CHAPITRE VI CRITIQUE DE LA MÉTHODE
Devons-nous préconiser le mélange de Mosetig toutes les fois que nous nous trouvons en présence d’une cavité osseuse. Evidemment non. Et nous ne citerons tout d'abord à titre de contre-indication que les cas d’ostéomyélite aiguë. Les phénomènes inflammatoires peuvent, en effet, augmenter d'intensité, le plombage ne pouvoir être supporté, et il pourra être éliminé à la suite d’une suppuration surajoutée.
Ce n'est pas cependant l'avis de Mosetig qui, lui, intervient même dans le cas d’ostéomyélite aiguë. Bérard et Thévenot déconseillent l'intervention en pareil cas.
Les contre-indications les plus sérieuses viendraient peut-être de la fistulisation possible du foyer osseux ; mais nous ne pensons pas que ce soit là un argument bien décisif et nous sommes même persuadé que les méthodes de ponctions suivies d’injections modificatrices (Calot) exposent davantage à cette complication.
Dans le cas où le mélange s’élimine les premiers Jours mêmes qui suivent l’opération, on se trouverait dans des conditions bien plus fâcheuses qu'avant l'intervention et on préparerait un échec de toute autre méthode curative.
Lucas-Championnière, en ce qui concerne l’ostéo-myélite, pense qu'on ne peut obtenir rien de mieux que ce qu'on obtient depuis trente ans avec les évidements les plus larges.
Pour Broca, la meilleure méthode de guérison pour les séquestrotomies d'ostéomyélites, c'est la méthode d'Ollier, consistant dans l’'aplanissement de l’os avec plus ou moins de mobilisation ostéo-plastique ; mais cependant il ne rejette pas complètement la méthode de Mosetig. Dans les tumeurs blanches fistuleuses, la cavité osseuse n'est pas tout ; l'importance des lésions de parties molles est grande; les observations des plombages des articulations ne sont pas encore assez nombreuses pour que l'on puisse avoir à ce sujet une idée bien arrêtée. Broca doute, contrairement à Codet-Boisse qui prétend avoir guéri une tumeur blanche avec fongosités périarticulaires en quinze jours, qu'une guérison de ce genre puisse se réaliser. Il y aurait eu d’après lui erreur de diagnostic.
Kirmisson paraîl avoir donné la note juste. Pour lui la méthode de Mosetig est d’une innocuité absolue ; il n'y a aucune crainte d'intoxication à avoir. La réunion par première intention est plus rare que ne le dit Mosetig. Le plus souvent il se produit un suintement léger, la désunion de la plaie, une élimination partielle du mastic, mais la guérison est rapide. C'est en réalité une très bonne pratique qui mérite d'être suivie et étudiée.
Le plombage iodoformé ne demeure que provisoirement dans la cavité. Il est repoussé ou résorbé par le nouveau