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DEUXIÈME PARTIE

Dlalndicü.

La vie matérielle représente le sommeil du ciel, et la maladie le sommeil de la vie matérielle.

Ainsi se termine la nomenclature des plantes que nous avons étudiées, appliquées, et jugées bonnes à être enseignées. C’est très peu offrir à la science, mais c’est beaucoup offrir à ceux qui souffrent et qui attendent avec impatience. Si Dieu Je permet, nous agrandirons dans la suite ce petit traité des nouvelles éludes que nous aurons faites; mais envieux de mettre notre trésor à l’abri de tout accident, nous nous empressons de le confier à l’impression, comme à la meilleure des notes que puisse contenir notre portefeuille.

Nous ajouterons une observation essentielle, qui est de toujours rechercher, dans

Jes plantes indiquées, celles qui sont les plus fraîches; on sent toute la puissance de cette observation, qui n’a pas besoin d’être développée pour être comprise. Si le remède enseigné et employé ne jouit plus des propriétés qu’il a perdues par la vieillesse ou une altération frauduleuse, on n’obtient pas les résultats désirés; au contraire, on court la chance d’avoir un nouveau désordre à combattre, et l’on accuse le médecin, le lucide et le remède d’être imparfaits. Il y a une telle responsabilité de conscience à tenir de ces remèdes, que celui qui s’en acquitte honnêtement mérite une reconnaissance sans bornes de la part des malades, quoique en apparence il n’ait rempli qu’un devoir; mais un devoir rempli dans une société qui les méconnaît tous et qui ne vénère que l’égoïsme , il y a quelque mérite pour l’homme qui s’en acquitte : cet homme est un homme d’élite. L’habitant des campagnes est sous ce rapport plus heureux et mieux servi que l’habitant des villes, car il trouve à profusion à ses pieds, dans toute leur fraîcheur virginale, les plantes qui deviennent les hôtes indispensables du foyer domestique. A peine le printemps vient-il étendre sou manteau

vert sur la terre, sa bien-aimée compagne, que l’enfant du chaume commence ses pérégrinations champêtres et court dénicher la timide violette , dont le parfum au loin trahit la présence sous cette touffe de gazon. Cette bienfaisante fleur sera utile dans maintes circonstances où la nourriture variée et nouvelle qui pousse pourrait porter quelques troubles toxiques dans les intestins.

Plus loin , l’enfant trouve les bois garnis de primevères nommées coucous. Ses mains en tressent des couronnes dont il pare sa tête, sans se douter que cette fleur est applicable aux troubles de cet organe.

Au pied de ce peuplier, il cueille dans la prairie émaillée de toutes les richesses de la flore champêtre le muguet aussi blanc que les idées qu’il est appelé à calmer. 11 saute sur cette délicate pâquerette , qui , tout occupée de sucer les gouttelettes de rosée dont est chargée sa rouge collerette, ne se doute pas plus que l’enfant qui la cueille, quelle est appelée à une plus généreuse besogne, celle de calmer certaines douleurs nerveuses de l'estomac, des intestins et de la poitrine.

On le voit danser sur ce chiendent touffu

dont les filaments blancs sont si utiles aux feux des voies urinaires. Le chien qui le suit trouve dans ces beaux cheveux verts un remède assuré contre le feu qui le dévore et lui enlève l’appétit.

Plus loin , est un buisson bordé à' aubépine, si souveraine contre l’épilepsie; il en fait un bouquet monstre qui chargera la cheminée de son poids : c’est qu’il y a des épileptiques en tous lieux. Croyez-vous qu’il respectera ces bleuets si bien cachés dans ccs filaments d’or qu'on nomme blé? Oh!

non , ils sont aussi bleus que les cicux , que ses yeux; il ne les foulera pas à ses pieds; il en fera un beau bouquet qu’il apportera à sa petite sœur; sa grand’mère s’empressera de les serrer , car elle sait que leur eau distillée est nommée casse-lunettes : elle voudrait bien casser les siennes. Mais, à côté du bleuet , est l’ardent coquelicot , dont la couleur est la terreur de nos petites gens du jour. Oh 1 celui-là est trop nécessaire aux rhumes que vont nous ramener les enfants de Noël ; il faut le faire sécher jusqu’à ce qu’on ait besoin d’en faire une infusion.

