‹ Du Traitement De L'Obésité et De La PolysarcieChapitre 8 sur 8 · ONE · texte numérisé non relu

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à partir de la région épigastrique ; amas graisseux autour du bassin, les cuisses gênent la marche par leur volume.

Les muscles ne manquent pas d'énergie, mais il ne peut courir, ni même accélérer le pas sans fatigue.

Les facultés intellectuelles sont conservées, toutefois il ne saurait se livrer à un travail suivi, ni prolonger une lecture sans être arrêté par une lourdeur de tête. Il lutte péniblement contre un état continuel de somnolenceet s'endort en causant aprés les repas.

Le sommeil est prolongé, néanmoins peu réparateur, accompagné de cauchemars; en effet, à ce moment la respition est laborieuse, la face est congestionnée. La respiration est libre en apparence et s’embarrasse sous l'influence du moindre effort.

Pouls peu développé, régulier, 12.

Battements cardiaques normaux,un peu sourds; appétit bon, digestion prompte, selles faciles, grande tendance à la transpiration, surtout la nuit.

X... part donc pour Marienbad, où il arrive le 20 juillet. Dès le lendemain, il commence le traitement suivant, sous la direction du D' Schirdler :

Lever le matin à six heures.

De six heures et demie à sept heures, trois verres d’eau de la source du Kreuzbrunn. Chaque verre contient 180 grammes. Au bout de trois semaines, on ajoutait dans le dernier verre une demi-cuillerée à café de sel extrait de la source.

De sept heures et demie à huit heures, premier déjeuner; deux œufs à la coque, une tasse de thé et une petite flûte de pain.

Sous l'influence de l’eau, il se produisait dans la matinée

deux selles molles.

De neuf heures à dix heures. Bain de vapeur, dans les trois premières semaines, un tous les deux jours ; après, un tous les jours.

Ce bain était donné de la façon suivante : Après la suda-

tion établie, première friction avec un gant, puis douche

d’eau froide,

note

Seconde sudation, friction avec une brosse, douche, Troisième sudation, excitation de la peau par des flagellations, avec un balai fait avec des petites branches de peuplier garnies de leurs feuilles, puis, dernière douche d’eau froide.

Après la sortie du bain, friction avec du vinaigre de pointes de pin.

- Promenade après le bain.

À onze heures, second déjeüner composé de deux plais de viande ou poisson, un légume, une compote sans sucre. Ces aliments étaient choisis dans ceux que nous avons énumérés déjà dans le traitement de l’obésité. Comme vin, une demi-bouteille et deux petites flûtes de pain. De midi à six heures, séjour constant dans la forêt qui entoure la ville, marche la plus longue possible, sans toutefois arriver à la fatigue.

A six heures, diner, un plat de viande froide, une compote, une demi-bouteille de vin et une flüte, Après le diner promenade.

A huit heures, massage au savon.

Vers huit heures et demie, coucher. A ce moment, applications de compresses froides sur le ventre.

En même temps, matin et soir, cinq pilules, dites de réduction, composés par le D' Schindler, et à base alcaline. Ce traitement fut très-bien supporté et dura six semaines. Au début, X.. marchait très-difficilement; peu à peu, sous l'influence de la diminution de poids, l'exercice devint plus facile, le besoin de sommeil existait encore, mais beaucoup diminué. La soif qui était excessive avant le traitement diminua aussi. Entre les repas, lorsqu'elle était trop vive, elle était calmée par de la limonade.

Pendant ce temps, X... avait perdu l'habitude de boire de la bière, de manger du potage, du pain, et s’était trèsbien habitué à son nouveau régime, 11 avait perdu 35 livres de son poids, qui se sont répartis de la façon suivante, pen- . dant les six semaines de son séjour aux eaux :

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Au mois de septembre, à son retour à Paris, X... se repose pendant quinze jours, se contentant de prendre le plus possible d'exercice et de suivre le traitement hygiénique de l'obésité.

Au milieu de septembre, il fait chez lui avec de l’eau de Marienbad, une cure de quinze jours, identique à celle qu’il a faite aux eaux. Il continue à maigrir et les courses à pied lui deviennent agréables.

Au mois d'octobre, suivant l'indication de son médecin, X... va à Fontainebleau suivre une cure de raisin. Cette cure consistait à manger le matin à jeun 2 livres de raisins cueillis à la treille et à marcher le plus possible. La somnolence a complètement disparu et la marche est très-facile.

