OBSERVATION XLIV
Hurre (« Médic. Presse et Cire. Londres »), 1882.
Homme, 27 ans, charpentier, entré à l'hôpital le 30 mars; la veille il a éprouvé des contractions dans les muscles du cou et du côté droit de la face.
On remarque à son entrée une paralysie faciale droite et en même temps de la difficulté pour ouvrir la bouche et pour türer la langue.
Température axillaire 100°/ (Fahrenheit). Pouls 76.
Il porte une petite pustule, grosse comme un pois à la première phalange de l'index gauche, survenue il y a sept jours.
Il a également à la partie supérieure du nez, en dehors de la
ligne médiane, lune plaie de la grandeur d'une pièce de six pouces, dont les bords sont rouges et tuméfiés: cette plaie résulte d'une chute faite il y a cinq jours (25 mars).
Le lendemain 1° avril, on trouve le malade, tranquille, les yeux presque fermés, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
De temps à autre cependant ilest pris de crises de convulsions, associées à de la dyspnée — il change alors continuellement de posture, la face se congestionne, et du côté droit de la face la paralysie apparaît plus nettement — sur le côté gauche, il y a du rire sardonique, bien marqué. Les deux pupilles sont rétrécies, égales et réagissent bien.
Pas de troubles auditifs. Parole difficile à cause de la paralysie.
Les masséters sont fortement contracturés et ne permettent guère de mouvement aux mâchoires.
Il y a également de la dysphagie accusée : la déglutition d’un verre d’eau provoque de violentes crises convulsives, ainsi que l’attouchement de la blessure. Température 03°, Pouls 64. Respiralion 24,
En l’espace de 24 heures, l’état s'est aggravé, le malade a présenté de graves troubles respiratoires, de la dyspnée, de l’apnée (Température 105°) et la mort survint par asphyxie.
Traitement : morphine, bromure, chloral et injections hypo-
dermiques d’antitoxine.