‹ Du traitement de la syphilis par le bismuth: Quelques Observations et Résumé de l'État actuel de la QuestionChapitre 5 sur 31 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le bismuth, jusqu'alors employé comme topique, soit dans les affections gastro-intestinales, soit pour le pansement des plaies, des ulcères variqueux, des brûlures, ete. acquiert depuis quelques années de nouvelles propriétés thérapeutiques comme agent parasiticide, dans la syphilis en particulier.

Comment fut-on conduit à l’emploi du bismuth dans le traitement de la syphilis?

Cette idée relativement récente doit être attribuée, semble-til, à M. Balzer, qui entreprit, en 1889, sur le chien, des expériences concernant la mesure de la toxicité du bismuth dans le but d’administrer ensuite ce corps aux syphilitiques de Lourcine.

Les accidents graves survenus au cours de ses essais firent douter cet auteur de la possibilité de l’emploi du bismuth chez l’homme comme traitement antisyphilitique ; 1l renonça à la poursuite de ses recherches dans cette voie.

Mais cette question, abandonnée depuis lors, fut reprise, en 1914, par Sauton.

Cet auteur étudia l’action du bismuth, d’abord sur le bacille de Koch, ensuite, avec la collaboration de M. Robert, sur quelques parasites des animaux: spirillose des poules (spirochæta gallinarum), trypanosomiase du sobaye,

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Pour le bacille de Koch, Sauton constata qu’à très petite dose, 1/150.000°, le bismuth empêchait toute culture du bacille, qu’il en arrêtait même le développement avancé.

Pour la spirillose des poules (spirochæta gallinarum), le bismut fut inactif à vitro, alors qu’ix vivo il donna des résultats intéressants aux points de vue préventif et curatif.

Dans la trypanosomiase du cobaye, les mêmes auteurs ont annoncé des résultats encourageants.

À la suite des succès de leurs expériences, Robert et Sauton se proposaient de faire de plus amples essais en abordant le domaine pathologique humain, en particulier dans la fièvre récurrente et la syphilis; mais la réalisation de cette idée fut interrompue par la guerre et la mort de l’un des auteurs.

Cette interruption, forcée par les circonstances, ne fut qu’un relais, car, en 1921, MM. Sazerac et Levaditi, comprenant la valeur des résultats obtenus par Robert et Sauton continuèrent leur œuvre.

Leurs expériences eurent pour objet: une affection à trypanosomc du cobaye, le nagana, la spirillose spontanée du lapin (epirochæta cuniculi) et la syphilis expérimentale du même animal.

Dans le nagana, maladie se déclarant six à sept jours après l’inoculation et déterminant la mort dans un laps de temps de quinze à trente jours, MM. Sazerac et Levaditi obtinrent par injections de tartrobismuthate de K et Na à raison de 0 gr 06 à O0 fr. 10 par kilogr. de poids une dis:parition des trypanosomes en quarante-huit heures et même au bout de vingt-quatre heures.

Sans arriver à une guérison définitive ils parvenaient à faire vivre les sujets malades et traités quatre-vingt jours,

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alors que les témoins ne résistaient que vingt-cinq jours environ. Lo} |

Sur la spirillose spontanée du lapin (spirochæta cuniculh) l’action du bismuth fut encore plus efficace.

Par injections de 0 gr. 10 de tartrobismuthate de K et Na, les mêmes auteurs obtinrent la disparition des spirochètes en trois jours, la guérison complète et définitive.

Dans la syphilis expérimentale du lapin, les résultats attirèrent encore plus l’attention, parce que concernant une maladie de l’homme.

Par injection du virus dans la cornée, sur le testicule ou la peau du serotum, l’on peut déterminer, chez le lapin, une syphilis susceptible de généralisation, à condition que le virus soit très virulent,.

MM. Sazerac et Levaditi se servirent d’un! virus dermotrope ‘et d’un virus neurotrope. Avec le premier ils déterminèrent des nodules scerotaux très riches en tréponèmes. Après une première injection intra-musculaire-de 0 gr. 10 de tatrobismuthate de K et Na par kilogr. de poids il y eut disparition des tréponèmes et guérison des lésions dès le quatrième jour. Avec le virus neurotrope, mêmes résul. tats et pas de récidive après quatre mois.

Par d’autres modes d’administration du médicament, les résultats furent un peu différents:

1° En application sous forme de pommade:

Tartro-bismuthale de K et Na MÉÉONNTENNUSES RSR EIRE aa 30 gr.

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et sous forme de poudre de tartrobismuthate de K et Na, MM. Sazerac et Levaditi déterminèrent une guérison temporaire des lésions suivie de récidives;

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