ULCÈRES
l’avons dit, sont blessées par des descentes, uu nombre non moins grand est victime d’ulcères dans la matrice et le vagin. lies causes nombreuses et fréquentes de ces ulcérations sont difficiles à connaître ; les plus ordinaires sont : i° un déchirement de l’utérus dans le travail de l’enfantement; 2° l’introduction de corps durs et malsains ; 3° défaut de propreté ; 4° chaleur des urines.
Le vagin et l’utérus sont plus souvent affectés d’ulcères que la matrice proprement dite. Cet organe ne l’esL ordinairement qu’à son col : i° par le frottement qu’il exerce sur l’utérus dans la descente; 2* par l’âcreté du ‘ sang qu’il contient dans la menstruation ; 3° par une maladie vénérienne.
Dans le premier cas, déchirement de l'utérus. Si le sang est pur, et la propreté usitée, l’ulcère offre peu de danger; avec quelques injections d’eau fraîche ou saturée de quelques gouttes d’eau-de-vie camphrée, il se fermera bientôt.
Dans le deuxième cas, Y introduction de corps durs et malsains produisant un écoulement putride, la propreté est le premier secours à apporter, puis on cessera toute action vénérienne, et l’on prendra des in-
jections avec une dissolution de couperose : une très faible prise pour un verre d’eau tiède; on aura soin de garantir le linge du contact de cette eau, qui le couvrirait de rouille. Nous avons vu des cicatrisations promptes et merveilleuses par son emploi , qui est préférable à toutes les cautérisations usitées en pareille circonstance.
Dans le troisième cas, défaut de propreté , on y remédie par où l’on a péché. Le quatrième cas est lié à ce dernier. L’urine, échauffée par une cause qui lui est propre , irrite et brûle dans son passage les grandes lèvres; si la malpropreté vient s’y joindre, elles se trouvent couvertes de petits chancres qui dégénèrent bientôt en ulcères très dangereux. Dans ce cas, on aura recours aux lotions d’eau fraîche ; on peut y faire dissoudre une légère prise d’alun de roche ou quelques gouttes d’ammoniaque liquide. Les hommes ne sont pas moins sujets que les femmes à ces petits chancres. Le remède est le même.
Si ces désordres sont causés par les urines ou les règles, il faut avoir recours aux rafraîchissants : chiendent , orge , fraisier , cerise, etc. (Voy. l’article Voies urinaires.') ■
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Si ces ulcères sont dus à quelques maux vénériens, voir patience, salsepareille , lin , orge , chiendent , et les plantes auxquelles renvoie l’article précédent.
Lorsque c’est la matrice qui est ulcérée , on conseillera l’injection précitée , ainsi que les infusions rafraîchissantes, si la cause provient de la chaleur du sang.
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Fureur utérine, Masturbation , Pollutions nocturnes , Incubes et Succubes.
Tels sont les différents noms donnés à des besoins désordonnés des organes génitaux : i° C’est un faible enfant dont ces organes, loin d’être formés, sont à peine visibles, qui y éprouve un feu, une agitation, desquels il peut moins se rendre compte que de grandes personnes, qui , faute de les avoir étudiés, méprisent les malheureux qui sont victimes de ces désordres et leur jettent la pierre. L’enfant porte la main vers le lieu qui demande son secours, pour être touché, gratté, apaisé, ce qui arrive après certains frottements , qu’il ne peut pas plus s’empêcher d’opérer que le galeux qui se frotte le
corps continuellement contre tout ce qu’il lui semble agréable de toucher.
2° Plus tard, c’est l’âge adulte qui joint à ces besoins ceux du cœur. La nature commande, il lui est doux d’obéir.
3° Vient lage viril dans lequel cetle agitation prend un développement quelquefois effrayant : de là naissent ces passions lubriques, la honte de notre espèce, si elles n’avaient une excuse dans les maladies qui les engendrent. Le mal existe : une fois bien caractérisé, il nous importe de le guérir, ou au moins le diminuer; mais, pour le faire avec quelque succès, il faut en étudier la source. Elle peut provenir : A. D’un sang vénérien transmis en héritage aux enfants chez lesquels il couve en attendant une circonstance ou un contact qui le feront éclore; comme il peut être très bien à letat d’éclosion , dès en naissant , sans aucun commerce vénérien. B. De la faiblesse des organes génitaux, du relâchement des vaisseaux spermatiques , d’où découle une perte continuelle et imperceptible de semence qui échauffe les parties quelle touche et les invite à l’acte vénérien. Cette même perte engendre des rêves luxurieux, lascifs, dans
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lesquels l’ânie lie commerce avec des êtres imaginaires, dit-on , connus sous les noms de succubes et d 'incubes , qui satisfont aux besoins de ces organes par des complaisances qu’on ne saurait obtenir des êtres matériels. La question ici n'est pas de savoir si cela est exact: il suffit que l’action ait lieu pour en combattre les résultats. C. La chaleur des intestins, causée par une bile trop forte, réagit sur ces organes qui les avoisinent, et peut encore occasionner ces désordres.