Une indication qui est très-importante pendant la cure de Marienbad ou celle de raisin, c’est de ne manger aucun légume, ni aucun fruit cru, car cela pourrait amener des diarrhées. |

Au mois de novembre, il va voir le Dr Labat, qui résume ainsi, dans l'observation dont nous avons déjà parlé, l'état dans lequel il trouve X.. :

« Poids, 257 livres ; circonférence, 1,929.

« La diminution de la graisse a principalement porté sur le cou, la face, les hanches et le bas-ventre. L'aspect et l’expression du visage sont complètement changés.

« La somnolence a fait place au sommeil régulier de la nuit. Il peut lire, se livrer à un travail suivi Il fait des courses de plusieurs heures. La respiration est devenue plus facile, plus de transpirations énervantes.

« Bref, il s’est opéré chez X... une véritable transformation, il sent un bien-être, un entrain qu'il ne connaissait plus depuis plusieurs années. »

réf

Aïnsi done, à ce moment, X... avait maigri, du 20 juillet au mois de novembre, de 54 livres, et sa santé, au lieu d’en souffrir, s'était raffermie.

En 1870, X... ne fit que suivre le traitement hygiénique, mais d’une façon très-sévère, sans jamais s’en écarter. Sous cette influence, l'obésité allait constamment en diminuant, et à l’époque de son départ pour Marienbad en juin, il avait encore perdu 40 livres. Cette seconde cure lui avait été conseillé par le D' Schindler, comme complément de la première. Elle devait durer un mois,

La déclaration de guerre avec la Prusse le força à rentrer en France, au bout de trois semaines. Pendant ce temps, il avait encore perdu 10 livres.

Pendant le siége de Paris, X..., mangea, comme tout le monde, ce qu’il pouvait se procurer, il ne put donc continuer son traitement hygiénique. Malgré cela, il continua à maigrir.

En 1873, X..., eut un ictère à la suite d'embarras gastrique, qui fut traitée par le bicarbonate de soude, à la dose de 8 grammes par jour, et des bains alcalins prolongés, Sous l'influence de la maladie ou de la médication, il y eut une diminution de 8 livres.

Enfin, depuis le siége de Paris, X.. a pu reprendre ses occupations, il a touiours diminué de poids. Aujourd’hui, il pèse 180 livres, sa santé est excellente, il s’est accoutumé à vivre.selon les préceptes indiqués dans le traitement par l'hygiène, et sans être maigre, il n'a plus un embonpoint qui attire l’attention.

Ogservarion Ÿ (extraite du traitement de l'obésité, par Schindler).

« M. de J. Valaque, me consulta, en juin 1869, au sujet de son embonpoint rapidement progressif. C'était un homme de 24 ans, ayant à pieds 2 pouces, pesant environ 298 livres. Il digérait bien, mangeait avec une certaine voracité, son mal venait d’une trop grande inclination pour la bonne chère, de l’abus des bières fortes, des liqueurs, des vins doux, de l’absence d’exercice actif, car il passait la journée

étendu dans sa berline, son ventre avait une circonférence de 1",42, ses cuisses 80 cent, il marchait avec peine, manquait d’haleine, était sujet à de fréquentes céphalalgies, à des étourdissements, à une somnolence continuelle. Sa constitution était lymphatique, sa face pâle et bouffe, les battements de cœur et du pouls faibles et lents. IL avait déjà consulté plusieurs médecins et suivi un traitement hydrothérapique sans résultat durable: Je lui.prescrivis une diète rigoureuse, de l'exercice, des frictions à froid. Trois fois la semaine, des bains de vapeur, le.ferdinan brunnen et le carolinenbrunnen, deux doses de mes pilules alcalines,

« Après une cure de six semaines, il avait perdu 60 livres sans qu'il s’en trouvât plus mal. J'ai appris, plus tard, qu'il avait continué le régime à domicile, et qu'il ne pesait plus que 202 livres. »

Nous avons appris, depuis que cette observation a été publiée, que le sujet qui en est objet, ayant été moins courageux et moins tenace que X..., a repris ses anciennes habitudes et qu'il a succombé à sa maladie.

TRAÎTEMENT DE LA POLYSARCIE.

