OBSERVATION LIT
Navarre (Lyon Médical, février 1894 1893).
Femme, 56 ans, alcoolique. Chute de voiture et plaie considérable étoilée, avec perte de substance et dénudation de l'os, au niveau de la région frontale droite, Jusque vers le sourcil : la plaie était souillée de poussière. Pas de fracture du crâne. Pansement minutieux au sublimé, avec quelques sutures lâches.
Au troisième Jour, douleur au niveau de la plaie, commencement de. suppuration, nouveau pansement antiseptique. Température normale.
Repos au lit, obscurité, demi diète et laxaufs.
Au cinquième jour, douleur plus vive de la plaie, suppuration abondante, nouveau pansement,
Au septième jour, grande suppuralion, nouveau pansement, pas de température.
Au dixième jour, gêne dans la déglutition.
Au treizième jour, la dysphagie augmente. Trismus du masséter droit et impossibilité de fermer l'œil droit, tête inclinée du côté blessé,
Au quatorzième jour, paralysie faciale du côté de la pla, bien manifeste et caractérisée par la déviation de la commis-
sure du côté sain, par l'impossibilité de l’occlusion complète des
paupières à droite, et du plissement de la peau du front, De plus, contracture des muscles de la nuque, des sternomastoïdiens, et des sous-hyoïdiens ; la dysphagie qui a constitué le phénomène de début est déterminée par la contracture de ces derniers muscles, empêchant le mouvement ascensionnel du cartilage thyroïde et non par un spasme, des muscles pro— pres de l’œsophage.
Les pupilles, un peu resserrées, avaient conservé leur mobilité.
Il n'existait sur la face ni œædème, ni rougeur, ni trouble de sensibilité. La plaie s’est cicatrisée en partie. laissant cependant un espace dénudé au niveau de la bosse frontale, large comme une pièce de cinq francs.
Le traitement médical est le suivant :
Bromure de K. 8 grammes ; hydrate de chloral 6 grammes, par 24 heures.
Lavement purgatif et au chloral. Potion calmante et infusions chaudes.
Alimentation au biberon. Eviter bruit, lumière vive et mou— vements.
Le quatorzième jour, dysphagie et douleur dans les muscles sous-hyoïdiens.
Température, 3802.
Le quinzième jour, augmentation de la dysphagie et du trismus.
Température du matin 3809 ; du soir, après le lavement de chloral, 3808 ; généralisation des contractures à la nuque.
Le seizième jour, nouvelle crise très douloureuse. Morphine, chloral; bromure, dysphagie complète, un peu de liberté dans
le jeu des mâchoires et l’œil droit se ferme un peu mieux,
DD — mais un peu de subdélirium., Température 3806 le matin et 39°3 le soir.
Le dix-septième jour, 39°6 le matin et 4008 le soir.
Crises excessivement douloureuses avec secousses toniques de tout le corps, puis sorte de détente des symptômes tétaniques et hémiplégiques de la face.
Perte de connaissance, délire, stertor.
Le dix-huitième jour, crise tétanique généralisée. Température rectale du matin, 42°. Mort.
Température des six derniers jours :
1. — 38° pouls 68, (au quatrième jour de l'apparition des phénomènes tétaniques).