Que fait le père de famille pendant que ses enfants herborisent par plaisir ? U pré-

pare sa moisson avec choix et calcul : aussi garnit-il les plates-bandes de son jardin de pas'd’ alouette , de petite sauge , de lis, roses , romarin, rue, baume , camomille, chicorée sauvage, cresson, fraisier, guimauve, mauve, laitue , lavande, mélilot, muguet, orpin, pavot, thym, verveine, coucous , etc., etc. Tout cela est mêlé sans ordre, mais tout y est : c’est généralement l’ornement des jardins champêtres. Les fossés qui les bordent sont pourvus de pariétaire et de mercuriale, jusqu aux murailles, auxquelles ces plantes s’attachent malgré elles. Au pied de la vigne qui décore la porte de sa demeure , pousse la délicate pervenche , dont les rameaux trop faibles implorent l’appui de cette protégée de Noé. Jusqu’au pied de son fumier, il récolte une multitude d’autres plantes qui , si elles osaient , entreraient dans sa maison pour mieux s’offrir à sa vue. La bonne femme du voisinage , qui a eu douze enfants et les a soignés avec leur concours, sait fort bien la propriété de chacune et en faire un juste emploi. Le médecin de la ville voisine ne passe qu’une fois la semaine par ces lieux pour soigner les cas les plus graves; tout le monde sen trouve bien. Mais dans les

grandes villes, il n’en est pas ainsi : plus on sait, pins on veut savoir; plus on souffre plus on veut souffrir; les cimetières en sont mieux approvisionnés et les ruisseaux plus gros de larmes.

Nous allons passer à la nomenclature naturelle et non scientifique des parties du corps affectées par certaines maladies, et des plantes que nous leur croyons utiles. Cette deuxième partie de notre ouvrage est conçue autant dans le but de faciliter la recherche des maladies auxquelles ces plantes sont applicables que de placer le plus avantageusement possible quelques pensées philosophiques et consolantes pour le malade. Nous ne donnons pas nos réflexions ni la classification des articles qui suivent comme quelque chose d heureux et bien conçu, mais comme quelque chose qui voudrait être heureusement exposé et bien compris.

Nous le répétons, notre intention n’est pas de disputer à la science médicale son mérite , mais d’être le plus utile possible , en exposant notre manière de voir et de juger des mystères de la vie d après notre ignorance scientifique.

MAUX Dlî TÊTE UE DIVERSES NATURES. 7 5

Sous cette dénomination vague il est difficile, à tout autre qu a celui qui souffre, de reconnaître la nature de son mal, qui peut scientifiquement meme ne pas avoir de nom. Un mal de tête peut n 'être qu’une sensation plus ou moins fugace ; nous conseillons de voir bardane, coquelicot , eau sédative, laituelis, noyer, rue.

Étourdissements provenant des spasmes de l’estomac et du système nerveux. Voy. moutarde, muguet, romarin , rue , ainsi que les articles Estomac , Intestins , Voies urinaires.

Migraine, délire , idées fixes. Voyez absinthe, coquelicot , eau sédative, moutarde, muguet , romarin , rue , puis articles Estomac, Intestins, Voies urinaires.

La tête, étant le récipient de toutes les distillations humorales matérielles et spirituelles de notre être , doit, par sa solidarité avec tous ses organes, être presque toujours esclave de leur état ; aussi est-il plus nécessaire de chercher et combattre le siège du mal , que de le calmer dans cet organe : la

tête n’est rarement malade en elle-même qu’à la suite de quelques accidents pour lesquels nous avons proposé quelques plantes ; les souffrances qu’on y ressent sont presque toujours occasionnées par le mauvais état de l’estomac, du cœur, du foie, de la rate et des intestins surtout. C’est pourquoi nous renvoyons aux articles qui traitent de ces organes.

Nous ne pensons pas n’offrir ici que le secours des plantes que nous avons citées , nous désirons conseiller le magnétisme humain comme le meilleur et le plus assuré remède que nous connaissions, pouvant guérir à lui seul toutes les maladies guérissables . C’est pourquoi nous l’avons presque toujours conseillé et employé avec succès dans nos expériences; indépendamment qu’il est la vie animale par excellence, il n’est pas moins la vie végétale et minérale : c’est la vie des vies , la santé des santés , X harmonie des harmonies.

Notre intention n’est pas ici de faire un traité de cette science , nous pensons nous adresser à des personnesquilaconnaissent, ou du moins qui en ont entendu parler; ce que nous en dirons sera suffisant à celles qui n’en

ont aucune notion pour en faire une application heureuse. Nous prions tous nos lecteurs qui voudront faire quelques études sérieuses sur ce sujet, déliré les savants auteurs qui en traitent, tels que Mesmer, Puységur, Deleuze , du Potet, Ghardel , Charpignon , Ricard , Gauthier (Aubin), Lafontaine, etc.

Ceux qui ne pourront lire que notre chétif Guide du magnétiseur y puiseront quelques notions primaires et indispensables à toute personne qui veut magnétiser.

Nous conseillons donc, dans les cas que nous venons de citer, si le siège du mal est dans la tête , de poser une main sur la douleur et l’autre main du côté opposé(ce qui crée deux pôles, qu’il est toujours bon d’établir dans toute magnétisation locale ou générale; cette observation se sent, et ne peut s’expliquer en quelques lignes : il est utile d’en agir ainsi; c’est pourquoi nous le recommandons en toutes circonstances). Lorsque les mains auront ainsi séjourné environ cinq minutes sur la tête, les descendre lentement vers les extrémités les plus rapprochées, qui sont les épaules, puis les éloigner, etsecouer les doigts, comme si quelque chose s y était attaché; recommencer une deuxième

et troisième apposition des mains, suivies des mêmes mouvements ; puis bien se les laver dans un vase d’eau acidulée de quelques gouttes de bon vinaigre , ou d’eau-de-vie camphrée. Nous recommandons cette précaution qui doit être inséparable de toute magnétisation.