4° Le trop d’électricité qui stimule les nerfs peut aussi , quoique dans un sens opposé à leur faiblesse , opérer les mêmes troubles.
5° La malpropreté, le défaut de soins de ces parties qui en ont tant besoin , est une cause bien caractérisée de leur agitation.
6° Les flueurs blanches, les suites, ou prémices des règles, humectent ces parties d’une humeur très chaude et mordante, qui doit naturellement les troubler.
7° Une cause , que nous avons reconnue par le secours du somnambulisme , est la présence, dans ces parties, de petits vers qui semblent être égarés ou échappés d’autres organes dans lesquels ils étaient logés, et où
ils trouvaient à satisfaire à leurs besoins , quand dans ceux-ci ils y souffrent , y sont agités et font souffrir ceux qui ne se doutent pas être esclaves de si petits animalcules.
8° 11 existe aussi des causes morales qui disposent à ces troubles , causes enfantées par les milieux dans lesquels on vit, les lectures, les tableaux, les conversations, quon se plaît à faire voir ou entendre. A toutes ces causes, qui ne sont que les plus saisissables , nous allons proposer quelques remèdes.
Dans le premier cas , si le sang est vicié dès en naissant, ou l’a été depuis par l’acte vénérien , il faut avoir recours avec persévérance à des dépuratifs, et ne pas croire qu’on peut , en quelques jours seulement , débarrasser le sang de ce vice. Tel remède guérit en peu de jours, dit-on; nous répéterons que ce remède répercute le mal au dedans, qui, tôt ou tard, sera bien plus difficile à combattre qu’il ne l’eût été à sa naissance, avec quelques soins et un peu de persévérance. Voyez patience , salsepareille , fumeterre , chicorée , saponaire , grande consolide , buglossc , cresson , lin ; puis, les plantes rafraîchissantes, tout ce qui
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dépouille le sang de ses humeurs, le rafraîchit. Mais les plantes précitées ne sont pas d’une nature dite froide , comme passent pour l’être le chiendent , le fraisier , Yorge, le citron, le son, etc.
Hans le deuxième cas, faiblesse des organes génitaux , on prescrira les fortifiants, qui sont : sauge, romarin , thym, menthe , cannelle , café, camomille , céleri , chanvre , coquelicot. Ces plantes sont d’un meilleur effet en infusion pour bains locaux , que prises intérieurement, vu qu’en voulant tonifier un organe on pourrait échauffer ceux qif elles traverseraient pour y arriver. 11 est bon d’essayer de l’un et de l’autre avec modération.
Pour le troisième cas, chaleur des intestins, on emploie les plantes citées dans cet article.
Dans le quatrième cas, trop d' électricité , on prend de grands bains presque froids; on ne fera pas usage de boissons spiritueuscs; au contraire, on recherchera les boissons acidulées, comme les limonades. Pour ceux qui connaissent le magnétisme, c’est le moment favorable de se décharger du trop de ce feu vivifiantsur celui qui en manque. L'équilibre des deux corps s’établira avec succès, et tous
les deux s’en trouveront bien. On étudiera aussi si cet excès de chaleur ne provient pas d’une nourriture trop forte ou d’une bile trop chaude. Dans le premier cas , on modérera son appétit; dans le deuxième, on conseillera les plantes appropriées à en modérer l’ardeur. (Voy. les articles Foie et Intestins.')
Dans le cinquième cas, malpropreté. Un peu d’eau fraîche ne doit point effrayer notre organisme. Le porc recherche le fumier ; l’homme n’est pas de la même famille : c’est dire qu’il ne peut être homme qu’à la condition de ne point l’imiter.
Dans le sixième cas , J lueurs blanches. [Voir l’article qui traite de cette maladie.)
