DIVISION DU SUJET
Dans cette thèse toute de pratique, notre intention n’est pas d’aborder i’étude historique, anatomique et clinique des tumeurs du sein dans tous les détails que celleci peut comporter ; nous ne perdronsjamais de vue que le but que nous poursuivons est d’établir la règle qui doit diriger notre intervention, règle qui d’ailleurs devra se | modifier dans chacun des cas, et suivant les conditions que nous aurons à établir.
Nous supposerons le médecin placé en face d’une tu- J de la mamelle et comme première et fondamentale
I ligne de conduite, nous poserons l’examen complet du I malade. Que ce précepte ne paraisse ni superflu, ni in- | jurieux, c’est faute de s’être rendu un compte exact de
l’étendue du mal et aussi de l’état général du malade que trop souvent, il a été exécuté des opérations incomplètes ou même nuisibles, eu égard à l’état morbide du sujet chez lequel elles étaient pratiquées,
Nous dirons donc qu’avant toutes choses, il importe de pratiquer un examen attentif et complet et par ce moyen de poser un diagnostic, qui devra porter sur ces trois points, d’une importance égale, savoir :
1° Le diagnostic de ta forme histologique ou anatomique de la tumeur.
2° Le diagnostic de T étendue du mal .
3° Enfin le diagnostic de ï état constitutionnel du ma* lade.
C’est dans la première partie de cette thèse, que seront indiqués, au moins sommairement, les caractères principaux des diverses espèces de tumeurs, aussi bien que les symptômes qui peuvent faire reconnaître l’existence d’un état pathologique spécial pouvant influencer le traitement, quel qu’il soit, du néoplasme.
Le chapitre qui traitera de la reconnaissance de l’étendue du mal sera développé plus longuement; c’est d’après cette étendue, en effet, que devra être adoptée telle ! ou telle ligne de conduite, c’est aussi en considération de l’extension du néoplasme à tel ou tel organe voisin qu’ont été écrites les publications les plus récentes, et les communications des derniers congrès. Cette étude de l’étendue du néoplasme à toute la mamelle et aux parties voisines, mérite donc une très grande attention.
Nous aurons à diviser les degrés de cet envahissement en un certain nombre de zones morbides dont la
délimitation précise sera indispensable à connaître pour ladiscussion de l’intervention ou de la non-intervention.
Puis, dans la deuxième partie , en considération de la nature du mal, de son étendue ainsi que de l’état constitutionnel, nous aurons à discuter et à résoudre la question de l’abstention ou de l’intervention.
Les conditions d’opportunité de l’intervention seront examinées également dans cette seconde partie, mais les règles opératoires seront réservées pour la fin de notre travail.
Dans la troisième partie par conséquent, qui ne sera ni la moins longue, ni la moins importante, nous décrirons les divers modes d’intervention applicables aux divers cas, et principalement l’oxérèse à l’instrument tranchant dont quelques points particuliers doivent être mis en lumière.
Gomme complément à notre programme opératoire, nous espérons démontrer l’excellence et la bénignité de la non-réunion et du pansement ouvert, comparés à la réunion immédiate et au pansement fermé, dont les résultats, s’ils sont dans quelques cas plus brillants, sont à coup sûr moins généralement satisfaisants, au double point de vue de la sécurité dans le présent et de la sécurité dans l’avenir.
En terminant, nous dirons un mot de la poursuite des récidives locales et nous aurons aussi à traiter de cette intéressante question des opérations palliatives; cellesci, chez certaines malades affectées de douleurs intolérables ou tourmentées par un écoulement ichoreux abondant, trouvent quelquefois leur indication.
M. Verneuil les préconise alors, de même qu’il conseille l’extirpation partielle des cancers étendus du col utérin, dans le but d’apporter un peu de ce soulagement passager, qu’il est du devoir du médecin de procurera son malade, à défaut de résultat plus satisfaisant.
En résumé ce travail comprendra trois parties principales, divisées elles- mêmes en un certain nombre de chapitres, et nous pouvons en donner le schéma suivant :
De la nature de la tumeur. De l’étendue du mal.
De l’état constitutionnel.
Abstention.
Intervention.
Choix du procédé.
Opérations. Pansements.
Poursuite des récidives.
Opérations palliatives.
On le voit donc, cette thèse se résume en une série de préceptes pratiques entre lesquels il restera peu de place pour les conceptions théoriques diverses qui ont été si nombreuses au sujet de la nature des tumeurs de la glande mammaire. L exposé de ces discussions ne serait pas à sa place ici et ne ferait que disséminer l’attention qui doit être concentrée uniquement sur le côté
opératoire et thérapeutique qui forme l’objet de ce travail.
Nous avons voulu seulement exposer les principes opératoires auxquels notre maître se conforme actuellement et qu il a coutume de vulgariser dans son ensei-