‹ Du Traitement Thyroïdien et de la Sclérodermie en PlaquesChapitre 2 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

MM. Nicolas et Moutot viennent de publier, dans le dernier numéro des Annales de Dermatologie et Syphiligraphie (juin 1912), une observation de « Sclérodermie en plaques, à forme mixte, lardacée et tubéreuse, avec guérison par la thyroïdine ». Cette publication retient l'attention du clinicien par la description de la variété rare, d’une maladie déjà peu commune ; elle intéresse le thérapeute par le succès de la médication thyroïdienne. Elle soulève non seulement la question des indications et de la technique du traitement, mais pose à nouveau le problème pathogénique, toujours mystérieux, de la sclérodermie. Cette pathogénie est-elle univoque ? Un même lien de causalite réunit-il toutes les formes cliniques de la maladie? Y a-t-il wne ou des sclérodermies ? Et dans ce dernier cas, quelle place doit occuper la sclérodermie circonscrite, et en particulier la morphée? Les différentes formes cliniques correspondent-elles à des entités morbides vraies ?

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Telles sont les questions suggérées par l’observation de MM. Nicolas et Moutot. Dans l’état actuel de la science, il est malheureusement impossible de répondre catégoriquement à la plupart d’entre elles. La sclérodermie, maladie assez rare, est encoré peu connue : obscure dans son étiologie, confuse dans sa classification, complexe dans ses associations morbides, cette affection, dont les observations disséminées dans les périodiques, sont le plus souvent incomplètes, se prête difficilement à l’étude.

Nous ne ferons qu'effleurer ces nombreux pro blèmes, nous limitant plus spécialement à l'examen du traitement thyroïdien dans la sclérodermie en plaques et à l'exposé critique des théories pathogéniques suggérées par les succès opothérapiques, la clinique et l’anatomie-pathologique.

Après avoir fait l’Aëstorique de la question, nous serons amené à examiner si la sclérodermie en plaques, la morphée, est une entité morbide vraie. Nous verrons qu'il est une certaine unité qui relie entre elles toutes les formes sclérodermiques ; cette unité est fondée non seulement sur le concept anatomique de l’affection, mais surtout sur son concept physiologique : la sclérodermie nous apparaîtra comme un syndrome plus ou moins complet, avec des manifestations associées plus ou moins nombreuses. Ces associations, précieuses à connaître, indiquent parfois au clinicien la pathogénie de la maladie.

Cette pathogénie nous arrêtera assez longuement : nous jugerons en quelques mots des théories surra-. nées, pour insister plus longuement sur les théories

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