CHAPITRE II
Du xéroforme comme antiseptique intestinal,
Recherches expérimentales.
« Le tube digestif, dit Bouchard (1), est la partie du Corps où se trouve le plus de microbes. Il en reçoit incessamment du dehors par l’air, par les aliments, par les boissons ; il en vient des cavités qui sont en communication avec l’œsophage, bouche, fosses nasales, pharynx, poumons. »
Cependant toutesles parties du tube digestif necontiennent pas de microbes en quantité égale. Dans l'estomac. la présence de l'acide chlorhydrique du suc gastrique les empêche de se développer. Dans l'intestin grêle, ils sont contrariés par la bile. C’est donc surtout dans le gros intestin qu'il en existe en quantité énorme. Là on peut les évaluer, d’après Bouchard, au tiers de la masse totale du contenu de cet intestin.
La fonction principale de l'intestin étant l'absorption, il est évident que si l’homme ne possédait des armes pour sa défense, il succomberait infailliblement. Ces armes sont les différents émonctoires, c’est le rein, c’est le foie, c’est la sueur.
(1) Bouchard, Maladies infectieuses, 28° leçon.
Te
Supposons ces organes malades, et voilà ces poisons pénétrant dans l'organisme, empêchant les différents appareils de fonctionner régulièrement.
Que faire alors ? chercher à neutraliser l’action deces différentes toxines par des médicaments appropriés.
C'est de ces recherches que sont nésles antiseptiques intestinaux.
Mais pour qu’une substance soit un bon antiseptique intestinal, il faut, d'après Bouchard :
4° Qu'il soit insoluble, afin que, n'étant pas absorbé graduellement dans son parcours, il puisse exercer son action dans toute la longueur de l’intestim jusqu’à l'anus.
2 Etre en poudre ténue afin que la multiplicité de ses particules lui permette d’être en contact avec toute la surface de la muqueuse et toute l'épaisseur du contenu.
3° Etre administré à doses fractionnées et souvent répétées, pour que, malgré les mouvements péristaltiques de l'estomac qui font sans cesse cheminer son contenu, il y ait toujours une certaine quantité de la substance antiseptique dans tous les points.
Pour établir qu’un agent thérapeutique détruit ou atténue la virulence des bacilles ou toxines qui se trouvent dans l'intestin, on recherche la toxicité urinaire. Le professeur Bouchard se basant sur les travaux qu’il à fait sur ce sujet prétend que la toxicité urinaire subit les mêmes variations que la toxicité du contenu intestinal. Dans ce cas, si les urines sont moins toxiques, c’est qu'il se fait moins de résorption de produits toxiques à la surface de l'intestin et si cette résorption est elle-même diminuée,
c’est parce que la production de toxines par les microbes est fortement entravée par le médicament.
C'est là, il faut l'avouer, presque le seul moyen de contrôle. Et encore, a-t-il été en but à bien des objections.
Un deuxième moyen de contrôle, mais ne pouvant s’appliquer que dans le cas de certaines maladies microbiennes, dans la diarrhée verte des enfants par exemple, est la numération des colonies de bacilles se trouvant dans les selles, avant et après l'absorption du médicament.
Mais cette recherche est très délicate, exige des conditions spéciales, une grande rapidité dans les expériences et encore ne donne-t-elle souvent que des résultats peu concluants.
Nous nous bornerons donc dans nos expérimentations à rechercher la toxicité urinaire de nos malades, avant et pendant qu'ils seront soumis au traitement par le xéroforme.