‹ Du trésor caché dans les maladies et les afflictionsChapitre 41 sur 45 · ACTES D'OFFRANDE ET D'AMOUR · texte numérisé non relu

ACTES D'OFFRANDE ET D'AMOUR

Mais je dois aussi, Seigneur mon Dieu, vous aimer par-dessus toute chose. Oh ! si je n'avais jamais aimé que vous ! Si, depuis ma naissance, je n'avais jamais cherché à plaire qu'à vous ! J'ai bien tardé à vous connaître, ô beauté ancienne et toujours nouvelle ! J'ai commencé bien tard à vous aimer, ô bonté éternelle 1

La première parole que j'ai balbutiée, aurait dû être : 0 amour, je vous aime ! et je n'aurais pas dû cesser de la répéter toute ma vie. Oh ! je voudrais maintenant, s'il m'était possible, brûler d'amour pour vous comme les Séraphins, comme toutes les créatures ensemble. Quand donc vous aimerai-je parfaitement ? Quand mon amour pour vous sera-t-il continuel et jamais interrompu?

(i) Quid habes quod non accepisti ? Si autem accepisti, quid gloriaris, quasi non acceperis? ,1 Cor. iv, 7.)

Mais hélas ! que mon àme est encore peu touchée de Famour de Dieu ! Que mon cœur est dur et insensible I Se peut-il que je vive sans aimer le souverain bien ? Qu'une créature qui a tant reçu de son Créateur, cesse un instant de le louer et de l'aimer ?

Si, comme l'aimant attire le fer, Famour attire Famour, comment votre amour, ô mon Dieu, ne me force-t-il pas à vous aimer 1 Comment votre beauté infinie ne ravit-elle pas mon cœur et votre bonté infinie n"enchaîne-t-elle pas mon âme par les douces chaînes de l'amour?

Bienheureux ceux qui vous sont si étroitement attachés par les liens de l'amour, que rien ne peut les séparer de vous.

Emploie donc désormais, ô mon âme, toutes tes forces à aimer Dieu ton sou\ erain bien ; car quoi que tu fasses, tu ne pourras pas l'aimer autant qu'il le mérite.

En vérité, Seigneur, vous êtes infiniment digne d'être aimé ; et il n'y a pas de plus grand malheur pour une âme que de ne pas vous aimer. Vous êtes le souverain bien, la beauté infinie ; vous ne cessez de répandre vos bienfaits sur nous. Si les hommes aiment leur propre intérêt, ils n'en ont pas de plus grand que de vous aimer.

Vous aimer, c'est être en paradis ; ne pas vous aimer, c'est être en enfer ; et cet enfer est d'autant plus redoutable qu'on en sent moins les tourments sur la terre.

Prenez, Seigneur, et recevez ma volonté ; prenez et recevez mon cceur, et unissez le si étroitement au vôtre que je ne cesse plus de vous aimer ? Que

je puisse dire avec votre apôtre saint Paul : Qui pourra dt'soruiais me séparer de la charité de Jésus- Christ ? La faim ou la soif? La nudité, les périls^ la jjersécution., te glaive ?... Je suis assuré que ni la mort^ ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la violence, ni tout ce quil y a de plus élevé au ciel ou de plus profond dans les enfers, ni aucune créature, ne pourra me séparer de V amour de Dieu qui est en Jésus- Christ Noire-Seigneur (1).

C'est de votre grâce que j'attends ce bienfait de votre perpétuel amour. Je vous choisis pour mon unique trésor, pour l'époux de mon âme. Vous serez désormais mon bien, ma richesse, ma joie et mon repos ; celui en qui mon âme désire se reposer maintenant et pour toujours, en vous étant uni par les liens du pur amour. Ainsi soit-il.

^1) Rom. VIII, 3j, 37, 39.

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