‹ Du vrai, du beau & du bienChapitre 4 sur 71 · X AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT- PROPOS

à l'âme et d'élever la pensée. Défendez-vous de la maladie de votre siècle, ce goût fatal de la vie commode, incompatible avec toute ambition généreuse. Quelque carrière que vous embrassiez, proposez-vous un but élevé, et mettez à son service une constance inébranlable. Sursum corda , tenez en haut votre cœur, voilà toute la philosophie , celle que nous avons retenue de toutes nos études, que nous avons enseignée à vos devanciers , et que nous vous laissons comme notre dernier mot, notre suprême leçon.

15 juin 1853.

!•' novembre 1853.

Un trop indulgent accueil ayant promptement rendu nécessaire une nouvelle édition de ce livre, nous nous sommes empressé de le revoir avec une attention sévère, et d'y introduire une foule de corrections de détail , et un certain nombre d'additions parmi lesquelles les seules qui méritent d'être ici indiquées sont quelques pages sur le christianisme à la fin de la xvi* leçon , et les notes placées en Appendice à la fin du volume sur divers ouvrages de maîtres français que nous avons vus tout récemment en Angleterre, et qui ont confirmé et accru notre vieille admiration pour notre art national du xvir siècle.

AVANT-PROPOS xi

l«r mai 1855.

Il n*a été fait aucun changement, assez considérable pour être ici relevé, dans cette édition nouvelle, qui est en réalité la cinquième, puisque, avant les deux éditions de 1853, que celle-ci reproduit, il y en avait une publiée par nous en 1845, et que déjà même une première avait été donnée, en 1837, sur les cahiers bien imparfaits des élèves de l'école normale.

Cet écrit restera donc dans Tétat où il est aujourd'hui. Il contient la doctrine qui parait déjà dans nos Premiers Essais , et que développent tous nos cours et tous nos ouvrages , le résumé fidèle de la nouvelle philosophie française, un peu dégagé de tout appareil scolastique, et revêtu de formes qui le mettent à la portée de tout lecteur attentif. Car, à mesure qu'on avance dans la vie, on apprécie et on recherche la simplicité comme auparavant on aspirait à la force. Il n'y a qu'une vraie langue philosophique, celle de Platon, de Descartes, de Bossuet, qui consiste à exprimer ce qu'il y a de plus profond et de plus grand de la façon la plus naturelle. Mais cette langue-là n'est pas à l'usage de la jeunesse ; elle demande, avec une rare justesse d'esprit et un sincère amour de la vérité et des hommes, de longs efforts, le commerce du monde, et un art qui sait effacer sa trace.

jif AVANT-PROPOS.

Nous aimons à le reconnaître : le succès * de ce livre ne vient pas de nous ; il vient de la cause même que nous défendons, de cette sainte cause de la spiritualité de l'âme, de la beauté idéale, de la vertu désintéressée et de la foi en Dieu, plus éloquente que tous ses interprètes, et qui attire naturellement à elle, dans tous les pays et dans tous les temps, les hommes dignes de ce nom.

Juillet 1860.

Avant de laisser paraître cette huitième édition, nous avons voulu relire avec soin ce livre ; et après cinq années écoulées, nous avons pu y apporter encore de légères corrections , dans le désir de perfectionner notre œuvre et de la rendre moins indigne des suffrages des honnêtes gens.

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