PURPOSES
Le 19. — De nouveau dela fièvre et douleurs vives au niveau des blessures faciales (zygomatique surtout). Tuméfaction au pourtour de la plaie, bords enflammés, mauvais aspect et pus sanieux. Désinfection au sublimé, et à l’iodoforme, bandage à la gaze antiseptique. Sulfonal.
Le 20. — Température; de plus le malade se plaint de céphalée, d'une véritable brûlure, au niveau de sa plaie zygomatique, et d’un état psychique indéfinissable ; tantôt irrité, il s’agite, crie, gémit, et ne cesse de parler, tantôt 1l est abattu, triste et se cache de la lumière.
Il lui semble que sa langue est tuméfiée: enfin on constate que le malade est complétement défiguré (asymétrie faciale). Devant ces symptômes on pense un moment à une affection des méninges ou à une névralgie du trijumeau, consécutive au traumatisme.
Le soir, fièvre moins élevée, mais pouls à 130 et, comme la lumière frappait les yeux du malade il fut pris de contractions fugaces dans les muscles faciaux et l'orbiculaire palpébral, à gauche ; en outre, le malade ne parlait qu'entre ses dents : ce qui fait qu'on pense au tétanos.
Ensuite son asyméirie faciale s’accuse davantage,
Quand le malade veut parler ou ouvrir la bouche, il contracte seulement son masséter, son risorius et son orbiculaire labial du côté gauche; la bouche se dévie et on constate une véritable hémiplégie faciale droite: à droite, les muscles sont immobiles.
À gauche au contraire, ils sont agités de spasmes et de contractures. |
Bientôt apparaît le trismus; on fait immédiatement des injections de sérum antitétanique de Tizzoni et, après une améliora-
tion lente, le malade est sorti guéri.
OBSERVATION EXV Chauve (Loire médicale, mars 1899), 1896.
Homme, 28 ans, journalier, alcoolique.
Le g novembre 1896, le malade arrachait des pommes de terre et en secouant les plantes, il reçut dans l'œil droit, uniquement, des grains de poussière qui déterminèrent assez rapidement de la douleur, du spasme des paupières des deux côtés. Il souffrit un peu des dents.
Trois ou quatre jours après, ayant effectué le même travail, par un mauvais temps et un vent très froid, il éprouva à son repas de la difficulté à manger et à ouvrir la bouche ; cette gène alla croissant, puis apparurent des déformations du visage.
Tous les phénomènes faciaux sont accentués le 24 novembre, jour de son entrée à l'hôpital :
On constate du spasme de l'orbiculaire palpébral qauche ;
L'œil droit paraît normal, mais le malade ne peut produire l'occlusion de l'œil droit : paralysie de l'orbiculaire palpébral droit.
Pas d’épiphora, pas de conjonctivite,
Du côté droit de la face, les traits sont effacés ; plus d'expression. Effacement des rides du front, abaissement de l'aile du nez, diminution du pli nasolabial, grande déviation de la commissure labiale droite en bas, surtout quand le malade parle.
En outre, contracture des masséters empêchant l'ouverture
de la bouche : le malade mange difficilement ; on ne peut faire pénétrer le doigt pour l'exploration buccale.
Un peu de douleur dans la région sus-hyoïdienne, aux angles des mâchoires, au niveau des sterno-mastoïdiens ; quelques ganglions sensibles.
La langue n'est pas déviée : aucune diminution du goût ; déglutition facile mais douloureuse ; pas de troubles dans la parole, pas de dyspnée.
Pas d’hyperacousie douloureuse : le malade cependant entend moins bien de l'oreille droite : il souffre d’ailleurs un peu des oreilles (pas de suppuration). Appétit conservé. Température, 37°.
Dix jours après, { décembre, même état, trismus un peu diminué ; contractures des muscles du cou :
Tendance à la généralisation : Les mouvements du malade, aussi bien de la tête que des membres inférieurs, se font avec une lenteur et une raideur caractérisées, De plus les attouchements déterminent des contractures et de véritables secousses.
Grande hyperexcitabilité réflexe.
Légère exagération des réflexes rotuliens.
Trépidation épileptoïde.
Aucune anesthésie cutanée.
Légère anesthésie de la cornée surtout à gauche :
En touchant la cornée de l'œil droit on détermine une secousse de la jambe droite.
Respiration un peu difficile, 14 R.
P.: 88. Pas de température.
Prescription : 6 grammes de chloral par jour.
Le lendemain, 5 décembre, on constate une légère améliora-
tion, les contractures diminuent,