, mais le patient peut ouvrir volontairement la paupière, quoique péniblement. La bouche est déviée à gauche ; plis de la face, du côté gauche plus profonds qu’à droite. En parlant, la moitié de la face gauche est mobile, la droite non. L’œil droit ne se ferme qu'incomplétement.
La musculature abdominale est dure comme une planche ; grande raideur du cou et du dos.
Etat de l'oreille : conduit audiüf sec; perforation du tympan, occupant toute la moitié inférieure ; dans les parties supérieures du tympan une calcification très étendue. En arrière et en haut de la perforation, on voit la tête de l'étrier et au-dessous une petite quantité de sécrétion purulente, Température le matin 3901, à midi, 38° et le soir 38'0.
29 mai. — Conslipation persistante, lavements.
La morphine à la dose de o gr. 09, calme le malade,
Alimentation au lait et aux œufs avec la sonde, mais les mouvements nécessités par ce procédé d'alimentation provoquent chaque fois des attaques convulsives : dans lesquelles la tète se renverse en arrière, et le dos en opistotonos ; en même temps se manifestent aux membres inférieurs des contractures très douloureuses, quine cessent que graduellement. Température : matin 3826, soir 3808.
30 mai. — À plusieurs reprises, le malade, pendant la
Rs ge 2
nuit dernière, avait eu des convulsions toniques. L'opistothonos dans le courant de la journée a augmenté; respiration irrégu— lière, pouls très tendu, le matin à 120, et le soir, on ne pouvait le compter ; au cœur 1/40. Température axillaire, après deux minutes 39°5. Sueurs profuses. Le malade demande des injections de morphine, qu'on lui donne à la dose de o gr. 02 et qui lui procurent un peu de soulagement. Le matin on put encore faire l'alimentation artificielle, mais avec des difficultés considérables, L'après-midi à 5 heures, l'états'est empiré rapidement. Pouls 160, faible, à peine perceptible. Coma. Ronchus pulmonaires, trachéaux. Il se produit encore des convulsions toniques isolées ; parésie musculaire généralisée et phénomène de Cheyne-Stokes. Température : le soir 4002, la nuit à 11 heu res le malade expire dans le coma.
Autopsie. — 31 mai, 10 heures matin, — Rigidité très pro— noncée du cadavre. Après ouverture de la colonne vertébrale, et incision de la dure-mère, il s'écoule une quantité modérée de liquide clair, La dure-mère se sépare facilement de la piemère. Les veines postérieures de la pie-mère, dans toute l'étendue dela moelle sont fortement injectées. La pie-mère est partout transparente, pas de pus infiltré,
La moelle épinière, partout de consistance normale ; et sur les coupes lès images sont normales. La dure-mère du cerveau est assez tendue, dans le sinus longitudinal ; on trouva seulement du sang liquide, et des caillots mous, beaucoup de corpuscules de Pacchioni, et de plaques laiteuses. Les nerfs crâniens sont de coloration normale. Le cerveau enlevé, on trouve les sinus transverses et pétreux, normaux ; pas la moindre trace, d'infiltration gélatineuse (chiasma, et scissures de Sylvius),
Les ventricules du cerveau ne sont pas dilatés ; ils contiennent