Nous ne pouvons encore nous étendre à cet égard ; nous croyons cette précaution nécessaire, c’est notre conviction, et notre conscience nous force à donner ce conseil.

Ce ne sont jamais les longues magnétisations qui sont les meilleures, ce sont celles faites avec amour et Kenvie de soulager celui qui souffre. Cinq minutes en valent quinze , un bon désir en vaut mille : la mère qui met la main sur le ventre de son enfant pour calmer ses coliques, désire les apaiser par elle ne sait quoi ; sa main laisse écouler l’amour de son cœur sur la souffrance, le mal disparaît , l’enfant sourit , et la mère est satisfaite. Dans cet exemple, pris hors de toute science, au sein de l’instinct maternel et éternel est toute une médecine, un trésor inépuisable de santé et de bonheur; le tout est de le conserver aussi pur que Dieu le remet en nos mains, pour que ses eflets

soient bienfaisants : hors cela , c’est le côté opposé. Malheur à celui qui marche dans cette dernière route!

En magnétisme , il n’est pas exigible de n’apposer que les mains sur le siège des douleurs. On peut y apposer, à l’occasion, tout objet quelconque sur lequel on a déposé la même iutentiou de soulager. Tels que bonnet, mouchoir, étoffe de laine, de coton ou de soie. Ce sont des commissionnaires honnêtes qui portent fidèlement à domicile ce qu’on leur a confié. Cependant nous préférons les lainages , ou les papiers qui en sont composés, comme le papier gris non collé.

Le lit, le linge, tous les aliments, en général , reçoivent cette actiou bienfaisante et la rendent de même à celui auquel elle est adressée.

Cette observation est pour faciliter les personnes qui s’intéressent aux malades, de pouvoir le faire à leur insu par ces intermédiaires, ou si elles ne sont pas en état présentement de magnétiser, d’en user lorsqu’elles sont disposées à cet effet.

Sans nous laisser entraîner aux mille et une explications et recommandations qui seraient nécessaires dans un traité de ma-

maladies.

gnétisme, nous renvoyons aux auteurs précités; ce que nous conseillons, n’ayant pas besoin de plus de développement que celui que nous lui donnons.

Nous ferons seulement observer que, si sous cette action conseillée par nous, un état de sommeil, qu’on nomme somnambulisme, se déclarait, il faudrait avoir recours à des ouvrages plus explicites pour tirer parti de cet état, et pour la première fois demander au dormeur quand et comment faut-il le réveiller?

Ordinairement on n’a qu’à faire des passes vives devant la tête et l’estomac, passes qu’on nomme transversales, parce quelles se font en travers sur ces organes, comme si on les éventait ou qu’on en chassât une atmosphère lourde. Animé du désir de réveiller le dormeur, on ne tarde pas à lui voir rouvrir les yeux. Ne jamais provoquer cet état, si l’on ne sait pas parer à tous ses inconvénients et le diriger ; que l’on s’éclaire alors des lumières nécessaires qui sont dans les ouvrages qui traitent de cette matière.

Comme nous conseillerons quelquefois Yeau magnétisée , nous devons enseigner la manière de la faire, car cette eau possède

une si grande vertu , qu’il serait malheureux de la négliger, faute de savoir la préparer ou d’avoir foi dansson influence. Voilà comment elle se fait : Vous prenez un vase quelconque plein d’eau; vous le tenez, d’une main , par le fond , et vous placez , par opposition , l’autre main à son ouverture; les doigts réunis en pointes , les uns contre les autres, selon l’orifice du vase, vous les agitez doucement à la surface du liquide, comme si vous enfonciez quelque chose dans son intérieur, ou cherchiez à toucher les bouts des doigts de la main qui est dessous. Trois minutes de cette manipulation suffisent pour saturer un verre d’eau, cinq minutes pour une bouteille, dix minutes pour un seau, et un quart d’heure pour un grand bain. Si la propreté vous permet d’agiter cette eau avec les mains, elle n’en sera que plus saturée; si également la personne n’est pas répugnée de vous voir souffler sur celle destinée à boire, elle sera parfaite. Vous soufflez ainsi par trois fois , vous figurant que vous rafraîchissez doucement la partie malade; n’importe en quel endroit intérieur ou extérieur du corps elle se trouve, cette eau saura bien la trouver et lui porter le bien que vous avez désiré lui faire, prin-

maladies.

cipalenient pour rafraîchir les intestins et vaincre des constipations ou rétentions d’urine : imaginez-vous souffler dans les derniers conduits de ces organes , comme dans un tuyau que vous voudriez déboucher, vous serez émerveillé du résultat. Si vous magnétisez ainsi les tisanes , elles n’en auront que plus de vertu. Pour l’eau magnétisée destinée à l’intérieur, nous préférons la prendre le matin à jeun.

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