A TOUS MES CONFRÈRES ET AMIS
En présentant au jugement de nos Maîtres les quelques notes qui suivent, dans lesquelles nous parlons d’une affection maintes fois observée, nous ne faisons pas uniquement acte de praticien.Nous voudrions également nous élever contre une tendance très générale, qui dépasse nettement le cadre de la pathologie bovine et peut-être de la médecine vétérinaire. |
En effet, il suffit d’avoir fréquenté un certain nombre de confrères adonnés à la polyclinique, ou d’avoir feuilleté nos publications professionnelles pour se convaincre que, dans l'esprit du clinicien, il existe une séparation marquée entre maladies internes et affections chirurgicales. Du point de vue de l’enseignement, cette distinction s'impose. Nous ne saurions en dire autant pour l'exercice courant de notre médecine.
A la suite de ses études, l’ancien élève acquiert une façon de faire qui, parfois, devient de la routine. C’est ainsi que très rapidement il oubliera que telle maladie interne, dans
certaines circonstances est justiciable d’une intervention
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chirurgicale. Ou, s’il ne l’oublie pas, il laissera cette dernière de côté, ce qui revient au même. Egalement, sil s’agit d’une affection réputée chirurgicale, le bistouri seul
fera les frais de la thérapeutique.
D'accord avec ce principe,en médecine bovine, l'obstruction de l’œsophage appartient à la pathologie chirurgicale. certains discuteront à perte de vue sur les méthodes de refoulement ou d’extraction du corps étranger, sur la nécessité de la gastrotomie, l’opportunité de l’æœsophagotomie, etc. ; d’autres préconiseront l'expectative. Mais, combien sont-ils ceux qui pensent que l’occlusion œsophagienne peut réclamer un traitement médicamenteux au même titre que l’obstruction intestinale? Leur nombre est vraiment infime.
Et c’est à tort, pensons-nous.
Dans les pages qui vont suivre, nous essaierons de montrer que l'intervention chirurgicale est grandement facilitée par un traitement médicamenteux approprié. Nous dirons plus: certaines obstructions de l’œsophage ne peuvent être
guéries sans cette médication interne.
Si, en plus de l'approbation de nos Maîtres, cette modeste étude engage certains confrères à faire preuve d’éclectisme dans leurs interventions, notre but sera pleinement atteint, car, nous avons la conviction qu'ainsi nous aurons aidé à conserver quelques têtes de bétail dont la destinée aurait été une fin prématurée à la boucherie ou au clos
d'équarrissage.
Dans ce travail, nous étudierons d’abord les deux éléments du problème ; nous résumerons les connaissances classiques sur l’obstruction œsophagienne et ses traitements habituels, puis nous exposerons les données acquises concernant la pilocarpine. Cette étude préliminaire nous permettra de situer la question et de donner toutes les indications que nous croyons utiles sur le traitement mixte
de l’obstruction de l’œsophage chez les bovins.