‹ Du Traitement Par La Galvanisation Des Douleurs Persistantes À La Suite De "Pieds Gelés"Chapitre 7 sur 35 · NE PR · texte numérisé non relu

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À F'hôpital complémentaire n° 44, sous la direction de M. E. Laurens, chef du laboratoire de radiologie, on a cherché à soulager par l'électrothérapie les malheureux qui, à la suite de pieds gelés, présentaient des douleurs persistantes des plus pénibles.

Le courant galvanique a donné de bons résultats, et le but de ce travail est simplement de faire connaître la méthode qui a été employée et les résultats qui ont été obtenus.

Un aperçu rapide des accidents consécutifs aux pieds gelés nous permet de les répartir en deux groupes, pour finalement les réunir tous, parce qu'ils ont une même cause. ;

Ce sont d’abord les troubles trophiques. L'œdème peut persister pendant assez longtemps. Les ongles sont écailleux, cassants. La peau est mal nourrie, tantôt mince, glabre, ou encore pigmentée. Dans certains cas, l'épiderme présente des durillons. On note aussi Ja prolifération des poils. On peut constater parfois des troubles beaucoup plus graves, tels que l’atrophie des mem- Pres, le mal perforant.

Ces divers troubles peuvent, suivant Le cas, s'améliorer progressivement jusqu'à leur disparition complète. Dans d’autres cas au contraire ils peuvent persister indéfiniment.

Ce sont surtout les troubles sensitifs qui nous ont intéressé. Suivant le cas on constate une hyperesthésie cutanée où une anesthésie superticielle Lotale ; cette dernière forme se rencontre surtout après des gelures graves (2° et 3° degrés), tandis que la première correspond plutôt à des lésions du premier degré.

Cette anesthésie superficielle est en général totale, et le blessé présente de l’insensibilité aussi bien à la dou-

AIRE leur qu'au tact et à la chaleur. Mais elle n’est que superficielle, et la pression est non seulement sensible, mais encore provoque une forte douleur. Aussi le blessé redoute-t-il de s'appuyer sur le pied.

Dans les cas d’hyperesthésie, le moindre contact, un léger frôlement suffisent pour provoquer de fortes douleurs: |

Dans les deux cas on peut constater des douleurs spontanées : soitcontinuelles, soit intermittentes. Continuelles, elles sont profondes, sourdes, coïncident avec une sensalion de lourdeur. Intermittentes, ce sont des élancements très pénibles qui empêchent le malade de dormir.

Ces douleurs spontanées ne sont pas toujours cantonnées au pied; elles peuvent s'irradier jusqu'au mollet, au genou, remonter parfois jusqu'à la hanche.

Troubles trophiques et troubles sensitifs ne vont pas forcément de pair et ne sont pas en raison directe les les uns des autres. On doit néanmoins les considérer comme les manifestations de la névrite causée par les celures, soit qu'il y ait névrite à la suite de lésions directes des nerfs, soit que l’on considère la névrite comme secondaire aux lésions des vaisseaux nourriciers des nerfs.

Cette névrite présentera, suivant les cas, une forme trophique ou une forme sensitive, suivant la prédominance de tel ou tel symptôme.

C'est surtout la forme sensilive qui nous a intéressé. Les observations qui constituent la base de cette thèse relatent les résultats que nous avons obtenu en employant l’électrothérapie.

Nous avons eu pour but de soulager les blessés qui,

AU MU à la suite de pieds gelés, se plaignent de douleurs persistantes. | Pour cela, nous avons essayé le courant galvanique et le courant faradique. Ce dernier ne nous pas donné de résultats appréciables ; l’autre, au contraire, nous a permis de soulager toujours et de guérir quelquefois.

Méthode et Technique

Le principe de la méthode consiste à faire passer dans tout le membre inférieur un courant continu de faible intensité. Pour cela, le patient met le pied malade dans un pédiluve qui représente un des deux pôles, tandis qu’une électrode, placée dans la région lombaire, est reliée à l’autre pôle.

L'installation électrique nécessaire n’est pas bien compliquée. Il suffit d’avoir une source de courant continu (piles, accumulateurs ou prise directe sur le secteur). Un appareil de réglage pour graduer la force du courant (rhéostats ou régulateur de potentiel) et enfin un milliampèremètre.

Afin d'être sûr d’avoir un courant uniformément conlinu et ne présentant pas de pulsations, nous nous sommes servi d'accumulateurs. Une batterie de seize bacs reliés en tension nous a permis d'employer un courant maxima de trente-deux volts, courant que nous pouvions réduire et faire varier à volonté à l'aide d'un réducteur de potentiel. L'intensité du courant était con-

trôlée par un milliampèremètre à cadre mobile gradué à cinq millis et shunté à dix et à vingt-cinq millis.

Nous parlerons un peu plus longuement du bain et des électrodes.

On peut mettre dans le pédiluve, soit simplement de l’eau, soit diverses solutions salines. Nous avons employé une solution faible de chlorure de sodium. Le bain doit être tiède, plutôt même un peu chaud. Il y a intérêt à en entretenir la température en ajoutant de temps à autre un peu d’eau chaude. Le courant est d'abord mieux supporté, et d'autre part l'effet sédatif nous a paru plus prononcé qu'avec des bains froids.

L'un des pôles est mis en connexion avec le liquide du pédiluve qui va ainsi constituer une électrode à contact parfait.