Dans le septième cas, le voisinage de vers (buis les organes. (Voy. l’article Versl)
Dans le huitième cas , découlant des milieux dans lesquels on vit , c’est là que nous arrêterons un moment l’attention du lecteur. Notre intention n’est pas de mettre en doute
que les besoins vénériens sont une des plus puissantes lois de la nature; au contraire , nous reconnaissons leur nécessité d’être, puisque nous ne sommes nous-mêmes que par eux : mais de la nécessité sage à la nécessité illi-
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mitée, déréglée, il y a un abîme affreux qui renferme trop de douleurs , de larmes , de troubles, de maux de toutes espèces, pour ne pas chercher à poser une barrière à ces désordres; barrière que nous pouvons leur élever par des raisonnements forts et les secours de la médecine. Nous commencerons par demander si cette sévérité de pudeur exigée par des parents , fort souvent impudiques eux-mêmes , qui en ont placé le cachet honteux dans le sang de leurs enfants , ne serait pas mieux entendue s’ils savaient diriger leur jeunesse avec un peu moins de retenue , et traitaient en temps opportun avec eux ces questions qu’il est utile qu’ils connaissent?
Cette école paternelle préviendrait les désordres qui découlent de celle des gravures obscènes , des livres empoisonnés de citations qui enflamment les sens de ceux qui les lisent ; des conversations sans pudeur des ateliers , des maisons de prostitution, cloaques de délires de toutes espèces , où l’homme va disputer à l’animal sa bestialité.
Eh ! mon Dieu , nous sentons que si les yeux de la jeunesse étaient un peu plus ha-
bitués à voir, comme à Athènes, et leurs oreilles à entendre des choses très naturelles dont on leur fait des mystères, ce qui aiguise leur désir de les connaître; nous sentons, dis-je , que, si le père et la mère savaient les premiers mériter les confidences de ces jeunes cœurs, dévorés par des appétits qu’ils satisfont en cachette, si faciles de calmer par un régime et des conseils sages, que notre pauvre espèce ne serait pas menacée de disparaître du globe comme de malheureux crétins noyés dans la putréfaction de leurs débauches; alors la mère sage et prévoyante dirigerait le cœur de sa fille; le père de même dirigerait celui de son fils; tous les deux veilleraient à combattre en même temps les troubles du corps aussi bien que ceux de l’âme. A cet effet, nous conseillons, dans les grandes agitations des parties génitales, dans les pollutions nocturnes, qui détruisent la vie du système nerveux, en même temps que celle de tout l’organisme, d’avoir recours au régime suivant : racine de fraisier , gros et long comme le petit doigt pour un litre d’eau; d’y joindre une pincée de queues de cerises, une cuillerée à bouche de graine de
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lin : le tout bouilli dix minutes ; on en prendra un verre à jeun, et un second une heure avant le dernier repas.
On mettra, le soir, sur la verge ou le clitoris, deux cataplasmes par semaine, ainsi composés : faire cuire un oignon de Lis dans du saindoux à très petit feu , puis, au moment de l’appliquer, délayer dedans un jaune d’œuf bien frais, le mettre entre deux linges aussi chaud et le garder aussi longtemps que possible; on prendra deux bains de siège par semaine, d’une heure chacun , si faire se peut; on y ajoutera deux livres de I sel de cuisine ; on ne prendra pas ces bains le jour de l’application des cataplasmes; on suivra ce régime avec exactitude , jusqu’à guérison ou soulagement. Il est entendu que ce régime est seulement applicable aux constitutions faibles , car sur dix cas de ces maladies (hors celles issues d’un virus vénérien), il y en a sept engendrées par la faiblesse de ces organes qui en cause l’agitation.
Les bains locaux de propreté , légèrement alcoolisés de quelques gouttes d’eau-de-vie camphrée, sont très rafraîchissants et calmants; ils conviennent aux femmes échauffées par la menstruation. L’eau magnétisée
est aussi d’un grand secours tant extérieurement cju’intérieurcment.
Dans les échauffemenls simples, on graissera ces parties avec un peu de pommade de concombre ou camphrée.
Dans les inflammations du gland ou des grandes lèvres, les lotionner à l’eau d e graine de lin , son, laitue , pariétaire, sera très utile. Ces deux dernières sont froides; les deux premières sont adoucissantes, et conviennent mieux où il y a commencement d’ulcération.
Sagesse, prudence et propreté sont unetrinité morale qui vaut tous les remèdes du monde en pareil cas.
Quelle que soit la manière devoir de tous ceux qui liront cet ouvrage , qu’ils blâment un peu moins les victimes de ces cruelles maladies et les plaignent un peu plus. Ne prodiguons pas l’outrage à cette pauvre fille dont l’œil ardent cherche le plaisir, et dont les joues colorées par la pudeur le réprouvent; c’est un brasier qui la dévore, c’est une honte qui la tue; c’est la prostituée de par le vice, c’est la vierge de par la douleur.
HÉMOHRIIOÏDES.
Ce mal, qui est plutôt une incommodité