‹ Du Traitement du Chancre Simple et de Ses Principales ComplicationsChapitre 13 sur 21 · À. — LE CHANCRE EST UNIQUE · texte numérisé non relu

À. — LE CHANCRE EST UNIQUE

Nous supposerons de plus qu'il est situé soit sur le fourreau cutané pénien (rare) ou préputial ou sur le limbe préputial,soit sur la muqueuse du prépuce. Dans ces conditions, nous serons en droit d'essayer le traitement abortif, et il aura d'autant plus de chances de réussir que la maladie sera plus près du début.

D'autre part, c'est évidemment dans ce cas, par hypothèse le plus simple de tous, que le traiternent chirurgical pourra nous donner le plus de succès, avec le moins de risques d'inoculation opératoire. Nous adopterons donc la méthode de Unnà; nous l'avons exposée en détail dans notre première pañtie (Cf. page 34); rappelons seulement qu’elle consiste à enlever le chancre au rasoir, après l'avoir congelé au chlorure d’éthyle. On peut apporter à cette méthode quelques légères modifications,ou plutôt, quelques simplifications. Au lieu du rasoir on peut employer le petit ciseau courbe, en faisant suivre l'opération d’un point de suture au catgut trés fin. Il est inutile de passer le nitrate d'argent après la section, comme le veut l’auteur, l’hémorrhagie consécutive étant insignifiante et s’arrêtant toujours

sous l’action compressive du pansement ; d’ailleurs, la cautérisation ainsi faite ne peut que retarder la cicatrisa:ion. De même, pour ce pansement, il n'est pas nécessaire d'employer les bandelettes à l’oxyde de zinc de Unna, qui sont d'une application compliquée et difficile et d’une asepsie douteuse. Un pansement simple,un peu compressif,avec de la poudre d’iodoforme (si l’on est à l'hôpital), ou d'aristol, dans la clientèle, suffit largement dans la plupart des cas.

Il nous faut ajouter trois recommandations essentielles à l'emploi de cette méthode. :

a) Il est indispensable de procéder, avant d’opérer, à des lavages soigneux et répétés de la petite ulcération et de la région, les chances d'inoculation en seront considérablement diminuées. Après savonnage, on peut employer indifféremment l’eau oxygénée, l'eau blanche, le sublimé, etc. ; le choix de l'agent importe peu, toutes les substances antiseptiques sont bonnes, pourvu qu'elles soient convenablement appliquées.

b) Toujours dans le but d'empêcher l'inoculation des parties voisines,on aura soin, dans l’excision, de dépasser suffisamment les bords de l’ulcération, et on les dépassera d'autant plus que celle-ci sera plus ancienne ; l’ulcération proprement dite est entourée d’un petit bourrelet rouge, œdémateux qu’il est nécessaire d'enlever avec elle pour que l’abortion soit réelle.

c) Enfin, si l’on emploie le rasoir, on ne restera pas trop à la surface. Il n'y a. d’ailleurs, pas à crain-

mu 41 me dre d'aller trop profondément; les plaies qui plon. gent dans le tissu sous-dermique se cicatrisent beaucoup mieux, avec une fine suture, que celles qui restent trop superficielles.

Contre-indications. — Certaines localisations sont peut-être une contre-indication à l'emploi de cette méthode : tels sont, par exemple, le frein, le gland, le méat.

Pour le frein, il semble que l'on puisse cependant l'enlever le plus souvent sans grand dommage. Si lè chancre siège sur cette région, qu'il soit encoré petit.le mieux est d'enlever frein et chancre par une incision en V. Le malade n’a, d'ailleurs, pas à déplorer la perte de son frein qui seraitcertainement dévoré par l'extension du processus chancreux. On place une pince et un fil, en cas d’hémorrhagie ; celle-ci est d'ailleurs insignifiante et un pansement un peu compressif suffit le plus souvent à l'arrêter.

Pour le sillon balano-préputial, le méat ou Île gland, où la cicatrice pourrait être défectueuse, on agira comme ci-après.

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