L'autre pôle est relié à une large électrode plate rembourrée et imbibée d’eau salée chaude. Elle sera appliquée sur la région lombaire et maintenue en place par une ceinture qui va assurer un bon contact. |

Il y a intérêt à ce que cette électrode ait des dimensions suffisantes si l’on veut éviter au patient une sensation douloureuse et une rubéfaction et parfois une vésication qui pourraient se produire par suite d’un contact sur une trop petite surface.

Quel doit être le pôle relié au ques ? Nous avons essayé de relier le bain de pieds à la cathode avec anode lombaire : nous obtenions ainsi un courant descendant. L'effet sédatif est moins prononcé qu'avec un courant ascendant. Aussi avons-nous pris comme ligne de conduite de relier le pédiluve au pôle positif, tandis que l’électrode lombaire était mise en connexion avec le pôle négatif.

Nous avons toujours employé un courant de faible

intensité, de 8 à 20 millis au maximum, et c'est en cela que nous nous écartons de la méthode généralement suivie.

D'une facon générale, on a cherché à employer des intensilés très élevées, et divers auteurs ont cherché à trouver des électrodes des plus ingénieuses qui rendent tolérables des courants de 250 à 300 millis. Voir à ce sujet la récente communication de Hyrtz.

Ÿ a-t-il avantage à employer de telles intensités ? Nous ne le pensons pas. Il est certain que plus l’action interpolaire sera importante, plus l'effet sur la nutrition des tissus sera prononcé, mais aussi plus sera violente et longue la réaction. De plus, le courant n’a plus alors cet effet analgésique immédiat qui est si appréciable, soit à cause d'une trop forte réaction, soit que la sensibilité soit plus favorablement influencée par de faibles intensités que par de fortes.

Il ne faut pas oublier qu'il faut tenir compte non seulement de l'intensité, mais en même temps de la durée de l'application du courant. La notion importante à retenir est la quantité de courant qui a été employée.

Les auteurs quiont recours à deux cents milliampères et plus donnaient des bains de trois quarts d'heure à trois semaines, un mois et même plus d'intervalle.

En suivant cette technique, on fait passer à chaque séance plus de quatre cents coulombs. Pour éviter des phénomènes électrolytiques trop violents, il. faut de bons contacts très étendus. Les effets sont les suivants : Pendant les premiers jours qui suivent la séance de traitement (période de réaction), le blessé ne ressent aucune amélioration. Le plus souvent même il trouve qu'il souffre plus qu'avant le bain. Ce n’est qu'au

bout de quelques jours que le patient commence à ressentir les bons effets du traitement. |

Reportons-nous maintenant à nos observations. Nous avons employé des courants de faible intensité et pendant un temps relativement court. Tous les blessés ainsi traités ont élé unanimes à signaler un effet sédatif 1mmédiat et une amélioration progressive de plus en plus prononcée après chaque séance.

En fait, nous n’avons jamais dépassé vingt coulombs par séance.

La durée moyenne de nos bains était de quinze à vingt minutes, avec une intensité maxima de vingt milliampères. :

Il est vrai que nous avons de beaucoup rapproché les séances qui ont eu lieu à des intervalles de deux à dix jours, la fréquence des applications étant basée sur la durée de leffet sédatif.

En résumé, nous avons employé un courant ascendant de moins de vingt millis pendant un quart d'heure à vingt minutes, à peu de jours de distance.

Ayant pour unique but d'agir sur les troubles sensiüfs, nous avons attendu, pour appliquer le traitement, que toutes plaies (quand il y en avait) soient cicatrisées.

Avant le bain il faut prendre la précaution de déterger soigneusement le pied, surtout quand on a employé des corps gras dans les pansements.

On applique d’abord contre la région lombaire une électrode plate aussi grande que possible, matelassée de tissus imbibés d'une solution chaude de chlorure de sodium. Une ceinture assez serrée maintient l’électrode bien appliquée. Le malade s’assied sur un siège isolant et met le pied malade dans le pédiluve qui contient une

PS RER solution chaude de chlorure de sodium à 5 p. 1000 environ. S'assurer de l'isolement avant d'établir le courant.

Le pédiluve est alors relié au pôle positif et l’électrode lombaire au pôle négatif.

On note l'heure et on établit le courant. À laide d’un régulateur de potentiel on augmente l'intensité jusqu’à huit et douze millis en moyenne. On constate au bout de quelques instants que, par suite d’une diminution de résistance du corps, l'intensité augmente et il est quelquefois nécessaire de se servir du régulateur pour la ramener au degré voulu. Au bout de quinze à vingt minutes il faut ramener l'intensité à zéro et interrompre le courant.

Pendant toute la durée du bain on doit surveiller attentüvement l'aiguille du milliampèremètre. L'intensité employée par nous n'a jamais dépassé vingt millis.

Le bain est suivi immédiatement d’un effet sédatif: les douleurs sont calmées, le blessé sent sa jambe plus légère. Cette diminution appréciable des souffrances persiste quelques jours. Nous nous sommes basée sur la durée de la sédation pour espacer ou rapprocher les applications.

Quand le blessé souffre des deux pieds, doit-on avec un même bain traiter les deux pieds à la fois ? Nous ne le pensons pas, car le courant peut trouver une résistance de beaucoup différente dans chacun des deux membres inférieurs, et le fait d'employer un courant de quarante milhis ne signifierait pas que vingt millis passent dans chaque jambe. Il est préférable d'employer deux pédiluves et par conséquent deux électrodes positives avec, bien entendu, deux régulateurs de potentiel et deux milliampèremètres.

le

La technique de l'application du courant galvanique

vient d’être exposée dans tous ses détails. Avant de par-

ler des résultats que nous a donnés ce mode de traite-

ment, nous allons relater les vingt-cinq observations qui constituent la base de ce travail.

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