‹ Du Traitement de la Péritonite appendiculaire « Péritoine fermé, paroi ouverte »Chapitre 40 sur 44 · VIIL. — TRAITEMENT POST-OPERATOIRE · texte numérisé non relu

VIIL. — TRAITEMENT POST-OPERATOIRE

La mèche, fortement teintée de rouge le premier jour, n’est pas touchée pendant 48 heures. Le troisième jour, lorsque le malade est en bonne voie — (absence de fièvre, ventre non ballonné, émission des premiers gaz) __ Ja mèche est mobilisée au cours d’un premier panse-

ment. Les bords de la plaie sont nettoyés à l’éther et les bandes adhésives sont replacées comme précédemment. : Le cinquième ou le sixième jour, la mèche est enlevée. Elle vient facilement, en général. Dans l’espace qu’elle occupait, on verse du mercurochrome à 2 pour cent, puis, un très petit bout de mèche qui n’occupe que le centre de la plaie. De part et d’autre, les bords sont rapprochés et mis au contact avec les doigts et fixés par deux adhésifs.

Le huitième jour, le petit fragment de mèche est luimême définitivement supprimé et après attouchement au mercurochrome, les lèvres de la plaie sont étroitement rapprochées par un adhésif, qui, comme les précédents, prend directement point d’appui sur elles.

Il pourra paraître étonnant et peu aseptique d’appliquer ainsi sur des surfaces eruentées un matériel de . pansement non stérilisé. [L’expérience prouve que l’adhésif ainsi placé, n’entraine aucun inconvément. TI présente au contraire, des avantages incontestables.

1° L’adhésif assure si exactement la coaptation -des

lèvres de la plaie, que celles-ci se réunissent comme

par première intention, et la cicatrice obtenue est, à ses

deux extrémités surtout, quasi linéaire.

2° L’adhésif empêche le tissu de granulation, qui au centre, là où se trouvait la mèche, comble rapidement la perte de substance, de devenir exubérant ; il le maintient au-dessous des bords cutanés qu’il rapproche, de sorte que l’épidermisation par le glissement de l’épithélium marginal se fait sans difficulté et rapidement.

Dans ces conditions, la cicatrisation est habituellement obtenue vers le douzième jour et au plus tard le vingtième, |

dès We

La cicatrice obtenue est particulièrement esthétique

et plus satisfaisants, en particulier, que celle d’une

plaie qui, primitivement suturée, a dû être partiellement désunie à la suite d’un hématome.

Le fait essentiel est d’autre part, que la paroi ainsi réparée, après être demeurée ouverte, est, grâce à un processus cicatriciel rétractile, remarquablement solide. Nous n’avons observé aucune éventration, alors que, comme on sait, l’éventration est presque la règle après les appendicites largement drainées par les techniques habituelles. 6

Cette absence de déhiscence pariétale nous parait s’expliquer par trois raisons principales :

1° La fermeture du péritoine a isolé les muscles et les espaces sous-aponévrotiques et sous-cutanés du foyer infectieux; la paroi inoculée au cours de l’opération, ne se réensemence plus.

2° Le pansement à plat de la paroi, en évitant l’infection, supprime les risques de sphacèle et en particulier, des lambeaux aponévrotiques ;.

3° L’action de coaptation des adhésifs directement appliqués sur la peau, se fait sentir sur les deux lambeaux de l’aponévrose du grand oblique, éléments les plus résistants de la paroi. Ils demeurent rapprochés et maintenus. En même temps, le corps charnu des muscles petit oblique et transverse, même si l’on a dû les sectionner par le travers, se rétractent très peu, surtout

- si, comme nous y avons insisté, leur section a été faite

très externe. Après incision de Mac BUuRNEY, avec dissociation, la réparation spontanée se fait de manière inébranlable, la tendance au rapprochement étant naturelle.

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