Examinons, en détail, le traitement indiqué dans l’observation IV,

En dehors du régime hygiénique, qui est le même que celui de l’obésité, nous trouvons d’abord l’action spéciale des eaux de Marienbad,

Voici la composition de la source du Kreuzbrunn :

1000 grammes contiennent :

SENTE Sulfate de soude, ...,..,.,,. Agr.9531 pulfaté dé potassé:. , 5,51... 0 0522 Chlorure de sodium...,...... 1er Bicarbonate de soude......., 1210029 Id. dé lithines:."nn 0 00:4 TA RO RAR A eee Lu OL 7481 Id. destrontiane .... O 0010 Id. de magnésie..... 0 6612 Id. d’oxydule de fer., O0 0484 Id. d’oxydule de man- SALOSER Nas 5% e 0 0043 Phosphate basique d’alumine. 0 0049 Id. neutre de chaux... 0 0018 RCE en tas trees 2: O1 ÜS20 Bromure et chlorure. ......, Traces.

Matières extractives. .,.., .. O0 0079

Total senc... - 1050497

Total des matières fixes.

Gaz acide carbonique libre,

Le sel qui prédomine dans ces eaux est le sulfate de soude qui y est contenu à la dose de # gr. par litre.

Trousseau et Pidoux, dans leur thérapeutique, s'expriment ainsi sur ce médicament:

. « L'action purgative du sulfate de soude est très-rapide. Il est assez ordinaire qu’elle se mani- feste au bout de trois ou quatre heures. Les éva- cuaticns alvines sont séro-bilieuses, se succèdent avec rapidité et cessentordinairement douze heures au plus après l’administralion du remède. Le peu de durée de la modification org'anique, imprimée aux sécrétions intestinales et à la membrane mu-

cr SORA queuse digestive, par le sel de Glauber, est d'une grande importance thérapeutique.

«Le sulfate de soude, si longtemps qu'il soit administré, ne cause pas d'irritalion gastro-intestinale, si ce n’est dans des circonstances fort rares. Cette propriété précieuse permet d’en continuer l'emploi pendant plusieurs mois, sans que la santé en souffre. » cul Rs

D'un autre côté, voici ce que dit Rabuteau dans sa thérapeutique au sujet de ce médicament :

« D’après des recherches qui sont à peine ébauchées, mais dont un résultat important est déjà arquis à la science, savoir l’élévation de la température animale à la suite d'injection de sulfate de soude dans le sang; ce composé salin aurait la propriété d'augmenter la production de lurée et de l’acide carbonique. Déjà Seegen, de Vienne, cité par Schindler, avait conclu que le sulfate de soude activait l'oxydation de la graisse, mais en s'appuyant sans doute uniquement sur des résultats pratiques, au lieu de s'appuyer sur des expériences physiologiques. En effet, d’après Seegen, le sulfate de soude modérerait la transformation des matériaux azotés, ce qui est en opposition avec ce fait général que toute substance qui augmente la production de l'acide carbonique, augmente également celle de l’urée et réciproquement, »

D’après ce qui précède, nous voyons que le sulfate de soude peut être employé pendant un temps très-long sans inconvénient, Par son action pur-

eg Qu

galive, 1l diminue la congesüon cérébrale, puis il

favorise l'oxydation de la graisse. C’est donc un médicament précieux dans le traitement de la polysarcie.

Le sulfate de potasse existe en petite quantité, son action purgative s'ajoute à celle du sulfate de soude.

Le chlorure de sodium se trouve en quantité de 1 gr. 7 par litre. Nous savons que ce sel active les combustions. Rabuteau, en faisant en 1869 des expériences sur lui-même, a constaté une augméntation de 20 p. 100 dans la quantité d'urée éliminée chaque jour, lorsqu'il ajoutait à ses aliments ordinaires 10 grammes de sel marin.

M. Foubert, dans une brochure déjà citée, a institué un traitement avec l’eau de mer à l’intérieur et en bains chauds.

Voici comment il en explique l’action :

« L'effet purgatif n’est pas nécessaire. L'eau de mer paraît modifier les fonctions physiologiques et imprimer aux organes une activité nouvelle. Les sels introduits dans le sang et les liquides de Péconomie, doivent activer les combustions des éléments destinés à être détruits par la combustion respiratoire. La respiration est plus ample, le sang étant mis ainsi plus largement en contact avec l'oxygène de l'air, et, d'autre part, la sécrétion urinaire étant plus abondante, une quantité plus grande de matériaux comburés se trouve en-

traînée au dehors. »

Philbert, a

Tes

Benenke, qui aux eaux de Nauheim (chlorurées sodiques), a institué un traitement antiobésique, s'exprime ainsi :

« Le bain d’eau salifère accélère la métamorphose organique et la sécrétion rénale. L’urée, les phosphates, les sulfates, se trouvent en très-grande quantité dans les urines, l’acide urique et les chlorures au contraire diminués. »

À la suite de ces considérations, M. Foubert cite des malades ayant perdu en un mois 3 kilos de leur poids. Cette diminution est peu considérable, et cette médication serait insuffisante contre la polysarcie. Mais son action, s’ajoutant à celle du sulfate de soude, augmente l’action de l’eau de Marienbad.

