‹ Du zonaChapitre 31 sur 33 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

face postérieure et dans la fosse naviculaire ; un huitième au-dessous du menton, en longeant le bord inférieur du maxillaire ; un neuvième et un dixième composés de deux plaques, exactement sur la ligne médiane à la partie antérieure et moyenne du cou sur les régions sus et sous-hyoïdiennes ; un onzième au niveau de l'extrémité interne de la clavicule et du ereux sus-sternal. Enfin, de petits groupes de 7 à 8 vésicules se voient en bas sur le dos au niveau de la seconde vertèbre dorsale et sur l'épaule.

La sensibilité est assez difficile à rechercher : Toute la région malade paraît être hyperesthésiée, mais cette hyperesthésie est surtout marquée sur la plaque située sur le bord postérieur du sterno-mastoïdien et sur celle qui est en arrière de l’angle du maxillaire.

Le traitement consiste à saupoudrer toute la région de poudre d’amidon, et à l’envelopper d’une couche épaisse d’ouate maintenue par un bandeau. Les vésicules restent claires et limpides pendant deux ou trois jours jusqu'au 9 mai ; à partir de ce moment, sur certains placards, le liquide se trouble, devient purulent ; sur d’autres, le 14 mai, on voit de petites croûtes jaunâtres.

Les phénomènes douloureux sont beaucoup moins marqués, le malade dort la nuit, mais il n’éprouve qu'une sensation très supportable de cuisson ou de brülure ; les douleurs sont superficielles et plutôt le fait de l’éruption. L'état général est bon, mais ce qui préoccupe le malade, c’est que le matin, en déjeunant, il à éprouvé une gêne dans le côté gauche de la bouche ; en se regardant dans une glace, il constate qu’il a la bouche de travers. La paralysie augmente peu à peu, et le soir, lorsque nous voyons le malade, la paralysie est complète. Tout le côté gauche de la face est flasque, les rides du front sont effacées, la bouche et le nez sont de travers, l'œil reste grand ouvert. Dans les mouvements tout s’accentue.

Il existe de la gêne dans la mastication, il ne peut siffler, ni fumer ni manger du côté gauche. Le voile du palais n’est pas dévié, la langue non plus, l’ouïe est normale.

20 mai. — La dessiccation des croûtes est complète ; les douleurs ont disparu, le malade ne se plaint que d’un peu d’engourdissement dans la région occupée par l’éruption, de la difficulté qu’il éprouve encore à tourner la tête.

La paralysie faciale persiste sans changements ; l'exploration électrique avec des courants faradiques fait constater que la contractibi-

NES lité est intégralement conservée, cependant l’électrisation est plus douloureuse du côté malade.

25. — La paralysie est en voie d'amélioration ; l'élévateur de l'aile du nez et le zygomatique se relèvent légèrement quand le malade veut mire:

30. — Au repos, la bouche est encore un peu de travers. Mais les plis et les rides commencent à se montrer de nouveau ; l’orbiculaire des paupières se contracte un peu spontanément, l’œil peut se fermer aux trois quarts. Le malade se trouve assez bien pour aller à Nice, d’où il nous écrit, le 12 juin, que sa paralysie a disparu.

L'histoire de notre malade nous a paru intéressante à plus d'un titre. Elle montre d’abord un zona cervico-occipital du côté gauche, précédé pendant cinq ou six jours de douleurs névralgiques violentes, se calmant dès l'apparition de l’éruption.

Vers la fin de la seconde semaine, au moment de la dessiccation de l’éruption zostérienne, apparaît, du même côté que celle-ci, une paralysie faciale. Cette paralysie, dans laquelle l’orbiculaire était atteint, présentait tous les caractères d’une paralysie périphérique, les muscles profonds de la langue, du voile du palais et du tympan étaient respectés. Cette paralysie disparaît au bout de vingt-cinq jours. On ne peut penser dans ce cas avoir eu affaire à un refroidissement pour expliquer la paralysie : toute la région latérale gauche de la tête et du cou avait été largement enveloppée dans de l’ouate.

Au moment de la disparition de la paralysie, la face, la nuque et le cou étaient encore enfouis dans la couche chaude de coton; d'ailleurs les conditions hygiéniques étaient des meilleures. Cette paralysie faciale secondaire ne peut donc se rattacher à un coup de froid. Au lieu d'admettre une paralysie réflexe, il y tout lieu de croire à une névrite superficielle et passagère, infectieuse, si l’on admet, avec M. Landouzy, la nature infectieuse du zona, Cette névrite se serait propagée au nerf de la 7° paire par les anastomoses nombreuses qui unissent les branches superficielles du plexus cervical au nerf facial. Enfin, un dernier point qu’il nous parait intéressant de mettre en lumière, c’est qu'il nous semble que l’on peut appliquer, au casque nous rapportons, le rôle de l’hérédité nerveuse dans la pathogénie de ce zona compliqué de paralysie faciale. Chez notre malade, nous trouvons en effet, autant dans les antécédents personnels qu'héréditaires, une hérédité neuro-arthritique des plus nettes.

Page 1