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Le traitement conservateur de la tuberculose articulaire n’est pas uniforme. Il comprend les différents procédés d’immobilisation simple ou combinée à l’extension, la compression, mais il s’y est ajouté depuis un certain nombre d'années un nouvel élément; ce sont les injections intra-articulaires.
Ici, comme il arrive pour tout procédé nouveau, les expérimentateurs ont essayé maints produits, avec des chances diverses. Parmi ces produits, un surtout semble devenu d'un emploi prépondérant. C'est la glycérine iodoformée, à l’étude de laquelle nous nous proposons de consacrer ce travail.
Nous passerons rapidement sur l'historique de cette méthode, que de nombreux travaux ont déjà vulgarisée. Nous nous contenterons d’en rappeler les étapes principales (1).
Les premiers essais d'injections iodoformées dans les arthrites tuberculeuses sont dus à Mikulicz (1878) et à Marc Sée (1882), qui rapportent des cas de guérison obtenue par ce traitement. Après eux, d’autres expérimentateurs produisent de nouveaux faits à l'appui, mais jusqu'en 1889, il ne s’agit que de faits isolés, sur lesquels l'attention n'est pas encore suffisamment attirée.
A partir de 1889, cette méthode nouvelle fait l’objet de nombreux travaux surtout en Allemagne, où l’on discute sa valeur, son emploi, ses indications
(4) Voir pour plus amples détails les thèses de Pécmin, Paris, 4897: de Duzac, Paris, 1898; de Bois, Lyon, 4900.
en même temps que le choix de l’excipient qui doit servir de véhicule à l’iodoforme.
Les uns préfèrent l'huile (Bruns, Wendelstadt), les autres préconisent l’'éther (Dollinger).
F. Krause, de Berlin, et Treudelenburg (1) les premiers, tentent de mettre en faveur la glycérine iodoformée.
Jusqu'en 1892 paraît, tant en France qu'en Allemagne, une nouvelle série de monographies sur cette question. À cette date, Bergmann (Congrès des chir. allemands, 1892) publie une statistique provenant de sa clinique, démontrant que, depuis l’introduction de la méthode des injections iodoformées, le nombre des résections faites dans son service, qui était de 30 à 40 par an précédemment, est tombé progressivement à 11 par an.
En 1895, signalons une publication importante de Wicland (2), dans laquelle il rapporte 9 guérisons sur 9 cas d’arthrite traités par cette méthode, dans sa clinique des enfants malades de Bâle.
En France paraît en 1897 la thèse de Péchin, dans laquelle l'auteur expose les idées de Duplay. Il emploie un mucilage de glycérine iodoformée et fournit un certain nombre de cas de guérison.
En 1898, Dulac, élève de Calot, fait la critique, dans sathèseinaugurale,desdiversessubstances employées pour les injections intra-articulaires. Il préconise le naphtol camphré et l’éther iodoformé, en injections
(4) Berl. klin. Wochenschrift, 1889.
(2) Deutsche Zeitschrift für Chirurgie, 1895.
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combinées. Il y ajoute des considérations sur la mobilisation des tumeurs blanches, sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir.
En 1899 paraissent au même moment, en Allemagne, trois publications ; l’une est de Brigel (1) qui donne la statistique des malades traités dans la clinique de Bruns depuis 1894; les deux autres sont de Henle (2) qui publie les résultats de la clinique de Mikulicz.
Ces trois publications, les plus importantes, aussi bien en raison du nombre de malades observés, que par le soin avec lequel y sont étudiés les divers éléments de la méthode, ont pour une très large part contribué à sa vulgarisation. Nous aurons l’occasion d'y revenir en détail.
Outre divers articles et communications parus à la même époque, nous citerons l’importante thèse de Bois, (Lyon, 1900), publiée sous l'inspiration de M. Nové-Josserand, et dans laquelle la méthode est étudiée en détail, telle qu’elle est employée par ce chirurgien.
Enfin nous terminerons cet exposé en rappelant la communication récente faite au Congrès international de médecine de Madrid, avril 1903, par Hoffa, sur le traitement de la tuberculose articulaire chez les enfants, dans laquelle ce chirurgien expose ses idées personnelles sur la méthode des injections de
(1) Brice : Beitraege zur klmischen Chirurgie, t. XX, fasc. 1. (2) Hece : Beitraege zur klin. Chir., t. XX, fase. 2 et 3.