SUR LES PRÉPARATIONS MÉDICINALES
sent les vers et fondent les humeurs corporéifiées.)
Le cataplasme est d’un meilleur ellet et plus supportable au lit que debout ; il est plus propre et aussi bon entie deux linges qu’à nu sur la peau. On ne doit jamais le mettre trop chaud ni trop froid, et bien essuyer, eu le retirant, la partie qu on couvrira pendant quelque temps avec un linge chaud, pour éviter toute transition de fioid. On ne mettra jamais de cataplasme sur la poitrine, ni sur le creux de 1 estomac; on tâchera qu’il couvre, au contraire , tout le ventre et les flancs ; on le gardera jusqu a ce «pie sa chaleur soit disparue; on n’en mettra pas deux de suite ; on le laissera pendant une heure, et l’on n’en fera point abus.
Le cataplasme s’emploie dans les inflammations locales et intestinales, a la suite d’indigestions , de constipations , de purgations , de coliques venteuses, d’ardeur d’urines, de maladies du foie, de la rate, d’intestins, de vessie, de certaines irritations de poitrine, de digestions pénibles, de maux de tête et généralement dans tous les troubles qui surgissent des viscères de l’abdomen.
IJn cataplasme bien conditionné et posé
nepeut jamais troubler ; mais des cataplasmes à profusion peuvent avoir un effet contraire.
Compresses. — La compresse se résume à tremper un linge doux , plié en plusieurs doubles, dans une infusion appropriée au mal, et déposée sur l’endroit qui en a besoin. Nous ne parlerons pas de sétons, vésicatoires, cautères , sangsues , saignées , ventouses , moxas , etc. Nous l’avons dit, nous fermons les plaies et nous n’en ouvrons pas.
Noms techniques.
Distillation. — Elle se fait en mettant macérer vingt -quatre heures une plante quelconque dans un menstrue approprié, puis déposée dans un vase de verre ou de cuivre , qu’on nomme cucurbite , sur un feu plus ou moins doux. La vapeur monte dans le chapiteau bien bouché, auquel est ajouté un récipient où elle se dépose en eau, qu’on nomme eau distillée (si le menstrue a été de l’eau simple) ; à défaut de pouvoir distiller, ce qui demande quelques notions de chimie, on fait infuser les plantes, et cette eau a presque la même vertu.
MESURES
Macérations. — On laisse un temps plus ou moins long la plante se fondre dans un peu d’eau , sans en attendre la décomposition.
Décoction. — On met bouillir, pendant un temps convenable à leur cuisson, une plante , une racine ou une graine quelconque. On ne laisse pas la racine de guimauve plus de dix minutes.
Infusion. — On verse l’eau ou un liquide quelconque bouillant sur la plante qu’on veut infuser. Dix minutes de séjour de ce liquide sur la plante suffisent. On se tient pour averti que la quantité ne fait pas la qualité des infusions. Nous avons vu une tête de camomille , pour un verre d’eau , être aussi salutaire et moins dangereuse que dix de ces fleurs.
MESURES
Une poignée veut dire plein la main.
Une pincée , la quantité que l’on prend avec trois doigts.
Une prise, la quantité que l'on prend avec deux doigts.
Nous pensons faire plaisir à nos lecteurs
en leur donnant un tableau comparatif des mesures anciennes et nouvelles, d’après les usages de la pharmacie.
Une livre
vaut l6 onces ou
5oO gr.
Une demi-livre. .
Une once
— 8 gros
Une demi-once. .
Un gros ou drachme vaut
3 scrupules ou.
— 72 graiiis
Uu demi-gros. .
Un scrupule ....
— 24 grain»
Un demi-scrupule. .
Un grain, 72* partie du gros
Une pinte
— 2 liv.
Une cliopiue. ...
— 16 onces
5oo —
Uemi-sctier
Poinçon
Demi-poinçon. . . .
Un verre ou une verree.
Une cuillerée à bouche .
Une cuillerée à café.
— 1 gros
Nous ferons remarquer que les plantes ou racines fraîches passent pour exiger le double de la dose des sèches, quoique cette proposition soit en litige et ne puisse être acceptée généralement.
Pommades . — Elles se fout ordinairement avec de la panne de porc de préférence au saindoux , sur un feu doux , et en y mettant cuire les ingrédients dont on désire obtenir la vertu.