‹ Du Traitement des Calculs de l'Uretère: par les Méthodes EndoscopiquesChapitre 5 sur 32 · NIQUE · texte numérisé non relu

NIQUE

En plus des cas de M. le Professeur agrégé THÉVENOT, nous avons eu la bonne fortune de recueillir quelques observations inédites encore ou récentes dues à M. le D' BouLouneix, à M. le D' VERRIÈRE, à notre ami le D" Perte.

Après avoir étudié l'historique et quelques points plus particulièrement cystoscopiques de la symptomatologie de la lithiase urétérale, nous décrirons les moyens endoscopiques employés jusqu'ici, nous publierons ces observations et tâcherons enfin de préciser les indications opératoires.

Nous pouvons dès maintenant dire, sans empiéter sur ce dernier chapitre, que le procédé que nous allons étudier n’a pas la prétention de s'appliquer à tous les cas de lithiase urétérale. Mais, à côté de l’urétérolithotomie, nous croyons qu'il y place pour un procédé moins brillant, moins chirurgical, moins certain, mais aussi moins traumatisant, plus bénin, plus facilement accepté par le malade, qu'il peut souvent guérir « avec une facilité et une bénignité de moyens auprès desquels le traitement chirurgical semble hors de proportion » (MarroN et Herz- Boyer).

Nous n'envisagerons pas la lithiase urétérale fugace de la colique néphrétique banale : le calcul ne fait que traverser l’uretère, il n’y séjourne pas. Dans la majorité des cas, les moyens médicaux suffisent à atténuer la douleur, à modérer le spasme et à permettre ainsi une migration rapide.

Nous laisserons également de côté l’anurie calculeuse, bien que l’on trouve alors généralement, au moins d’un côté, un épisode urétéral. Si les dispositifs instrumen-

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taux que nous étudierons plus loin peuvent être utilisés pour son traitemênt endoscopique, nous pensons que son allure clinique, le temps qui presse, l’urémie aiguë qui menace, donnent une individualité propre au traitement de cette affection.

Nous nous occuperons seulement des calculs séjournant dans l’uretère, soit qu'ils soient latents et bien tolérés, soit qu'ils aient été méconnus, soit qu’au contraire ils s’accompagnent de sympômes bruyants, de crises en série de coliques néphrétiques, d’un véritable état de mal urétéral.

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Historique.

Le traitement des calculs de l’uretère par les voies naturelles ne remonte pas très loin, l’endoscopie elle-même étant une méthode récente. Il est cependant curieux de voir que, dès 1865, l’année même où DÉsoRMEAUXx, le père de l’endoscopie, publiait le premier traité important sur ce sujet, Simon de HEIDELBERG songeait à introduire des instruments dans l’uretère pour écarter les obstacles qui s’opposaient au passage de l’urine. Il aurait réussi en 1875, chez la femme, après large dilatation de l’urèthre, à guider une sonde dans l’uretère. MERKLEN, à la thèse de qui nous empruntons ce renseignement, ne nous dit pas s’il obtint ainsi l’expulsion d’un calcul. Ce procédé, extrêmement délicat et difficile à mettre en œuvre, fut naturellement abandonné.

Les cathétérismes urétéraux, réussis par BRENNER en 1887 avec le cystoscope de Nirze, modifié par lui et par Gruwrezr, de Vienne, en 1881, avec un endoscope à lumière externe, ne paraissent pas avoir été faits en vue * d’un traitement de la lithiase. Les modifications instru-

mentales de Casper et de Borsseau pu RocHer ne vulga-

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risèrent pas non plus une intervention qui restait exceptionnelle, et il fallut l’heureuse création de l’onglet d’Az- BARRAN en 1897 pour permettre de généraliser la si précieuse méthode qu'est le cathétérisme urétéral avec le cystoscope à prisme.

Dès qu'il fut en possession d’une technique sûre, ALBARRAN songea à utiliser la sonde urétérale pour le traitement de la lithiase. En 1898, dans le VII° tome du Traité de Chirurgie de Le Dexru et DELBET, il envisage très nettement ce procédé thérapeutique, en conseille l’emploi dans les cas d’anurie calculeuse, mais ne donne aucune observation. ;

Une tentative de Rari et VERRIÈRE en 1901 (Société des Sciences médicales de Lyon, 23 mai 1901) n’est pas heureuse. Le calcul, coincé entre le méat urétéro-vésical rétréci et une sténose sus-jacente, ne peut être ainsi dégagé.

La même année, RowsixG (in Monatschrift für Urologie) publie le cas d’un calcul expulsé peu après un cathétérisme explorateur. Citons aussi Cimio, de Palerme, qui publie, en 1903, la premi.ère observation heureuse d’expulsion volontairement provoquée.

Pendant les années suivantes, les essais de traitement de la lithiase urétérale faits délibérément se multiplient. On trouve relatés un assez grand nombre de succès dans les comptes rendus des Congrès et des Sociétés savantes. L'anurie calculeuse est souvent l’occasion de ces traitements. On trouve également signalées des expulsions imprévues de calculs après de simples cathétérismes explorateurs. À côté de ces cas heureux, il dut bien y

avoir des tentatives infructueuses, un grand nombre

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même, mais le succès était alors considéré comme si exceptionnel, qu'on ne publiait pas les échecs.

Au Congrès français d’urologie, en 1908, ALBARRAN, Desnos, ErzBiscnorr, Luys, PASTEAU, IMBERT publient plusieurs cas. Le [* Congrès International d’Urologie de Rome, également en 1908, où la question de l’anurie calculeuse est à l’ordre du jour, attire également l’attention sur ce mode de traitement.

En 1909, date importante dans l’histoire de la lithiase urétérale, JEANBRAU présente au Congrès Français un magistral rapport. Sur 239 observations soigneusement colligées, il signale 23 cas d’expulsions provoquées, dont 18 en dehors de crises d’anurie calculeuse. Il indique précisément les méthodes suivies, les instruments employés, la technique opératoire de chacun des auteurs. Il précise surtout l’anatomie pathologique de l’uretère calculeux, insistant notamment sur la fréquence de la sclérose, sur l'existence de sténoses, de niches à parois souvent très minces, dans les cas de calculs anciennement enclavés, sur la précocité de l’altération du rein sus-jacent et sur la bénignité très grande de l’intervention chirurgicale.

Vers la même époque paraissent des thèses importantes : celles de Pappa (1908), celle de Error (1910), plus tard celle d’ArisroteLes (1915), concernant plus spéciament l’anurie calculeuse.

Les travaux se multiplient alors. Herrz-Boyer notamment revient à plusieurs reprises sur cette question et apporte de nouveaux cas. Signalons au passage l’article d'André en 1920 (in Journal d’Urologie), rapportant huit cas, les comptes rendus de notre ami Pnerrp aux Sociétés

lyonnaises, enfin, après l’article de notre maître le

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