J. SYMPTOMES
Dans le typhus, l’hébétude et le délire apparaissent beaucoup plus vite que dans la dothinentérie ; on les a vus se montrer d’emblée; mais, dans les cas ordinaires et de durée moyenne, la stupeur n’atteint pas les mêmes proportions que dans la fièvre typhoïde. Dans le typhus il y a un mélange d’excitation et de stupeur. Le délire est caractéristique, il tient de l’hallucination, souvent de l’hallucination monomaniaque. — Le faciès congestionné, la conjonctive rouge, la pupille généralement contractée donnent au typhus une physionomie toute spéciale; en y joignant l’éruption, le diagnostic peut se poser à première vue, sans interroger le malade. Dans la fièvre typhoïde la pupille est plutôt dilatée que contractée. L’odeur de souris n’est pas plus fréquente dans le typhus que dans la fièvre typhoïde; elle l’est même moins dans les typhus qui n’atteignent pas la troisième période. L’odeur de plantes vireuses macérées est peut-être propre au typhus. Les épistaxis sont beaucoup plus fréquentes dans la fièvre typhoïde. Le coma, le fuligo, compagnons ordinaires d’une dothinentérie
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grave, manquent d’ordinaire dans les typhus qui n’atteignent pas la troisième période, et peuvent même faire défaut dans celle-ci. L’insomnie est bien plus opiniâtre dans le typhus. L’éruption lenticulaire dothinentérique, limitée au tronc, ne ressemble pas à l’éruption générale du typhus, rubéoleuse et eccliymotique. Les sudamina sont très-rares dans notre typhus. La diarrhée initiale et accompagnant la maladie dans toutes ses phases est un phénomène à peu près constant dans la fièvre typhoïde : dans le typhus, constipation plutôt que diarrhée au début; et, plus tard, diarrhée ou non. Dans la fièvre typhoïde gargouillement, météorisme, douleurs abdominales à la pression ; dans le typhus, pas de gargouillement, abdomen ordinairement indolent, météorisme inconstant et moins prononcé. Le poumon est pris dans les deux maladies; dans la fièvre typhoïde les râles sont plutôt sibilants, et plutôt humides dans le typhus. La rate est moins congestionnée et demeure moins longtemps augmentée de volume dans le typhus. Enfin, dans cette dernière maladie il y a bien moins d’escarres au sacrum et aux trochanters, et la chute des cheveux est moins fréquente.