Le bicarbonate de soude existe à peu près dans les mêmes proportions que le chlorure de sodium.

D'après Rabuteau, les carbonates alcalins administrés à de faibles doses, se transforment en chlorures dans l'estomac au contact de l’acide chlorydrique du suc gastrique. Ainsi, le bicarbonate de soude devient du chlorure de sodium. Son action alors viendrait s'ajouter à la précédente.

Nous n'examinerons pas en détail les autres substances qui existent en petites quantités.

Nous ferons remarquer que l’acide carbonique ne figure que pour 1 gramme par litre; c’est un avantage, car nous avons dit qu'il était contreindiqué dans le traitement de l'obésité.

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Pour résumer ce qui précède, nous voyons que l'eau de Marienbad contient comme principes acüfs principaux : Le sulfate de soude, le chlorure de sodium et le bicarbonate de soude, Ces trois médicaments, ainsi que nous l’avons dit, favori-

sent l'élimination de la graisse, Il serait à désirer

qu'en France on trouvâl une source minéralisée

dans les mêmes conditions.

Les bains de vapeur, les frictions, le massage sont d'un grand secours pour cette médication. La graisse, étant malaxée, se détruit beaucoup plus facilement. Toutefois, certaines personnes ne peuvent pas les supporter. On pourrait les remplacer

par des sudations dans des couvertures ou dans

une boîte, qui permettrait d’avoir la tête dehors. Nous ignorons la composition des pilules de réduction du D Schindler, nous savons seulement qu’elles sont à base alcaline. Le séjour à la campagne, au milieu d’une forêt, est aussi un des adjuvants du traitement, mais

ceci peut se rencontrer ailleurs.

Nous croyons que, sans aller chercher bien loin la guérison, on pourrait instituer chez soi le traitement, en remplaçant l’eau de Marienbad par une dose de 5 grammes de sulfate de soude prise le matin.

Le reste du traitement serait facile à faire, La plus grande difficulté réside dans la volonté, car le malade aura de la peine à s’y soumettre.

Nous avons déjà conseillé à plusieurs per-

sonnes ce dernier moyen, et il a parfaitement réussi.

Au moment où nous finissions ce court travail, où nous n'avons fait qu'ébaucher un sujet sur lequel nous nous réservons de faire des études spéciales, nous trouvons dans le Journal de thérapeulique les réflexions suivantes de M. le professeur Gubler, sur le traitement hydriatique de l'obésité.

« Depuis longtemps déjà, quelques: stations thermales étrangères sont en possession de la clientèle nombreuse des sujets obèses, polysareiques : clientèle nombreuse et riche, dont il serait désirable que le courant püût être détourné vers les eaux françaises. La cure de réduction ou d’émaciation se pratique à Dryburg, à Ems, à Kissingen, en Allemagne, et principalement à Marienbad, en Bohême.

« L'action altérante et purgative de ces eaux minérales est favorisée par une alimentation insuffisante, un exercice forcé et une sudation exagérée. Rien ne serait plus facile que d'obtenir les mêmes succès par de semblables moyens auprès d'un certain nombre de nos stations hydro-minérales pourvues d'eaux laxatives ou purgatives. Par exemple, à Brides, à Miers, à Santenay, ou à Vacqueyras-Montmirail, ou bien encore autour du massif du Mont-Dore, à Châtel-Gayon, Saint- Maurice, Saint-Myon, Médague, Rouzat et Saint- Nectaire. Plusieurs de ces stations, situées dans

un pays agréable et pittoresque, offrent des élablissements bien organisés et une installation déjà suffisante. »

Nous nous associons complètement aux considérations de M. Gubler, nous réservant toutefois au sujet de l'alimentation insuffisante, que nous Jugeons plutôt funeste qu'utile dans le traitement. Nous espérons, dans les sources qu'il a énumérées, trouver l’analogue de celle de Marienbad, qui présente, au point de vue de l'obésité, des indications si précieuses.

Le temps ne nous permet pas aujourd'hui de faire cette étude, nous nous réservons de l’entreprendre plus tard, et nous espérons réaliser le vœu émis par M. le professeur Gubler.

= = Ce = A. Paowrr, tuprimeur de la Faculté de Médecine, rue Mr-le Prince, 5!

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