CAR
gravité que l'on s’est plu à signaler et MM. Debove et Chauffard l’ont si bien compris que répondant au reproche adressé par M. Rendu au bleu ils ont attribué les troubles constatés à l'impureté du médicament employé.
Le seul reproche qu’on peut faire au bleu du méthylène est la coloration bleuâtre qu’il communique aux urines. Mais elle peut d’une certaine façon exercer une salutaire influence ce que M. Constantin Paul exprime d’une manière très heureuse en disant : « Nous avons à mon avis dans cet emploi absolument inoffensif du bleu de méthylène un procédé très pratique pour s’assurer si les malades prennentles médicaments qui leur sont prescrits, ce qui est souvent très difficile à vérifier dans certains services comme à l'hôpital de Lourcine, dans les prisons, dans les services d’aliénés.
On peut également utiliser ce colorant au poiut de vue purement suggestif pour essayer de démontrer l’efficacité d’un traitement à certains névropathes qui se plaignent constamment de ce que les médicaments qu’on leur donne n’agissent pas sur eux. Enfin nous avons là un moyen de faire de l’expectation à l’insu du malade, dans le cas où lon préfère ne rien prescrire et où les malades réclament des médicaments trouvant qu'on ne s'occupe pas
assez d'eux, »
er |
POSOLOGIE
La posologie du bleu de méthylène n’est pas encore établie sur des règles fixes.
Cest ainsi que Ebrlich et Lippmam l’administrent à la dose de 0,50 centigr. par prises de 0,10 centigrammes.
Combemale conseille de ne pas dépasser la dose de 0,20 centigr. et Boinet et Trintignan n'hésitent pas à recommander 2 et même 3 grammes dans les accidents palustres graves. i
Chez les enfants, M. Moncorvo emploie des doses de 0,25 à 0,50 centigr. dans les vingt-quatre heures suivant l’âge des malades. Il a même élevé dans certains cas ces doses en raison de l’opiniâtreté de la malaria, de sorte qu’il semble résulter de ces expériences que nous devons plutôt nous guider par les conditions morbides que par l’âge du sujet.
Dans les cas où l’emploi d’autres médicaments a échoué et silinfection se montre résistante avec tendance à la chronicité il ne faut pas hésiter à élever les doses
‘sans craindre d’accidents fâcheux. La tolérance des malades pour ce médicament est quoiqu’on ait dit très marquée.
Dans les cas de fièvre bilieuse hémoglobinurique quinique il estde toute nécessité d’agir rapidement pour lutter
pour aiasi dire de vitesse avec l’infection. Aussi croyons-
nous que l’on doit rejeter l'emploi du bleu de méthylène par les voies gastriques, d’autant plus que les vomissements répétés quise produisent empêcheraientson absorption, et avoir recours aux injections hypoderniques de bleu de méthylène.
Voici comment on peut agir : si l'intensité de laccès pernicieux n'est pas très grande, si les symtpômes ne sont pas suffisamment caractérisés, si l'état général de l'organisme n’est pas affaibli et adynamique, si enfin l'intervention se fait dans le 1* ou 2e accès : on procède immédiatement à deux injections de bleu de méthy= lène à 0,02 centigr. chacune :
Quatre heures après la première intervention si les symptômes s’amendent on fait une seuleinjection de 0,02 centigr. Si au contraire l’état reste le même ou si les symptômes augmentent d'intensité par l'invasion d’un nouvel accès, on fait de nouveau deux injections simultanées de 0,02 chacun.
Quatre heures après la seconde intervention on agit de même en raison de la diminution ou de la persistance des symptômes et l’on continue le même traitement méthodique toutes les quatre heures qui suivent dans les 24 heures de la premièreintervention jusqu’à ce que tous les symptômes généraux communs et spéciaux des formes de cette fièvre pernicieuse cessent complètement.
Si dans ce laps de temps quelques-uns des symptômes subsistent encore l’on procède à une injection de 0.02 centigr. à intervalles de huit heures, s'ils disparaissent complètement l'injection de 0,02 centigr. de bleu se ré-
pète toutes les douze heures seulement, Si dans quarante
Al —
buit heures le malade est en en convalescence évidente, on peut alors employer le bleu de méthylène à l'intérieur à doses de 0, 50 centigr. matin et soir pendant quatre jours successifs. Puis lon diminue peu à peu jusqu’au 18° jour les prises du bleu que l’on fait accompagner d’un traitement tonique convenable, fer, arsénic, strychnine. La solution servant aux injections sous-cutanées de bleu doit être parfaitement limpide quoique d’une couleur très foncée ; elle ne doit contenir aucun précipité etle bleu doit y être entièrement dissous sans addition d’alcool. L’injection de bleu doit être faite de préférence à la fesse et profondément en plein muscle. On évite ainsi la formation des petits nodules d’induration qui se produiraient si l’injection était faite dans-le tissu cellulaire
soug-cutané.