‹ Duchesse comedie en deux actes, melee de chantChapitre 13 sur 30 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

LE DUC, EUGÈNE, CAROLINE cachet.

LE DUC

Comment, Eugène,* jo vous retrouve ici seul... mais vous avez l’air d’un philosophe au bal... il ! y a vraiment des femmes fort séduisante» dans cette société... les toilettes y sont d'un luxe qu'on ne voit que rarcmentau faubourg Saint-Germain... ah çà! vous n’avez pas dansé une seule fois... à 1 votre âge, mon ami, j'étais plus partisan des

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réunions do ce genre... savez-vous que M Ue Hcr- | vaux est une personne ravissante?

EUGÈNE

Ravissante en effet...

Caroline | cachée.

Mon Dieu, il ne s’en va pas...

LE DUC

Il y a long-temps que je Tavais remarquée...

ses traits me rappellent ceux d'une dame que j*ai beaucoup vue à Londres... en vérité, M m «Hcrvaux est une heureuse mère... j’ai cru m’apercevoir qu’elle avait le désir de marier prochainement sa fille, et d’honneur, si j’avais eu quelques vingt ans de moins et beaucoup plus d’amour-propre, j’aurais pu prendre pour moi ce qui probablement avait une autre adresse... Oui... oui... malgré les idées d’égalité dusièclc... on avait tout l'air d’en vouloir à ma couronne de duc.

CAROLINE

Ciel! qu’entends-je?

LE DUC

C’est à vous qu’un tel parti conviendrait, Eugène.

eugène.

K moi... monsieur le duc!

Caroline, cachée.

A la bonne heure 1

LE DUC

Un jeune homme de bonne noblesse comme vous devrait tourner ses vues vers un pareil mariage.

CAROLINE, cachée.

Qu’il est bon , monsieur le duc !

LE DUC

Ouï, mon ami, je voudrais vous voir devenir le mari de M 11 * Caroline Ilervaux... Assurer votre bonheur, Eugène; être certain, en vous quittant, que je laisse votre sort entre les mains d’une femme qui vous aimera peut-être autant que je vous aime... jamais plus, mon enfant... oh ! celte idée comblerait les derniers vœux de ma vie.

EUGÈNE

Ah! je n’ai pas besoin de cette assurance pour savoir À quel point vous êtes généreux et bon... et tout ce qu’un cœur peut renfermer de respect... de reconnaissance...

le duc, lui prenant affectueusement la main.

Dis de tendresse, Eugène, et tu m’auras payé du peu que j’ai pu faire pour toi. (Se remettant.) Mais j’en reviens à ma première pensée, M u * 11ervaux...

KLGKNV

Songez donc, monsieur le duc, à la fortune immense do sa mere. . . songez à tous les obstacles .. . cl d’ailleurs, pour épouser une femme... il faut au moins... l'aimer... être aime d’elle...

CAROLINE

Ciel 1 que dit-il!

LE DUC

A votre Age, sans doute... le ccefcr avant la raison... la raison , ce privilège qui ne s’ncqmert pas toujours au mien... mais comment ne pas aimer une si charmante personne? cela me surprend... libre à vous néanmoins... cela ne se commande pas.

CAROLINE

Ohl mon Dieu, que je souffre!

LE DUC

C’est égal... j’en suis fiché pour vous, et si j’étais i votre place... jeune et plein d’avenir...

EOOÉNC.

Mais tant de grandes qualités , monsieur le duc , votre caractère honorable. . . votre haute position. .. tout cela n’est-il pas bien au-dessus ...?

le duc, l'interrompant.

Allons, taisez-vous, vous êtes un flatteur; n’allcz-vous pas vouloir me persuader que j'ai fait ici une conquête? ,

EUGÈNE

De nombreux exemples n’ont-ils pas consacré ces sortes d’alliance?...

LE DUC

Oui , je le sais ; on les critique l’espace d’un jour, ensuite on se tait... surtout quand, par hasard, le bonheur de la jeune femme, fait absoudre le vieillard de son moment d’erreur., cependant je ne me donnerai jamais ce tort.

EUGÈNE

Ce n’en serait point nn, monsieur le due, et avec votre rang, avec votre cœur généreux... une fortune brillante.. .

LE DUC

•Arrêtez Eugène, car vous voilà complice de Hervaux... je sais que c’est un ange que sa fille; votre sœur Mélanie nous en a cent fois fait l’éloge... D’un autre côté... vous l'avuuerai-je , j’ai souvent gémi de ne pouvoir, selon mes vœux, encourager lesaru, protéger lessicncas, et surtout secourir l’hounéle homme malheureux... mais j'ai l’air de suivre votre conseil... vous connaisses votre empire... vous savez comme votre voix arrive aisément à mou cœur... j’aime à vous croire tant d'attachement pour moi!..

EUGÈNE

Oh! ne serais-je par le plus ingrat des hommes en n’ayant pas pour vous tout le dévouement, tout l'amour d’un fils?.. Eb bien, oui, monsieur le duc... oui, je crois vous le prouver, cet amour, en vous suppliant de ni plus hésiter, car j’en suis sûr... Ilervaux, fi elle l’eût osé...

CAROLINE, cachée.

Oh ! mon Dieu! je me sens mal... que je voudrais sortir!

eugène , qui ia aperçue , à part.

Ciel! Caroline est encore ici !.. n’importe... et puisqu'il faut qu'elle l’apprenne... de la fermeté !

(Haut.) Une femme jeune , belle, accomplie, mille fois préférable à ses richesses, viendrait unir son sort au votre , embellir votre existence, seconder les élans de votre cœur... acceptez-la... acccptcz- U, monsieur Iq duc... (A part.) Ah 1 oui, qu'il l'épouse, la voir & tout autre me tuerait!

carolise.

L'ingrat, comme je m'étais trompée I

Elle s'évanouit et tombe dans on fauteuil , derrière ls paycbc.

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