‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 38 sur 45 · SENTIMENTS DE CONTRITION · texte numérisé non relu

SENTIMENTS DE CONTRITION

0 mon âme î comment es-tu si insensible à tant d'offenses envers Dieu ? Ou étais-tu quand tu te livrais au péché ? Comment as-tu pu abandonner la source d'eaux vives pour la boue du péché ? 0 folie, d'avoir échangé le bien infini contre le plaisir très vif d'un moment 1 N"ai-je pas été plus ingrat que les animaux puisque j'avais reçu un cœur pour aimer Dieu, et que j'ai employé tous ses dons à l'offenser? Que m'est-il resté de tous ces péchés, sinon la honte et la confusion ? Et l'obligation de les pleurer toute ma vie ?

Te semble-t-il, ù misérable pjcheur, que tu as gagné quelque chose en péchant ? Tu as perdu Dieu et tu as gagné les châtiments éternels.

Quel mal Dieu t'a-t-il fait ? Pourquoi as-tu voulu

l'oftenser ? Est-ce parce qu'il t'a donné l'être, la vie, que tu ne pouvais avoir sans lui ? Est-ce parce que, quand tu étais son ennemi, il est descendu sur la terre et il a versé son sang pour t'ouvrir les portes du ciel ? Pourrais-tu dire quelle iniquité tu as rencontrée en ce Dieu si bon, que tu as méprisé et abandonné ?

Seigneur, comment avez-vous pu souffrir une créature si ingrate^ un si misérable pécheur ? Est-il possible que, au moment même où j'offensais votre divine Majesté, vous me donniez la vie et les forces dont j'abusais ? Il faut bien que votre bonté et votre patience soient infinies.

Et comment se fait-il, Dieu tout-puissant, que les anges, chargés de défendre votre honneur, n'aient pas vengé sur moi cet honneur outragé par mes crimes ? Que les démons, ministres de votre justice, ne m'aient pas emporté dans les abîmes de l'enfer pour y brûler éternellement dans leur société ?

Il est bien juste, Seigneur, que je ne cesse plus de pleurer amèrement mes péchés, sans même oser lever les yeux vers vous. Pleure donc, ù mon âme ; gémis, pousse des gémissements et des cris qui montent jusqu'au ciel. Quel que soit le châtiment de Dieu, considère que tu l'as bien mérité et ne te plains pas.

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